samedi 3 novembre 2012

«Raphaël, Les dernières années»



Le maître, ses disciples et son atelier dans la Rome des débuts du XVIe siècle au Musée du Louvre


L'exposition du Louvre souligne le rôle et la puissance de l'atelier du peintre, qui employait 50 personnes, dans la Rome de la Haute Renaissance.








Raphaël, Portrait de femme, dit La Donna Velata, vers1512-1518. Huile sur toile. (82x60,5 cm) Virtuose des grands formats pour les fresques et des compositions complexes pour les tableaux de dévotion, Raphaël est aussi un portraitiste raffiné, peu enclin à la psychologie mais capable de rendre brillamment le rayonnement et la séduction des modèles. (© 2012 Photo Scala, Florence – courtesy of the Ministero Beni e Att.Culturali)








Raphaël, Portrait de Bindo Altoviti, vers 1516-1518. Huile sur bois. (59,5x43,8 cm)
Au XIXe siècle, ce tableau était considéré comme un autoportrait. On sait maintenant qu’il s’agit du portrait d’un ami de Raphaël, un riche banquier d’origine florentine dont la famille avait dû fuir Florence et s’installer à Rome en raison de ses conflits avec les Médicis. (©Image courtesy of the National Gallery of Art,
Washington)






Raphaël, Autoportrait avec Giulio Romano,1519-1520. Huile sur toile. (99x83 cm)
Exécuté peu avant sa mort par Raphaël, ce double portrait est un hommage amical au collaborateur préféré. Il exprime la confiance bien plus que la hiérarchie entre un maître et son élève, et il dit que sans Romano, l’œuvre de Raphaël n’aurait pas été ce qu’elle est. (© RMN (Musée du Louvre) / Gérard Blot)









Raphaël (?) ou Gian Francesco Penni (?), Vierge à l’Enfant avec le petit saint Jean Baptiste, dite La Vierge au diadème bleu, vers 1512-1520. Huile sur bois. (68x48,2 cm)
Après Giulio Romano, Gian Francesco Penni (v.1496-1528) était le deuxième homme de confiance de Raphaël. Dans l’atelier, il préparait les dessins d’exécution. Sa technique est parfois si proche de celle du maître qu’il est difficile de distinguer leurs interventions. (© Musée du Louvre, dist. RMN / Martine Beck-Coppola
)







Giulio Romano, Carton pour La Lapidation de saint Étienne, 1520-1521. Fusain et pierre noire sur papier monté sur toile. (411,9x285 cm)
Giulio Romano a commencé à travailler sur ce carton de «La Lapidation» et sur le tableau correspondant à la fin de la vie de Raphaël, durant une période où ils étaient tous deux en train de terminer quelques-unes des fresques les plus ambitieuses du Vatican. (© 2012 Photo Scala, Florence)








Giulio Romano, Vierge à l’Enfant, dite Madone Wellington, 1516-1518. Huile sur bois. (51x37 cm)
Premier collaborateur de Raphaël, Giulio Romano créait aussi des tableaux qu’il signait de son nom. Tout en s’inspirant des compositions de son maître, il a très vite trouvé un style où il fait valoir la qualité de son dessin et un pouvoir d’expression qui fera son succès. (© Swindon, English Heritage)







Atelier de Pieter van Aelst (Bruxelles) d’après un carton de Tommaso Vincidor, Dieu le Père accompagné des symboles des Évangélistes (LaTrinité), 1521. Tapisserie. (425x347 cm)
L’atelier de Raphaël ne produit pas seulement des tableaux et des fresques. Il élabore aussi des cartons pour des tapisseries. Celle-ci a été réalisée à partir d’un dessin de Tommaso Vincidor (1493-1536), l’un des élèves de Raphaël à Rome. (© Museo Nacional de Artes Decorativas, Madrid /Photo: Joaquin Cortés)








Raphaël, Vierge à l’Enfant avec le petit saint Jean Baptiste et sainte Anne, dite La Perla, 1519-1520. Huile sur bois. (147,4x116 cm)
«La Vierge à l’Enfant avec saint Jean-Baptiste et Sainte-Anne», la mère de Marie, est l’un des sujets les plus fréquents au début du XVIe siècle. Raphaël reprend ici en la modifiant la composition d’un tableau célèbre sur lequel Léonard de Vinci a travaillé plus de dix ans. (© Museo nacional del Prado, Madrid)






Giulio Romano (avec peut-être l’intervention de Raphaël), La Sainte Famille avec le petit saint Jean Baptiste, dite Madone au chêne, 1518-1520. Huile sur bois. (144x109 cm)
De 1513 à sa mort en 1520 – période couverte par l’exposition – Raphaël s’appuie sur le plus important atelier d’Europe, une cinquantaine de collaborateurs dont Giulio Romano (1492/99-1546), son jeune disciple le plus doué qui développe une œuvre personnelle. (© Museo nacional del Prado, Madrid)







Raphaël, Sainte Cécile et quatre saints, vers 1515-1516. Huile sur bois transposée sur toile. (238,5 x155 cm)
A Rome où il est chargé de nombreux chantiers, notamment un énorme cycle de fresque au Vatican, Raphaël continue de répondre à des commandes pour des tableaux de dévotion comme cette «Sainte Cécile» où persistent les traces d’un style plus ancien. (© 2012 Photo Scala, Florence – courtesy of the Ministero Beni e Att. Culturali)







A la mort du pape Jules II, en février 1513, Rome est l’un des centres artistiques les plus actifs d’Europe. Raphaël (1483-1520) a 30 ans. Il poursuit l’exécution de fresques monumentales dans le Palais du Vatican mais aussi à la Villa Farnésina. Le successeur de Jules II, Léon X, lui confie de nouveaux travaux. En 1514, il prend en charge la construction de la Basilique Saint-Pierre après la mort de Bramante. Il fait le relevé des monuments de la Rome antique. Il reçoit des commandes en France, à Naples, à Palerme ou à Bologne.
Il est l’objet de tant de sollicitations qu’il ne parviendrait pas à y répondre s’il n’était secondé par d’autres artistes et par une cinquantaine de collaborateurs dans un atelier qui est le plus important de son époque et qui ne sera égalé qu’au siècle suivant par celui de Rubens à Anvers.
Raphaël est entré à 17 ans dans l’atelier de Pietro Perugino (v. 1448-1523). Il y a joué un rôle important mais il a souffert de la gestion d’un maître qui exige de ses assistants qu’ils s’en tiennent à ses propres stéréotypes. Raphaël procédera autrement. Malgré son succès, malgré sa virtuosité, il engage des artistes doués qu’il ne jalouse pas et dont il laisse s’exprimer la personnalité. A Rome, il est assisté par deux hommes de ­confiance, Gian Francesco Penni (1496-v. 1528), qui met au net ses compositions et ses esquisses, et par Giulio Romano (1492/99-1546), qui est considéré comme le plus remarquable de ses disciples et réalise presque entièrement certaines peintures de l’atelier tout en développant parallèlement sa propre œuvre.
Le Musée du Louvre s’est associé au Prado de Madrid pour une exposition qui commence en 1513 et s’achève en 1524, quatre ans après la mort de Raphaël avec le départ de Giulio Romano pour Mantoue. Un ensemble de dessins, d’esquisses de détail, de tableaux et de tentures – certains attribués en tout ou en partie à Raphaël, d’autres à son atelier et à ses collaborateurs. Deux sections sont consacrées à Penni et à Romano. Les performances les plus considérables du maître, les fresques gigantesques du Vatican, sont évoquées par des photographies.




Jusqu'au 14 janvier, hall Napoléon, musée du Louvre.
















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