mercredi 26 novembre 2014

"Sobrevivência por uma boa causa"



Onde encontrar agora palavras boas, luminosas de ver, ouvir no tempo.

Depois da lectura : Voix négres. Voix rebelles. Voix fraternelles.
 Poèmes de Jean Métellus







Voix nègres.



Voix rebelles.



Voix fraternelles.






Photos, Francisco Rivero.




Jean Métellus et l’amour de l’engagé

par Lama Serhan





Dans une interview qu’il accorde à l’émission « La langue française vue d’ailleurs » sur Radio Méditerranée le 24 décembre 2000, Jean Métellus explique que Voix nègres Voix rebelles paru en 2000 aux éditions Le Temps des cerises est un miroir de cette lutte dans les années 1960. Cette oeuvre réunit donc un ensemble de poèmes autour de figures de proue de la lutte pour la reconnaissance de la négritude. Nous y retrouvons Martin Luther King, Albert Luthili, le champion Cassius Clay, Lumumba le grand, Amstrong, Steve Biko et Mandela. Les poèmes n’ont pour titre que le patronyme de ces figures.
Ce projet qui a vu naissance dans ses années étudiantes connaît une première édition en 1992 avec pour titre simplement Voix nègres. L’édition de 2000 fut réajustée non seulement au niveau du contenu mais aussi dans l’appellation, Métellus entend ainsi soumettre l’attention du lecteur sur le caractère combatif des personnes évoquées. Puis en janvier 2007, fleurit une nouvelle édition intitulée Voix nègres voix rebelles voix fraternelles dans laquelle il ajoute des personnages qui ont en commun non plus uniquement le combat pour la négritude mais également celui pour la liberté. C’est ainsi que nous retrouvons Ernesto Che Guevara, Lucien Gontran…
A travers des personnages que Métellus estime essentiels au monde, il entend offrir à ses lecteurs un panorama de l’engagement qui prend l’être tout entier. Cette volonté de revenir sur son ouvrage laisse penser que le livre est une œuvre ouverte. Mais ici c’est l’auteur lui-même qui le décide et non plus le lecteur comme le suggère Umberto Eco dans L’œuvre ouverte. Ce « work in progress » parait plus aisé dans le genre poétique, puisque celui-ci coordonne une œuvre autour d’un thème, d’un sentiment, d’un état des lieux au moment de l’écriture. En choisissant de mettre en œuvre un ouvrage hommage, Métellus crée une  sorte de porte « ouverte » dans laquelle se fondent les multiples pourfendeurs de l’esclavage et de l’anéantissement des droits humains.
Notre étude portera essentiellement sur le second recueil de cette série, c’est-à-dire sur Voix nègres Voix rebelles. Elle se limitera à dégager l’intrusion historique dans l’écriture poétique. Comment la poésie peut dépasser l’esthétique et devenir elle aussi le lieu de l’Histoire.
Au-delà d’un véritable ancrage de son écriture dans l’imaginaire haïtien, nous allons souligner dans cette réflexion une des inspirations de la personnalité si multiple (écrivain, dramaturge, essayiste, poète et médecin spécialiste en neurologie, docteur en linguistique) de Jean Métellus : celle de son admiration pour les hommes engagés dans la cause du peuple noir.
Chaque poème est un chant de louanges sur les prises de position de chaque sujet. Ils se lisent comme des leçons de vie. Tel un saltimbanque informant les hommes, Métellus offre une poésie didactique. Il reprend ainsi une ancienne voie de la poésie qui consistait à incarner les exploits de figures mythologiques. Même si les personnes dont il évoque les traits sont des êtres « vivants », celles-ci sont devenues, de par leur parcours, des emblèmes. Que ce soit martin Luther King et son fameux discours, Cassius Clay et son initiative de créer des championnats du monde à l’intérieur de l’Afrique, ou encore Mandela qui connut une longue période d’emprisonnement due à sa lutte contre l’apartheid avant de devenir président de l’Afrique du Sud… Dans l’interview précédemment cité, Métellus définit ce style de poésie comme des « biographies poétiques ».
Nous pouvons d’ailleurs le constater dans la construction des poèmes qui se composent aussi bien de portraits, au sens descriptif du terme, que de références  historiques.
Prenons par exemple le poème « Martin Luther King 1929-1986 », nous notons dès le titre une indication biographique, tandis que les premiers vers sont quant à eux fictionnels :
Dans le miroir, dès l’aube, au moment du rasage
Il contemplait les joues pulpeuses de son visage
Une moustache sans faute sur les lèvres éloquentes
Témoin des ruses déjouées, des mensonges traqués
Illuminait son teint, son sourire et sa bouche
Et avivait encore l’éclat de son regard[1]
Le lecteur partage avec Métellus le bonheur de voir apparaître grâce au pouvoir de la fiction, la figure de Martin Luther King dans son intimité. Cependant le projet de l’auteur est de mettre en écrit dans une forme poétique des véritables récits de vie, la fiction n’y est que partielle, la réalité quant à elle est surtout décelable dans la transposition de la parole. Ce procédé surgit de différentes manières, soit dans la précision de l’émanation d’une idée : « la liberté n’est jamais libre, murmurait-il » (page 21), soit par la prise de parole du personnage lui-même : « Je pique comme l’abeille / Je vole comme un papillon / Mes gants t’effleurent[2] » ou encore dans la transposition d’un écrit qui se trouve alors mis en valeur typographiquement par des guillemets : « A la rédaction de la Charte de la liberté : / ‘ nous lançons un appel… ‘ » (page 123). Ainsi que le titre du recueil l’explicite, ce sont les voix de ces hommes que Métellus désire retranscrire.
Le poète alterne donc entre une vision inventée du personnage et la réalité de ses actions comme nous l’avons vu par des reprises de discours, textes, paroles mais aussi par une datation précise des événements survenus dans la vie des personnages :
La libération de cette Afrique australe
Enserrée dans les filets de l’apartheid
(…)
Obtiennent sa libération 27 ans et 190 jours plus tard
Mandela sort libre à 71 ans[3].
Mais avant Steve Biko que de morts sans témoin
Constatées froidement par la police
A Pretoria, depuis le 5 septembre 2003[4].
Martin Luther King imagina le boycott
Des transports en commun, des promenades aux squares
Son association non-violente assigna
Toutes les compagnies devant les tribunaux
Ce fut le triomphe du droit, de la justice[5]
Dans ce poème sur Martin Luther King nous pouvons aussi remarquer que le champ lexical dominant est celui de la spiritualité et de la foi « refusant l’anathème, bénissant les ennemis », « rendez grâces/ Entrelacez la passion vive à la joie pure », « en prêchant le pardon » « terre promise » « à prier. /A aimer Dieu ». Cet agencement est un rappel de la profession de Martin Luther King, pasteur. De cette manière Métellus entend mettre en filigrane la base même de son personnage. Chaque hommage véhicule des impressions appartenant totalement à l’univers de la figure invoquée. Ainsi le poème sur Cassius Clay qui allie dans sa forme l’univers du boxeur. Et cela notamment dans les strophes décrivant son jeu :
Dansant autour du challenger
Il en prédit la chute
Avec une précision chaque fois plus étonnante
Il fixe le round pour Moore
Et il a raison
Il le prédit pour Liston
Et il voit juste
Dès la fin du combat
En épigrammes impertinentes
Il annonce ses futures victoires[6]
Des vers courts traversent l’ensemble du poème, imitant ainsi les coups portés à l’adversaire.
C’est ici que convergent poésie et histoire, dans le désir d’allier esthétique et mémoire. Les effets de style sont nombreux mais ils soutiennent un véritable discours historique. Dans le livre d’entretien avec Françoise Naudillon, Métellus formule cette concordance en citant Sartre : « la poésie noire n’a rien de commun avec les effusions du cœur : elle est fonctionnelle, elle répond à un besoin qui la définit exactement[7] ». Là, dans Voix nègres voix rebelles, le besoin est de dire d’une autre manière que dans les manuels d’Histoire, de celle qui rappelle l’oralité des origines, de celle qui entend clamer dans la beauté, la force de la lutte pour la liberté et cela à travers un homme qui se sent appartenir totalement à la négritude : « L’histoire de mon pays me permet de vivre verticalement car c’est le pays qui, malgré toutes ses difficultés, a donné sa carte d’identité au nègre où qu’il vive. »[8]

[1] In Voix nègres voix rebelles, Jean Métellus, éditions Le Temps des cerises, 2000, page 7.
[2] Ibid., page 49.
[3] Ibid., page 132.
[4] Ibid., page 98-99.
[5] Ibid., page 9.
[6] Ibid., page 48.
[7] In Des maux au langage à l’art des mots, entretiens de Métellus avec Françoise Naudillon, éditions Liber de vive voix, 2004, page 118.
[8] Ibid., page 132.


Voix nègres, voix rebelles, voix fraternelles

  • 10.00 €















samedi 22 novembre 2014

Katrine Madsen et Soren Bebe. Jazz.dk 2014 à Paris




Exactement: un concert d' exception.

Un beau cadeaux... CADEAUX, voilà le premier mot qui vient à l'esprit quand on découvre l'oeuvre de Katrine Madsen et Soren Bebe. Son travail musical donne en effet la sensation des sentiments, du temps qui passe, un moment d'émotion concret.


Francisco Rivero
22/11/2014.





Mme.  Katrine Madsen et Francisco Rivero









                         Katrine Madsen " SIMPLE LIFE " à Paris. Jeudi 27 mai 2010



Dans l'air

Katrine Madsen,
la force tranquille du Jazz Danois
















Katrine Madsen
Le jazz n'a pas besoin d'avoir des solos longs et compliqués. Quand le jazz est à son meilleur, il se présente dans une brillante banalité : une musique nue possédée par une âme. Katrine Madsen sait parfaitement maîtriser cela et faire du jazz une musique qui permet à chacun de s'y retrouver. Pas besoin de pré-requis académiques. tout dans la musique de Katrine Madsen semble si facile. Quand Katrine chante, on n'a besoin de rien d'autre. tout est dit et chaque mot est entendu. Quand elle chante, nous écoutons avec notre coeur sans avoir à être dérangé. Simple Life est le dixième album de Katrine Madsen
http://www.katrine-madsen.dk/

http://jfranrivero.blogspot.fr/2010/05/kartine-madsen-simple-life-paris.html

















lundi 17 novembre 2014

Dessin de Francisco Rivero. (format A 4, sur papier kraft)



Nature lumineuse






21 x 29.5 cm. 16/08/1998. Dessin sur papier kraff de Francisco Rivero



21 x 29.5 cm. 12/08/1998. Dessin sur papier kraft de Francisco Rivero



21 x 29.5 cm. 17/08/1998. Dessin sur papier kraft de Francisco Rivero















Sérigraphie de Francisco Rivero (petit format)




Laissez-vous inspire.





"Ici, sous la lumière intelligente" P/A 15 x 22.2 cm. Sérigraphie de Francisco Rivero



"Nina" P/A 15 x 22.2 cm. Sérigraphie de Francisco Rivero














dimanche 16 novembre 2014

La Habana en un eterno romance con el mar









Ciudad errante en sus comienzos, La Habana alcanzó a ser una de las capitales más bellas del continente. Piedra sobre piedra se levantó su encanto ecléctico que maravilla y perdura en el tiempo. Esta urbe enamora irremediablemente a quienes no solo la visitan sino que se adentran en los vericuetos de su palpitante cotidianidad.
En un eterno romance con el mar, que la acaricia y despeina a capricho, la capital cubana se reinventa. Sus habitantes se levantan cada día a fuerza de fe, dicho del trovador, y la viven en sus calles, plazas y rincones.
Capital de todos, bella hasta en sus ruinas, celebramos sus 495 años este 16 de noviembre, entre un invierno furtivo y la determinada esperanza de conservarla para todos los tiempos.




















Desde el mar que la circunda y le exige
Hasta los barrios y los primeros caseríos.
Ciudad agrietada cada día por el sol
Y rehecha en silencio
Desde el atardecer
Para que la mañana la encuentre de nuevo intacta,
Con sólo algunos papeles y muchos besos de más.
Única ciudad que me es de veras.
Ni mejor ni peor, ni llena ni pobre: verdadera.
En ella, aldea o paraíso,
Conocí el asombro, conocí el placer,
Conocí el amor, conocí la vergüenza, conocí la esperanza,
Conocí la amistad, conocí el hueco paciente y terrible
De la muerte, conocí el esplendor
Cuando empezaron de nuevo un año y un pueblo
Fragmento de “Adiós a La Habana”
Poema de Roberto Fernández Retamar










KIM, DAE SOO à Paris. Mois de la Photo.




 BAMBOU, l'esprit...




DAE SOO KIM : PHOTOGRAPHIES EXPOSITION DU 15 NOVEMBRE 2014 AU 25 MARS 2015 IBU GALLERY JARDINS DU PALAIS ROYAL 166 GALERIE DE VALOIS 75001 PARIS mardi 14h-19h mercredi-samedi 11h-13h, 14h-19h












A voir ici:
http://www.daesookim.com/index.php/work/bamboo/









"#13. RÊVER en toute liberte". Graphisme de Francisco Rivero





"Le Graphisme-OFF peut être un Art" 
Francisco Rivero

Studio 13/16  C.G.Pompidou. Paris.
27/10/2014.








"#13. RÊVER en toute  liberté". 50 x 65 cm. Francisco Rivero.














"Figures au bord do jardin" ( 1 ) Gravure, Francisco Rivero.








35 x 25 cm. Gravure. T. Mixte (1/1) Francisco Rivero.









samedi 15 novembre 2014

"Figures au bord do jardin" Gravure, Francisco Rivero.







35 x 25 cm. Gravure. T.Mixte (1/1)  Francisco Rivero






La fe habanera




La Habana, a 495 años de su fundación: “Y no perezca en lo porvenir la fe habanera”


Celebrando otro aniversario de la fundación de la villa San Cristóbal de La Habana, el historiador Eusebio Leal nos invita a conocer los detalles históricos del nacimiento de la capital








Celebramos este domingo, si no la fundación de La Habana, sí su asiento definitivo hace 495 años en la costa norte junto al puerto que le otorgaría una celebridad mundial. Sin embargo, no son pocos los que nos inquieren sobre el por qué no nos remitimos al año 1514, en el cual debió establecerse un campamento que los conquistadores españoles ubicaron en la costa sur; según nuestro parecer en un punto de la Ensenada de la Broa y quizás, con percepción más exacta, en el entorno de Melena del Sur.
Confieso que en un viaje reciente, acompañado por el Doctor Gregorio Delgado, eminente Historiador de las Ciencias Médi­cas, recorriendo aquellos parajes junto a la desembocadura del río Mayabeque, sentí que este podía ser el sitio verdadero. El Ade­lantado Diego Ve­láz­quez hacía mención en una de sus Cartas de Relación al monarca que “la ciudad de este nombre (San Cris­tóbal del sur) era un gran ba­tey, rodeado de bujíos, con sus respectivos caneyes, o casas regias para sus Gemires o Dioses Penates y pa­ra sus Caciques o su Rey. Estaba cer­ca de la costa sur, en un llano fértil y ancho, sobre el río Güinicaxina” que resulta ser al ac­tual Ma­yabeque.
De cualquier forma y aunque otros historiadores como el decano Don César García del Pino sitúan el poblado en una latitud más occidental, evidencias cartográficas prestigiosas y antiguas esclarecen que cuando ya existía La Havana en la latitud Norte, aún pervivía el llamado Pueblo Viejo: San Cristóbal, o sea La Havana del Sur.

Detalle del mapa de Abraham Ortelius. 

En el mapa «Culiacanae, Americae Regionis, Descriptio [con] Hispaniolae, Cubae, Aliarumqe Insualrum Circumiacientium De­lineatio» del gran cartógrafo y cosmógrafo flamenco Abra­ham Ortelius (1527-1598), al cual accedemos según el original realizado en 1579, aparece señalizado arriba el puerto y La Ha­vana, no así el pueblo viejo de San Cristóbal del Sur. Pero sí se con­signa en el «Cuba Ínsula. Hispaniola Ín­sula» de Jocodus Hondius y Ge­rardus Merca­tor [1], fechado en Ámsterdam en 1613.
Para la Dra. Hortensia Pichardo, fiel seguidora de los debates que el tema sugirió al Dr. Je­naro Artiles (1897-1976), prestigioso paleógrafo, archivero y bibliotecario español que transcribió los dos primeros tomos de las Actas Ca­pitulares del Ayuntamiento de La Habana, y aún para mi predecesor el Dr. Emilio Roig de Leuchsenring —por razones obvias apasionado en el tema—, los primeros Historiadores de Cuba y de La Habana, dígase Pedro Agustín Mo­rell de Santa Cruz, Antonio de Herrera, Ignacio José de Urrutia, Jacobo de la Pezuela, José María de la Torre, Manuel Pérez Beato... por solo citar algunos, no lograron resolver el tema. La arqueología hasta aquel momento no mostró resultado alguno como los que pudo hallar José María Cruxent, venezolano de origen catalán, al hallar las ruinas de La Isabela, el primer poblado colombino en América, en la isla La Española.
Defendemos la certeza de un acto fundacional por la solemnidad con que, según la tradición y las formas de actuar de los españoles, era común y casi obligatorio el ritual de escoger fechas en el calendario juliano entonces vigente [2]. Esta pudo ser la causa de denominar al asiento inicial en la Costa Sur como San Cristóbal. Solía colocarse un poste, sembrar una cruz, escoger un árbol significativo y corpulento y situarse por lo general cerca de una comunidad indígena que pacíficamente acogiera a los recién llegados, proporcionándoles suministros indispensables; aunque para ellos resultaban a veces exóticos o repugnantes como las deliciosas iguanas asadas, peces nunca antes degustados y carnes rojas escasas de jutías o aves de la tierra. Con relación al pan, Cristóbal Colón advierte en su momento la necesidad de adecuarse al casabe [3], pues la harina de Castilla que llega húmeda en el vientre de las carabelas, se agusana tanto como el vino se torna agrio por su pobre resistencia al clima tropical.
Mi respuesta a quienes me preguntan por qué no he seguido el ejemplo de otras villas cubanas que han celebrado ya su 500 aniversario —independientemente de las variaciones de su lu­gar fundacional—, es que resultó más seductora para mí y el concilio de mis colaboradores, La Habana real, la que nació de la unión del Pueblo Viejo y el Nuevo, constituyéndose en un ente que llamóse San Cristóbal de La Ha­bana. Aceleradamente asumió su nueva identidad, reafirmada al llegar a ella el célebre letrado Alonso de Cáceres, enviado desde Santo Do­mingo de Guz­mán para establecer las ordenanzas que llevan su apellido y que se constituyen si no en el más antiguo, en el más conocido y tenido como tal de los reglamentos urbanísticos vigentes en este continente, base de una jurisprudencia posterior tan rica y detallada, que resulta asombroso o más bien escandaloso que se violen o contradigan.
¿Cuáles son las razones no ya para conmemorar que es hacer memoria sino para celebrar el nacimiento de una comunidad que la labor de generaciones engrandeció? El 20 de diciembre de 1592 se produjo la tardía exaltación de La Habana como ciudad bajo designio real de Felipe II: “Por cuanto teniendo consideración a lo que los vecinos y moradores de la villa de San Cristóbal de la Habana, me han servido en su defensa y resistencia contra los enemigos, y a que la dicha villa es de las principales de la isla y donde residen mi Gobernador y Oficiales de mi Real Hacienda, deseo que se ennoblezca y aumente: por la presente quiero y es mi voluntad que ahora, y de aquí en adelante para siempre jamás la villa sea y se intitule la ciudad de San Cristóbal de la Habana, de la dicha isla de Cuba…” [4]
Y el 8 de octubre de 1607, por Real Cédula, la ciudad queda reconocida como capital oficial de la colonia, cuyo gobernador ostentaba la representación de la corona. Sin lugar a dudas, ello fue posible por un conjunto de sucesos y acontecimientos que señalaron su destino. La Habana quedó situada en el centro del teatro operacional de las armadas, sede circunstancial del anclaje de las Flotas por mandato regio, lo cual no solo atrajo riquezas sino permitió a los vecinos muy tempranamente adecuar todo tipo de servicios para acoger a miles de viajeros. No hay nada nuevo como vemos, esto fue así desde tiempos inmemoriales, sujeta la urbe al orden riguroso establecido por el Cabildo, institución de Castilla en América obligada a elegir a sus miembros, a dejar prueba documental de sus actos, a expedir licencias y a conservar la capacidad defensiva, siempre amenazada y sujeta al peligro de las inciertas relaciones entre las potencias europeas que se proyectaban sobre el Caribe.
Cuando nos preparamos para celebrar en el 2019 el quinto centenario de La Habana, puedo como lo manda la inscripción junto al mítico árbol de ceiba en la Plaza de Armas, sugerir a los caminantes detener el paso:
Detén el paso, caminante,
adorna este sitio un árbol,
una ceiba frondosa, más bien
diré signo memorable de la
prudencia y antigua religión
de la joven ciudad, pues
ciertamente bajo su sombra fue
inmolado solemnemente en
esta ciudad el autor de la
salud. Fue tenida por
primera vez la reunión de
los prudentes concejales
hace ya más de dos siglos:
era conservado por una
tradición perpetua; sin embargo
cedió al tiempo. Mira, pues,
y no perezca en lo porvenir
la fe habanera. Verás una imagen
hecha hoy en la piedra, es decir,
el último de noviembre en el año 1754.

Prudentemente, en la Columna Cagigal de El Templete, el benemérito Historiador de la Ciudad de La Habana, Emilio Roig, ordenó tomar un calco de otra de las inscripciones —preservada hoy en el Museo de la Ciudad—, donde se rescata la voz popular fundada en las raíces de la tradición secular: FUNDOSE LA VILLA HOY CIUDAD DE LA HAVANA EL AÑO Đ 1515 Y AL MU­DARSE Đ SU PRIMITIBO ASSENTO A LA RIVERA DE ESE PUERTO EL Đ 1519 ESTRADICION QUE EN ESTE SITIO SE HALLO UNA FRONDOSA SEIBA BAXO Đ LA QUAL SE CELEBRO LA PRIMERA MISSA Y CABILDO: PERMANECIO HASTA EL Đ 753 QUE SE ESTERILISO. Y PARA PERPETUAR LA MEMORIA GO­BER­NAN­DO LAS ES­PAÑAS NUESTRO CATHOLICO MO­NAR­CHA EL SEÑOR DON FERNANDO VI  MANDO ERIGIR ESE PADPON EL SEÑOR MARISCAL Đ Đ  CAMPO D(n) FRANCISCO CAXIGAL ĐĐ LA VEGA, DE EL ORDEN DE SANTIAGO GOVERNADOR Y CA­PITAN GENERAL Đ ESTA YSLA SIENDO PROCURADOR GENERAL. DOCTOR D(n) MANUEL PHELIPE ĐĐ ARANGO AÑO Đ 1754. [5]
Por eso esperamos con laboriosa paciencia el año 2019, en la certeza de que acontecerá una regeneración de la ciudad, un deseo comúnmente compartido de restañar heridas, dar brillo a los monumentos, devolver el agua a las fuentes, las flores a los jardines, expresándose de esta manera la recta voluntad del es­tado, reiterada en no pocas oportunidades por el General Pre­si­dente Raúl Castro Ruz. Todo ello fundado en aquella noche memorable de octubre de 1994 durante la cual el Comandante en Jefe Fidel Castro firmó el Decreto ley 143, que otorgó a la Ofi­ci­na del Historiador en concordia con todos los organismos y entidades del estado, la altísima responsabilidad de salvar —aun en tiempos perentorios y difíciles— el legado contenido en una de las ciudades más bellas del mundo: la capital épica de la Re­volución Cubana, tenazmente defendida en días heroicos, cuna de maestros, de artistas, de intelectuales y de esa miríada de trabajadores que día a día, desde la periferia hasta el corazón, viven en ella y quiéranlo o no, para ella.
[1] De Jocodus Hondius (1563-1612) fue un artista flamenco, grabador y cartógrafo notable por sus mapas del Nuevo Mundo y de Europa y por reevaluar los aportes de Gerardus Mercator (1512-1594), otro cartógrafo, astrónomo y matemático de Flandes .
[2] El calendario juliano fue una reforma del calendario romano introducido por Julio César en el 46 A.C. Entró en vigor en el año  45 A.C. Era el calendario predominante en la mayor parte de Europa y en los asentamientos europeos en las Américas hasta su sustitución por el calendario gregoriano en 1582.
[3] Es muy popular el dicho “a falta de pan casabe” que se refiere a la determinación de Colón de elegir el casavi que consigna en sus anotaciones, como el pan necesario en estas latitudes.
[4] Valdés, Antonio J.,  “Historia de la Isla de Cuba”, La Habana, 1813, p. 74-75.
[5] Nótese cómo en la fecha de inscripción se tomaba el año 1515 para indicar la fundación, lo cual resultó luego una de las raíces de la polémica infinita.















De políticas culturales. Por: Graziella Pogolotti








Instalacion de Francisco Rivero




Fecha: 2014-11-04



Indagar acerca de la prehistoria de las políticas culturales sería empresa difícil. Implicaría extrapolar un concepto relativamente reciente al análisis de sociedades estructuradas de manera muy distinta a la perfilada por los tiempos de la modernidad. Mucho tardaron en surgir instituciones oficiales diseñadas para la convergencia de las nociones de política y cultura. La acción de los mecenas, de los grupos filantrópicos, de las sociedades económicas de amigos del país, las tertulias y los salones fueron intentos parciales por llenar un vacío cada vez más palpable. En este como en otros aspectos, la Revolución Francesa marcó un cambio decisivo.

En efecto, el proceso desencadenado por la Toma de la Bastilla derribó los últimos vestigios de los privilegiados feudales, redistribuyó la propiedad de la tierra y proyectó al mundo la legítima aspiración al principio de igualdad entre los hombres. El concepto de patria desplazó el sentido internacional de terruño para asociarse a la idea de la nación. Los Estados Generales, fueron sustituidos por la Asamblea Nacional.

Las obras de arte confiscadas a la monarquía y a la aristocracia emigrada se convirtieron en bienes públicos patrimoniales. Simbólicamente, el Louvre, asiento de los reyes, adquirió la función de museo. Poco a poco la nueva configuración de la sociedad impuso la exigencia de definir políticas educacionales a escala nacional. El estado asumió el diseño de un sistema estructurado desde la escuela primaria hasta la universidad que incluía la formulación de programas de estudio para todos los niveles y la formación de los docentes.

El concepto de cultura maduró con mayor lentitud. En una primera etapa, las políticas se circunscribieron a la protección de los valores patrimoniales. El arte y la literatura pasaron de la dependencia del mecenazgo a la sujeción a un mercado expansivo y proteico, beneficiario de los avances tecnológicos y de las capas medias al libro y a los espectáculos. Los bienes artísticos adquirían valor de cambio y se convertían en mercancías. Tal era la corriente dominante. Pero, la complejidad de la vida conduce al replanteamiento de los problemas.

Valdría la pena emprender un estudio interdisciplinario para descifrar los factores que contribuyeron a modificar el concepto de cultura en sus vínculos con la sociedad. En estos apuntes dispersos, aspiro tan solo a mostrar algunas señales. Debemos al romanticismo la reivindicación de la memoria popular expresa en términos de folklore. La ruptura radical de los lenguajes artísticos por parte de la vanguardia fue un intento infructuoso por librarse de la dictadura del mercado. El protagonismo del diseño industrial acercó valores estéticos a la vida cotidiana. El desarrollo de la antropología introdujo un cambio fundamental de perspectiva, mientras las transformaciones sociales del siglo XX profundizan e intensifican las luchas anticoloniales. Hoy día resulta más claro que nunca el alcance de la manipulación de valores culturales como instrumentos eficaces para la imposición de hegemonías.

Cercana a nosotros y muy influyente en los medios intelectuales y políticos de esta parte del mundo, la revolución mexicana ofreció un temprano ejemplo de elaboración de políticas culturales. La deposición del porfiriato desencadenó fuerzas sociales latentes en lo más profundo de la nación. Pancho Villa y Emiliano Zapata encabezaron las demandas de una revolución agraria. Convocaron, con el apoyo de algunos intelectuales, a los indios y mestizos marginados. Aunque a la postre la mexicana desembocara en una revolución burguesa, la obra emprendida por José Vasconcelos se mantiene como un referente histórico a tener en cuenta. Los muralistas impulsaron el enriquecimiento de un imaginario animado por los rostros que emergían desde abajo. La difusión de la lectura dispuso de bibliotecas y de la publicación masiva de libros a bajo precio. En un empeño democratizador, cultura y educación andaban de la mano.

En su etapa inicial, la revolución de octubre concedió a la lectura atención particular. El estallido coincidió con un momento de intensa creatividad en el arte y el pensamiento rusos. A la jerarquía conquistada por la literatura desde el siglo XIX, se añadía un despertar de las artes plásticas que la colocaba en la vanguardia de la avanzada europea, la visión renovadora de la arquitectura, un desarrollo de la lingüística con repercusiones incalculables y la aparición de figuras que transformarían los estudios literarios. Algo similar estaba surgiendo en el campo del teatro y el cine.

Muy pronto, las contradicciones ideológicas oscurecerían las relaciones entre política y cultura. Fue, al principio, un debate abierto. Algunas voces adoptaron posiciones extremas al modo proletkult y de la negación de toda herencia literaria carente de perspectiva marxista. Lenin tuvo que intervenir con su conocido textoTolstoy, espejo de la revolución rusa. El afianzamiento del stalinismo convirtió en doctrina del Partido y del Estado una postura estética bautizada “realismo socialista” que impuso un modo de escribir, de pintar y de componer música, estableció una censura estricta basada en lecturas ideológicas primarias y sometió a juicios políticos a escritores y artistas llevados a la muerte y al confinamiento en campos de concentración.

Un trágico malentendido quebrantó los cimientos de una verdadera política cultural socialista. El punto de partida se encontraba en concepciones periclitadas de la creación artístico-literaria, considerada reflejo directo de una realidad entendida en términos metafísicos. Se confundió arte con propaganda. Se reclamó un didactismo elemental, directo y aleccionador, formulado desde un deber ser en evidente contradicción con el propósito realista.

Restringir el término de cultura a la idea decimonónica asociada a las bellas artes y a las bellas letras ocultaba las complejas ramificaciones de los nexos con la sociedad. Las consecuencias repercutieron a largo plazo y constituyen un factor a considerar en el derrumbe del sistema. El desdén por los estudios antropológicos, la delimitación de la cultura popular a un folclor detenido en el tiempo, la escasa atención al desarrollo de los media y el debilitamiento del instrumental analítico de la dialéctica en la percepción de los fenómenos históricos, cerraron el horizonte a las expectativas de vida de inspiración socialista. De esa manera, las políticas culturales se circunscribieron a la aplicación de una lectura política, al margen de la verdadera naturaleza de la producción artística.

La contradicción fundamental del mundo contemporáneo se define entre un poder financiero transnacionalizado sostenido por un pensamiento neoliberal que permea todas las esferas de la vida y la defensa de proyectos sociales orientados al pleno desarrollo del ser humano. En el primer caso, se anula e instrumentaliza la persona. En el otro, se impulsa la desalienación del individuo, el respeto a la naturaleza y a la diversidad de las culturas. Son dos concepciones del mundo y de la vida irremediablemente antagónicas. En esta lucha, la subjetividad desempeña un papel decisivo. Es el contexto que constituye el referente básico para el diseño de las políticas culturales. Seguiré abordando el tema en próximos trabajos.