vendredi 10 janvier 2014

Humboldt et Gundlach l'emprinte allemande à Trinidad









Par, Mayra Pardillo Gomez

Dans la rue Desengaño, aujourd'hui Simón Bolívar, de la ville de Trinidad, se trouve l'un des palais les plus intéressants pour son style colonial, ses influences néoclassiques et les liens que ses propriétaires ont maintenu avec d’importantes personnalités du XIXe siècle.
José Mariano Borrell y Padrón, un riche propriétaire de cette région centrale du pays, a ordonné d'ériger cette demeure – qu’il n’a jamais habité – dans laquelle des peintres locaux et italiens ont réalisé de belles décorations murales. On dit que les guirlandes et les figurines ont été peintes par l'artiste italien Daniel D´Alaglio. C’est aussi ce décorateur et peintre italien qui a embelli l’hacienda du marquis de Guáimaro, située dans la vallée de San Luis ou vallée de los Ingenios.
La demeure possède un vaste patio et un belvédère d’où l’on peut admirer le centre historique de Trinidad, déclarée Patrimoine Culturel de l’Humanité par l'UNESCO en 1988, ainsi que la Vallée de los Ingenios.
Selon les données historiques, José Mariano Borrell y Lemus (le fils) a hérité d’une partie de l'édifice, qu’il vend à María del Monserrate Fernández de Lara y Borrell en 1841.
Un an plus tard, devenue veuve, la riche propriétaire se marie avec Justo Germán Cantero, c’est sous le nom de Palais Cantero qu’a transcendé jusqu'à nos jours cette admirable demeure où se trouve actuellement le Musée Municipal de Trinidad.
Cantero a été un grand promoteur de l'industrie sucrière. En 1843 il achète la locomotive de Derosne ou machine à vapeur pour l'installer dans sa sucrerie Güinía de Soto, devenant ainsi le premier à utiliser cette avance dans la ville.
Cantero accueille un naturaliste allemand
Cantero a également promu l'utilisation du chemin de fer dans la région et il était un défenseur des lettres et des sciences, soutenant le musicien noir de Trinidad José Manuel Jiménez (Lico), qui a acquis sa renommée en Allemagne, ainsi que le poète Gabriel de la Concepción Valdés – Placido - (1809-1844).
Le livre Trinidad y el Turismo (Trinidad et le Tourisme), publié en 1954, signale que sur les murs du belvédère du Palais « de nombreux hommes de notre histoire ont écrit l’impression que leur causait de voir Trinidad depuis cet endroit. (…) Ici on peut encore lire des vers de Juan Clemente Zenea (1832-1871) et les Libres Pensamientos de Gabriel de la Concepción Valdés, qui avait l'habitude de séparer les paragraphes avec le mot otro (autre) ».
Cantero a partagé un dîner avec ce dernier dans son hacienda Güinía de Soto et il a accueillie dans une de ses propriétés (sa maison de Magua) le naturaliste allemand Juan Cristóbal Gundlach, qui a fait des études dans la zone de Trinidad entre décembre 1855 et février 1856.
Gundlach (1810-1896) est né et a étudié à Marbourg, Allemagne, il est venu à Cuba en 1838 après son doctorat et, durant 57 ans, dans ce pays, il a réalisé des apports fondamentaux aux sciences jusqu'à sa mort à La Havane.
Des spécialistes affirment que le Carpintero Real a été découvert par le naturaliste allemand dans l'extrémité nord-est de la Ciénaga de Zapata au début de 1850. De même, l’apport réalisé dans le cas du Zunzuncito ou oiseau-mouche, endémique de Cuba et le plus petit oiseau au monde. Gundlach, se dédiait depuis plus d'une décennie aux sciences naturelles à Matanzas, puis à La Havane, comme collaborateur du savant cubain Felipe Poey. Aujourd’hui, Gundlach est considéré comme le père de l'ornithologie cubaine.
Un autre illustre allemand qui est venu à Trinidad a été le savant Alexander von Humboldt (1769-1859) qui, selon le pédagogue José de la Luz y Caballero, est le deuxième découvreur de Cuba.
Humboldt, auteur du livre Ensayo político sobre la isla de Cuba, où il fait connaître les caractéristiques physiques et politiques de ce pays caribéen pour la première fois en Europe, a séjourné un manoir de Trinidad et il s’est promené sur la Plaza Mayor.
Il a laissé un témoignage écrit de tout ce que son regard intelligent a vu dans cette ville, depuis la flore et la faune jusqu'à un examen de la vie quotidienne de la localité.
Le Docteur en Sciences Historiques Hernán Venegas souligne l’empreinte allemande dans sa revue Siga la Marcha : « La région de Trinidad, dans le sud de l'île de Cuba, est en exemple de l'action allemande lors de la seconde moitié du XIXe siècle » et il cite des exemples de plusieurs maisons commerciales de l'époque dans cette zone.
Le passé et le présent d’un palais
En revenant à Cantero, celui-ci est considéré par les spécialistes comme un typique esclavagiste de son époque, bien qu’opposé aux abus sur les esclaves et comme un homme qui « aimait le progrès social ».
Lui et sa femme étaient propriétaires des sucreries, de machines, de troupeaux de bœufs et d’élevage employant des esclaves, et ils avaient plusieurs demeures à Trinidad, à Casilda et à Sancti Spíritus, en plus de deux quintas de recreo(maisons de campagne).
Cantero décède à l’âge de 55 ans, le 10 août 1870 et son épouse décède à l’âge de 80 ans, le 27 juillet 1891.
Après une longue période de restauration, le 8 novembre 1980, le Musée Municipal de Trinidad ouvre ses portes dans les Palais de Cantero. Cette institution dispose de quinze salles, dont sept sont liées à l'atmosphère coloniale en ce qui concerne le mobilier, les arts décoratifs et les objets d'usage à cette époque et une liée à la famille ayant donné son nom à la demeure. À travers ses salles, le visiteur découvrira la splendeur d'une époque, la façon dont vivaient les riches hacendados, unis aux noms de savants étrangers et d’hommes de lettres du pays qui l’ont honoré de leur présence, chacun laissant une empreinte indélébile.







Quand Lisandro portait une écharper








En cette époque nous avions juste la vingtaine. Nous étions à Paris qui, au milieu des années cinquante du siècle dernier, continuait à être un centre de diffusion des idées dans les milieux de la culture et des sciences sociales, bien que sa présence prépondérante commençait déjà à diminuer dans le marché de l'art, se situant maintenant au méridien de New York.
Lisandro Otero est venu me chercher durant cet après-midi, un peu pluvieux comme toujours. Avec son écharpe et sa veste de sport, il construisait l'image de ce qu’il aspirait à être : un narrateur et un journaliste. Il avait préparé un premier livre de contes et il couvrait, pour certaines publications cubaines depuis la capitale française, les événements les plus notables de l'époque. L’Europe commençait à se récupérer des séquelles de la guerre et certains des signes de changements dans les modes de vie qui se renforceraient les années suivantes commençaient à se manifester. Cependant, le calme n’était pas revenu. La résistance armée secouait l'Indochine et l’Algérie. Le problème colonial était au premier plan. Sartre exerçait un leadership intellectuel. Le panorama des idées devenait complexe sous l'influence croissante du structuralisme avec les œuvres du déjà célèbre anthropologue Claude Lévy-Strauss et les textes initiaux de Roland Barthes et Michel Foucault.
Cette soirée s'est terminée, comme d'habitude, autour de la table d’un café. Lui, si sûr de lui et de son destin, partageait avec moi, si pleine d'incertitudes, un grand nombre d'intérêts et de préoccupations. Nos regards débordaient le domaine de la littérature. Ils se tournaient vers un horizon plus large. Par nécessité, le dialogue devait conduire à nos préoccupations concernant la situation cubaine, un panorama dominé par la dictature de Batista. Nous avons pris des chemins parallèles au long du processus révolutionnaire, parfois associés aux institutions et aux projets culturels.
Malgré sa persistance projection publique dans l'exercice du journalisme, qu’il n’a jamais abandonné entièrement et ses responsabilités dans les sphères du gouvernement, Lisandro Otero est resté fidèle à sa précoce vocation d’écrivain. Parmi ses diverses tâches, il a défendu son espace personnel pour construire, pas à pas, une œuvre qui, avec ses valeurs intrinsèques, reflète les traits de son autobiographie intellectuelle et offre ainsi un témoignage de l’époque.
Il a obtenu le prix Casa de las Américas avec La situación, un soutient décisif qui l’a placé dans le panorama des lettres latino-américaines de ces années soixante du siècle dernier, caractérisées par des changements vertigineux. Le titre du roman fait référence à une perspective fondée sur l'objectivité, selon les directives établies par Hemingway, un auteur pour lequel le Cubain a toujours conservé une dévotion avouée. La prose laconique, dépouillée de toutes délectations, parfois presque télégraphique, offre un récit linéaire configurant la vision d'un secteur de la bourgeoisie cubaine à la veille du triomphe révolutionnaire. Le registre des voix, apparemment distinct, révèle, dans sa fausse impartialité, la conscience critique de l'écrivain devant une société recroquevillée dans les ciments fonctionnels.
Pour le romancier, l'enjeu essentiel était de détecter les lignes matrices de l'histoire tout en participant intensément à la vie quotidienne. Au cours de son séjour à Londres, responsable de fonctions diplomatiques, il a organisé son temps pour recueillir les informations nécessaires pour élaborer Temporada de ángelesdans les archives et les bibliothèques, à mon avis, son projet de plus grande envergure. L'écriture a changé significativement. L’inflexion provient en partie de l'apprentissage dérivé de son exploration intimiste dans Pasión de Urbino, une singulière courbure dans sa carrière d'écrivain.
D’autre part, Temporada de ángeles résulte, en plus d'un sens, un hommage à Alejo Carpentier. Imprégné par une perspective contemporaine, le récit met l'accent sur les conflits spirituels et sociaux du siècle de Cromwell. Sans s'installer dans la dispute des visions entre Esteban et Sofía, l’axe structural du Siècle des lumières, Lisandro Otero assume la tradition du roman historique pour ouvrir des nouvelles questions sur le développement cyclique des révolutions.
Vivre l’histoire avec intensité implique de connaître l'exaltation et la déchirure.
Peut-être son entreprise la plus ambitieuse, Árbol de la vida, tente un équilibre dans le croisement de l'existence propre, de l’héritage familiale et du processus historique. C’est l’heure du décompte des cicatrices personnelles quand la crise de la gauche touche le fond avec l'effondrement annoncé du camp socialiste et son impact sur l'ordre des idées. Mais le narrateur solitaire contemple les récifs de l'île et réaffirme son engagement avec la nation. De même, Lisandro n’a jamais renoncé à sa double vocation, d’écrivain et d'homme dévoué au service du faire. En proie à la maladie, après avoir participé à la fondation de tant de choses, il a assumé la direction de l'Académie de la Langue en vue de renouveler son sens et sa projection.













Adigio Brnitez Jimeno. Peintre cubain.








Quand on parle de l'histoire de l'art cubain contemporain de créateurs profondément engagés avec leur époque, avec l'éthique et avec leur œuvre, on doit souligner Adigio Benítez Jimeno parmi ceux occupant une position d’avant-garde, dont son enseignement artistique et révolutionnaire constitue son plus grand legs.
Décédé à La Havane le 8 mai 2013 à l’âge de 89 ans, Adigio a été actif jusqu'à la fin d'une vie fructueuse qui, selon ses propres paroles, a eu un sens après l'aube de janvier 1959 : « La Révolution était le monde rêvé. Pour la première fois j’ai joui de la véritable valeur de la liberté ».
Il est né à Santiago de Cuba le 26 janvier 1924, au sein d'une famille ouvrière dans laquelle, lors de son adolescence, il a partagé l'expérience de ses parents et de ses oncles militant du premier Parti marxiste-léniniste.
Installé à La Havane et conscient de sa vocation artistique, il s’est inscrit dans l’Académie de San Alejandro à l’âge de dix-huit ans, il a interrompu ses études à cause de sa précaire situation économique. À cette époque, il a travaillé comme opérateur dans un atelier de Santiago de las Vegas et il a eu son premier lien avec la presse dans un journal local.
Il a commencé à collaborer avec le magazine Mella, de la jeunesse communiste, en 1949 et quelques mois plus tard il rejoint le journal Noticias de Hoy, l’organe du Parti Socialiste Populaire (communiste), où il militait. Il a toujours été conforme avec ce militantisme, comme combattant clandestin sous la dictature de Batista – il signait ses collaborations dans le bulletin clandestin Carta Semanal sous les pseudonymes Laura, Abejota et A. del Campo pour déjouer les forces répressives - et après le triomphe de la Révolution, à laquelle il a participé à la construction du Parti dans le journal Hoy et dans l’un des noyaux du journal Granma, duquel il a été fondateur et enrichi ses pages avec de magnifiques illustrations.
Sa première exposition personnelle, en 1962 dans la Galerie Habana, révèle un peintre et dessinateur en pleine maturité et maîtrise des outils expressives, un fait confirmé deux ans plus tard quand, dans le même espace, il expose Obreros, máscaras et paisajes, tout un événement.
Lors de cette décennie il participé à la fondation de l'École Nationale d'Art - puis il rejoint le corps enseignant de l'Institut Supérieur d'Art-, commençant ainsi la formation de nouveaux talents, un travail reconnu justement avec le Prix National de l'Enseignement Artistique. Il a assumé des travaux avec une même vocation de service dans l’Union des Écrivains et des Artistes de Cuba, dans l'Association Internationale des Artistes Plastiques et dans le Conseil National de la Culture, où il a été à la tête de la Direction Nationale des Arts Plastiques.
En même temps, son œuvre commençait à gagner un prestige international par le biais d’expositions collectives et personnelles dans plus de trente pays d’Amérique, d’Europe et d’Asie. Des dizaines de ses œuvres sont présentes dans des collections publiques et privées du Mexique, d’Espagne, de Colombie, de Hongrie, de République Tchèque, de Russie, de Suède, d’Équateur, d’Iraq, d’Italie, des États-Unis, du Chili, d’Argentine et du Canada, et, bien sûr, dans le Musée National des Beaux-arts.
Maître du portrait de personnalités historiques - Martí, Mella, Jesús Menéndez, Camilo et le Che, parmi d'autres - et de la recréation des visages populaires, Adigio surprend favorablement la critique et le public en expérimentant les pratiques de l’origami, le transférant sur la toile et le bristol avec des formes géométriques et des approches allégoriques. Ses expositions Plegables simulados(1988), Beldades y trebejos (1996) et la plus récente Negro de Marte sobre Blanco de Titanio (2012), ont été révélatrices.
Il a obtenu le Prix National des Arts Plastiques en 2002, en reconnaissance à l’ œuvre de toute une vie. Sa modestie exemplaire a été enregistrée dans une phrase qu’il a dit alors : « J'ai essayé d'être utile ».







50 vérités sur Fidel Castro Ruz (Opera Mundi)









Salim LAMRANI

Le leader historique de la Révolution cubaine a marqué à jamais l’Histoire de Cuba et de l’Amérique latine, faisant de son pays un symbole de dignité et de résistance.
1. Issu d’une fratrie de sept enfants, Fidel Castro est né le 13 août 1926 à Birán dans l’actuelle province d’Holguín, de l’union entre Angel Castro Argiz, un riche propriétaire terrien espagnol originaire de Galice, et Lina Ruz González, cubaine de naissance.

2. A l’âge de sept ans, il part pour la ville de Santiago de Cuba et réside chez une institutrice chargée de son éducation. Celle-ci l’abandonne à son sort. « J’y ai connu la faim », se rappellera Fidel Castro et « on avait trompé ma famille ». Un an plus tard, il intègre le collège religieux des Frères de la Salle en janvier 1935 en tant qu’interne. Il quittera l’institution à l’âge de onze ans pour le collège Dolores, en janvier 1938, après s’être rebellé contre l’autoritarisme d’un enseignant. Il poursuit ensuite sa scolarité chez les jésuites au collège de Belén de La Havane de 1942 à 1945. Après des études brillantes, son professeur, le Père Armando Llorente, écrit dans l’annuaire de l’établissement : « Il s’est distingué dans toutes les matières littéraires. Excellent et rassembleur, il a été un véritable athlète, défendant toujours avec courage et fierté le drapeau du collège. Il a su gagner l’admiration et l’affection de tous. Il poursuivra des études de droit et nous ne doutons pas qu’il remplira de pages brillantes le livre de sa vie ».

3. Malgré son exil à Miami en 1961 suite aux tensions entre le gouvernement révolutionnaire et l’Eglise catholique cubaine, le Père Llorente a toujours conservé un souvenir nostalgique de son ancien élève : « On me reproche souvent de dire du bien de Fidel. Moi, je ne peux pas dire du mal du Fidel que j’ai connu. De plus, un jour, il m’a sauvé la vie et ce sont des choses qu’on ne peut jamais oublier ». Fidel Castro s’était jeté dans un fleuve pour sauver son professeur qui était emporté par le courant.

4. En 1945, Fidel Castro entre à l’Université de La Havane où il entreprend une carrière de droit. Elu délégué de la Faculté de Droit, il participe activement aux manifestations contre la corruption du gouvernement du Président Ramón Grau San Martín. Il n’hésite pas non plus à dénoncer publiquement les bandes armées du BAGA liées aux autorités politiques. Max Lesnik, alors secrétaire général de la Jeunesse Orthodoxe et camarade de Fidel Castro, se remémore cet épisode : « Le comité ‘30 Septembre’ [créé pour lutter contre les bandes armées] avait pris la décision de dénoncer le gouvernement et les gangsters durant la session plénière de la Fédération des étudiants. Dans le salon, plus de 300 étudiants des diverses facultés se pressaient pour écouter Fidel quand quelqu’un cria […] : ‘Celui qui parlera trop, parlera pour la dernière fois’. Il était clair que la menace s’adressait à l’orateur. Fidel s’est levé de sa chaise et d’un pas posé et ferme marcha vers le centre du grand salon. Après avoir demandé une minute de silence en souvenir des martyrs […], il s’est mis à lire une liste officielle avec les noms de tous les membres des gangs et des dirigeants de la Fédération estudiantine universitaire stipendiés par le gouvernement ».

5. En 1947, à l’âge de 22 ans, Fidel Castro participe avec Juan Bosch, futur Président de la République Dominicaine, à une tentative de débarquement de Cayo Confite pour renverser le dictateur Rafael Trujillo, alors soutenu par les Etats-Unis.

6. Un an plus tard, en 1948, il participe au Bogotazo, soulèvement populaire déclenché par l’assassinat de Jorge Eliécer Gaitán, leader politique progressiste, candidat aux élections présidentielles en Colombie.

7. Diplômé de droit en 1950, Fidel Castro exerce en tant qu’avocat jusqu’en 1952 et défend les petites gens, avant de se lancer en politique.

8. Fidel Castro n’a jamais milité au sein du Parti Socialiste Populaire (PSP), parti communiste de la Cuba prérévolutionnaire. Il était membre du Parti du Peuple Cubain, également appelé Parti Orthodoxe, fondé en 1947 par Eduardo Chibás. Le programme du Parti Orthodoxe de Chibás est progressiste et se base sur plusieurs piliers : la souveraineté nationale, l’indépendance économique par la diversification de la production agricole, la suppression des latifundios, le développement de l’industrie, la nationalisation des services publics, la lutte contre la corruption et la justice sociale avec la défense des travailleurs. Fidel Castro revendique son appartenance à la pensée de José Martí, de Chibás et anti-impérialiste. Orateur de grand talent, il se présente aux élections parlementaires en tant que candidat du Parti du Peuple Cubain en 1952.

9. Le 10 mars 1952, à trois mois des élections présidentielles, le général Fulgencio Batista brise l’ordre constitutionnel en renversant le gouvernement de Carlos Prío Socarrás. Il obtient le soutien immédiat des Etats-Unis qui reconnaissent officiellement la nouvelle dictature militaire.

10. L’avocat Fidel Castro dépose plainte contre Batista pour rupture de l’ordre constitutionnel : « Si des tribunaux existent, Batista doit être sanctionné, et si Batista n’est pas sanctionné […], comment ce tribunal pourra-t-il ensuite juger un citoyen pour sédition ou rébellion contre ce régime illégal produit de la trahison impunie ? » La Cour Suprême, inféodée au nouveau régime, juge la demande irrecevable.

11. Le 26 juillet 1953, Fidel Castro prend la tête d’une expédition de 131 hommes et lance une attaque contre la caserne Moncada de Santiago de Cuba, seconde forteresse militaire du pays, et contre la Caserne Carlos Manuel de Céspedes de la ville de Bayamo. Le but était de prendre le contrôle de Santiago – berceau historique de toutes les révolutions – et de lancer un appel à la rébellion dans tout le pays afin de renverser le dictateur Batista.

12. L’opération est un échec sanglant et de nombreux combattants – 55 au total – sont assassinés après avoir été brutalement torturés par l’armée. En effet, seuls 6 d’entre eux avaient perdu la vie lors des combats. Quelques-uns réussissent à s’échapper grâce au soutien de la population.

13. Fidel Castro, capturé quelques jours plus tard, doit sa vie au sergent Pedro Sarría, qui refuse de suivre les ordres de ses supérieurs et d’exécuter le leader du Moncada. « Ne tirez pas ! Ne tirez pas ! On ne tue pas les idées », s’était-il exclamé face à ses soldats.

14. Durant sa plaidoirie historique intitulée « L’Histoire m’acquittera », Fidel Castro, qui assure sa propre défense, dénonce les crimes de Batista et la misère dans laquelle vit le peuple cubain et présente son programme pour une Cuba libre basé sur la souveraineté nationale, l’indépendance économique et la justice sociale.

15. Condamné à 15 ans de prison, Fidel Castro est libéré deux ans plus tard, en 1955, suite à une amnistie accordée par le régime de Batista. Il fonde le Mouvement 26 Juillet (M 26-7) et fait part de son projet de poursuivre la lutte contre la dictature militaire avant de s’exiler au Mexique.

16. Fidel Castro y organise l’expédition du Granma, en compagnie d’un médecin nommé Ernesto Guevara. Fidel Castro n’a aucun mal à convaincre le jeune argentin qui se souvient : « Je l’ai connu durant une nuit fraîche à Mexico, et je me souviens que notre première discussion tourna autour de la politique internationale. Quelques heures plus tard – au petit matin – j’étais l’un des futurs expéditionnaires ».

17. En août 1955, Fidel Castro publie le premier manifeste du Mouvement 26 Juillet qui reprend les points essentiels de sa plaidoirie « L’Histoire m’acquittera ». Il y est question de réforme agraire, d’interdiction des latifundios, de réformes économiques et sociales en faveur des déshérités, d’industrialisation de la nation, de construction de logements, de baisse des loyers, de nationalisation des services publics de téléphone, gaz et électricité, d’éducation et de culture pour tous, de réforme fiscale et de réorganisation de l’administration publique pour lutter contre la corruption.

18. En octobre 1955, afin de récolter des fonds nécessaires à l’expédition, Fidel Castro réalise une tournée aux États-Unis et se réunit avec les exilés cubains. Le FBI met sous étroite surveillance les clubs patriotiques M 26-7 fondés dans les différentes villes.

19. Le 2 décembre 1956, Fidel Castro embarque dans le port de Tuxpán au Mexique à bord du bateau Granma d’une capacité de 25 personnes. Les révolutionnaires sont 82 au total et mettent le cap sur Cuba avec l’objectif de déclencher une guerre de guérilla dans les montagnes de la Sierra Maestra.

20. La traversée se transforme en cauchemar en raison des conditions climatiques. Un expéditionnaire tombe à la mer. Juan Almeida, membre du groupe et futur commandant de la Révolution, se remémore l’épisode : « Fidel nous a dit la chose suivante : ‘Tant que nous ne l’aurons pas sauvé, nous ne bougerons pas d’ici’. Cela a ému tout le monde et a éveillé notre combativité. On s’est dit qu’avec cet homme, personne ne serait abandonné. On mettait pourtant en péril l’expédition. Mais on l’a finalement sauvé ».

21. Après une traversée de sept jours, au lieu des cinq prévus, le 2 décembre 1956, la troupe débarque « dans le pire marécage jamais vu » selon Raúl Castro. Elle est dispersée par les tirs de l’aviation cubaine, et pourchassée par 2 000 soldats de Batista qui attendaient les révolutionnaires.

22. Quelques jours plus tard, à Cinco Palmas, Fidel Castro retrouve son frère Raúl et 10 autres expéditionnaires. « Maintenant, nous allons gagner la guerre », déclare le leader du M 26-7 à ses hommes. La guerre de guérilla débute et durera 25 mois.

23. En février 1957, l’interview de Fidel Castro réalisée par Herbert Matthews du New York Times permet à l’opinion publique étasunienne et mondiale de découvrir l’existence d’une guérilla à Cuba. Batista avouera plus tard dans ses mémoires que grâce à ce scoop médiatique « Castro commençait à devenir un personnage de légende ». Matthews nuance cependant l’importance de son interview : « Aucune publicité, si sensationnelle qu’elle fût, n’aurait pu donner quoi que ce soit plus tard si Fidel Castro n’avait pas été précisément l’homme que j’avais décrit ».

24. Malgré les déclarations officielles de neutralité dans le conflit cubain, les États-Unis ont apporté leur soutien politique, économique et militaire à Batista, et se sont opposés à Fidel Castro jusqu’aux ultimes instants. Le 23 décembre 1958, à une semaine du triomphe de la Révolution, alors que l’armée de Fulgencio Batista est en déroute malgré sa supériorité en hommes et en armes, a lieu la 392ème rencontre du Conseil de sécurité nationale, en présence du Président Eisenhower. Allen Dulles, directeur de la CIA, exprime clairement la position des États-Unis : « Nous devons empêcher la victoire de Castro ».

25. Malgré le soutien des États-Unis, ses 20.000 soldats et une supériorité matérielle, Batista ne put vaincre une guérilla composée 300 hommes armés lors de l’offensive finale durant l’été 1958 qui mobilisa plus de 10 000 soldats. Cette « victoire stratégique » révèle alors le génie militaire de Fidel Castro qui avait anticipé et mis en échec l’opération Fin de Fidel lancée par Batista.

26. Le 1er janvier 1959, cinq ans, cinq mois et cinq jours après l’attaque de la caserne Moncada du 26 juillet 1953, triomphe la Révolution cubaine.

27. Lors de la formation du gouvernement révolutionnaire en janvier 1959, Fidel Castro est nommé ministre des Forces armées. Il n’occupe ni la Présidence, dévolue au juge Manuel Urrutia, ni le poste de Premier Ministre, occupé par l’avocat José Miró Cardona.

28. En février 1959, le Premier Ministre Cardona, opposé aux réformes économiques et sociales qu’il juge trop radicales (projet de réforme agraire), présente sa démission. Manuel Urrutia fait alors appel à Fidel Castro pour occuper le poste.

29. En juillet 1959, face à l’opposition du Président Urrutia qui refuse de nouvelles réformes, Fidel Castro démissionne de son poste de Premier Ministre. D’immenses manifestations populaires éclatent alors à Cuba, exigeant le départ d’Urrutia et le retour de Fidel Castro. Le nouveau Président de la République Osvaldo Dorticós le nomme de nouveau Premier Ministre.

30. Les États-Unis se montrent immédiatement hostiles à Fidel Castro en accueillant les dignitaires de l’ancien régime, dont plusieurs criminels de guerre qui ont dévalisé les réserves du Trésor Public, emportant dans leur fuite 424 millions de dollars.

31. Pourtant, dès le départ, Fidel Castro fait montre de sa volonté d’entretenir de bonnes relations avec Washington. Néanmoins, lors de sa première visite aux États-Unis en avril 1959, le Président Eisenhower refuse de le recevoir et préfère aller jouer au golf. John F. Kennedy exprimera ses regrets à ce sujet : « Fidel Castro fait partie de l’héritage de Bolivar. Nous aurions dû faire un accueil plus chaleureux au jeune et fougueux rebelle lors de son triomphe ».


32. Dès octobre 1959, des pilotes en provenance des États-Unis bombardent Cuba et retournent en Floride sans être inquiétés par les autorités. Le 21 octobre 1959, une bombe larguée au-dessus de La Havane fait deux morts et 45 blessés. Le responsable du crime, Pedro Luis Díaz Lanz, retourne à Miami sans être inquiété par la justice et Washington refuse de l’extrader à Cuba.

33. Fidel Castro ne se rapproche de Moscou qu’en février 1960 et n’acquiert des armes soviétiques qu’après s’être heurté au refus des États-Unis de lui fournir l’arsenal nécessaire à sa défense. Washington a également fait pression sur le Canada et les nations européennes sollicitées par Cuba afin de l’obliger à se tourner vers le bloc socialiste et ainsi justifier sa politique hostile vis-à-vis de La Havane.

34. En mars 1960, l’administration Eisenhower prend la décision formelle de renverser Fidel Castro. Au total, le leader de la Révolution cubaine réchappera à non moins de 637 tentatives d’assassinat.

35. En mars 1960, le sabotage par la CIA du navire français La Coubre chargé d’armes dans le port de La Havane fait plus d’une centaine de morts. Dans son discours en hommage aux victimes, Fidel Castro lance le slogan « La Patrie ou la mort » inspiré de celui de la Révolution française en 1793 « Liberté, égalité, fraternité ou la mort ».

36. Le 16 avril 1961, suite aux bombardements des principaux aéroports du pays par la CIA, prélude de l’invasion de la Baie des Cochons, Fidel Castro déclare le caractère « socialiste » de la Révolution.

37. Lors de l’invasion de la Baie des Cochons par 1400 exilés financés par la CIA, Fidel Castro monte au front et se retrouve en première ligne de combat. Il inflige une sévère défaite aux États-Unis en écrasant les envahisseurs en 66 heures. Sa popularité atteint alors des sommets à travers le monde.

38. Durant la crise des missiles d’octobre 1962, le général soviétique Alexei Dementiev était aux côtés de Fidel Castro. Il raconte ses souvenirs : « J’ai passé aux côtés de Fidel les moments les plus impressionnants de ma vie. J’étais la plupart du temps avec lui. Il y eut un moment où nous avons considéré comme proche l’attaque militaire des États-Unis et Fidel a pris la décision de lancer l’état d’alerte. En quelques heures, le peuple était en position de combat. La foi de Fidel en son peuple était impressionnante, et la foi de son peuple et de nous-mêmes, les soviétiques, en lui également. Fidel est, sans discussion aucune, l’un des génies politiques et militaires de ce siècle ».

39. En octobre 1965, le Parti Communiste Cubain (PCC) est créé en remplacement du Parti uni de la Révolution socialiste (PURS) né en 1962 (qui substitua les Organisations révolutionnaires intégrées – ORI – créées en 1961). Fidel Castro est nommé Premier secrétaire.

40. En 1975, Fidel Castro est élu pour la première fois à la Présidence de la République suite à l’adoption de la nouvelle Constitution. Il sera réélu à ce poste jusqu’en 2006.

41. En 1988, à plus de 20 000 kilomètres de distance, Fidel Castro dirige depuis La Havane la bataille de Cuito Cuanavale en Angola, au cours de laquelle les troupes cubaines et angolaises infligent une cuisante défaite aux forces armées sud-africaines qui avaient envahi l’Angola et qui occupaient la Namibie. L’historien Piero Gleijeses, professeur à l’Université Johns Hopkins de Washington, a écrit à ce sujet : « Malgré tous les efforts de Washington [allié au régime de l’Apartheid], Cuba changea le cours de l’histoire en Afrique australe […]. La prouesse des Cubains sur le champ de bataille et leur virtuosité à la table des négociations s’avérèrent décisives pour contraindre l’Afrique du Sud à accepter l’indépendance de la Namibie. Leur défense victorieuse de Cuito Cuanavale fut le prélude d’une campagne qui obligea la SDAF à quitter l’Angola. Cette victoire eut des répercussions au-delà des frontières de la Namibie ».

42. Observateur lucide de la Perestroïka, Fidel Castro déclare au peuple dans un discours prémonitoire du 26 juillet 1989 qu’en cas de disparition de l’Union soviétique, Cuba devra résister et poursuivre la voie du socialisme : « Si demain ou un autre jour nous nous réveillons avec la nouvelle qu’une grande guerre civile a éclaté en URSS, ou même si nous nous réveillons avec la nouvelle que l’URSS s’est désintégrée […], Cuba et la Révolution cubaine continueraient à lutter et à résister ».




43. En 1994, en pleine Période Spéciale, il rencontre pour la première fois Hugo Chávez avec lequel il noue une forte amitié qui durera jusqu’à la mort de ce dernier en 2013. D’après Fidel Castro, le président vénézuélien était « le meilleur ami qu’a eu le peuple cubain ». Tous deux mettent en place un partenariat stratégique avec la création en 2005 de l’Alliance Bolivarienne pour les Peuples de notre Amérique qui regroupe désormais huit pays de l’Amérique latine et de la Caraïbe.

44. En 1998, Fidel Castro reçoit la visite du Pape Jean-Paul II à La Havane. Ce dernier demande « au monde s’ouvrir à Cuba et à Cuba de s’ouvrir au monde ».

45. En 2002, l’ancien président des États-Unis Jimmy Carter réalise une visite historique à Cuba. Il intervient en direct à la télévision : « Je ne suis pas venu ici pour m’immiscer dans les affaires internes de Cuba, mais pour tendre une main amicale au peuple cubain et offrir une vision du futur pour nos deux pays et pour les Amériques […]. Je veux que nous soyons amis et que nous nous respections mutuellement […]. Étant donné que les États-Unis sont la nation la plus puissante, c’est à nous d’effectuer le premier pas ».

46. En juillet 2006, suite à une grave maladie intestinale, Fidel Castro est contraint de se retirer du pouvoir. Conformément à la Constitution, le Vice-président Raúl Castro lui succède.

47. En février 2008, Fidel Castro renonce définitivement à tout mandat exécutif. Il se consacre alors à la rédaction de ses mémoires et publie régulièrement des articles sous le titre de « Réflexions ».

48. Arthur Schlesinger Jr., historien et conseiller spécial du Président Kennedy, a évoqué la question du culte de la personnalité après un séjour à Cuba en 2001 : « Fidel Castro ne fomente pas le culte de la personnalité. Il est difficile de trouver une affiche ou même une carte poste de Castro à La Havane. L’icône de la Révolution de Fidel, visible partout, est le Che Guevara ».

49. Gabriel García Márquez, écrivain colombien et Prix Nobel de littérature, est un ami intime de Fidel Castro. Il a en dressé un bref portrait et souligne « la confiance absolue qu’il place dans le contact direct. Son pouvoir est à la séduction. Il va chercher les problèmes là où ils sont. [...] Sa patience est invincible. Sa discipline est de fer. La force de son imagination le pousse jusqu’aux limites de l’imprévu. »

50. Le triomphe de la Révolution cubaine le 1er janvier 1959 dirigé par Fidel Castro est l’événement le plus marquant de l’histoire de l’Amérique latine du XXe siècle. Fidel Castro demeurera comme l’une des figures les plus controversées du XXe siècle. Néanmoins, même ses plus farouches détracteurs reconnaissent qu’il a fait de Cuba une nation souveraine et indépendance respectée sur la scène internationale, aux indéniables réussites sociales dans les domaines de l’éducation, de la santé, de la culture, du sport et de la solidarité internationale. Il restera à jamais comme le symbole de la dignité nationale qui s’est toujours aligné aux côtés des opprimés et qui a apporté son soutien à tous les peuples qui luttaient pour leur émancipation.

Salim Lamrani, Jeudi 2 janvier 2014.
Docteur ès Etudes Ibériques et Latino-américaines de l’Université Paris IV-Sorbonne, Salim Lamrani est Maître de conférences à l’Université de La Réunion, et journaliste, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis.
Son nouvel ouvrage s’intitule Cuba. Les médias face au défi de l’impartialité (Paris, Editions Estrella, 2013) et comporte une préface d’Eduardo Galeano.
http://www.amazon.fr/Cuba-m%C3%A9dias-face-d%C3%A9fi-limpartialit%C3%A...
Contact : lamranisalim@yahoo.fr ; Salim.Lamrani@univ-reunion.fr
Page Facebook : https://www.facebook.com/SalimLamraniOfficiel

lundi 6 janvier 2014

Danses traditionnelles de Corée par la Pocheon Folk Art Troupe









            Mercredi 8 janvier 2014 à 19h au Centre Culturel

La Troupe d’Art folklorique de la Ville de Pocheon (Pocheon Folk Art Troupe), créée en 2003 concomitamment à l’inauguration du Pocheon Art Hall, regroupe à la fois des danseurs et musiciens dont les activités couvrent la plupart des genres constitutifs des arts traditionnels coréens de la scène.
Depuis sa création, la troupe a monté de nombreux spectacles originaux (La lumière millénaire, Musiques et danses de la cour, Sept amies du boudoir...) visant un très large public et s’emploie à mettre la culture à la portée du plus grand nombre en organisant notamment des tournées en province et en se produisant devant des spectateurs qui ont peu l’occasion d’assister à des spectacles.
En 2012, la troupe a été sélectionnée par le Ministère coréen des Affaires étrangères et a donné une représentation lors du 20e anniversaire des relations diplomatiques entre la Corée et la Chine. Elle a également représenté la Corée lors des événements culturels organisés au Cambodge, à l’occasion de la signature de l’accord de libre-échange de l’ASEAN.
Le programme de la troupe comprendra tout un éventail de danses traditionnelles coréennes, des plus élégantes et raffinées aux plus spectaculaires : danse Salpuri, danse de Jinsoe, danse du buk de Jindo, jeu du Bupo, danse Ip..









Le murmure de la pluie. O rumor da chuva. VideoArt







Bienvenue au bonheur du savoir attentionné (attentif à l'autre). Sur ce sol favorable, les sens s'affinent pour révéler le charme du paysage, l'univers dynamisant des arts, la beauté cachée dans chaque chose et dans les êtres humains qui nous entourent. Pour être heureux, il faut aimer la vie et préserver au plus profond de soi le battement innocent de l'enfance. Nous devons nous protéger du poison qui avilit l'âme, fait d'amertume, d'envie, de ressentiment et d'ambition mesquine.

C'est un noble exercice que d'élargir son horizon à la connaissance des héros, des peuples d'autres continents, des dernières inventions de la civilisation.
C'est dans le délicat et inexprimable exercice de la vie que se révèle la grandeur, consciente de l'ingratitude probable des hommes, de celui qui, malgré tout, se consacre, et travaille au bien de ses semblables.






 " O rumor da chuva " 

Bem vinda a felicidade do atento saber. Nesse solo favorável, as antenas se tornam mais agudas para revelar o encanto da paisagem, o incitante universo das artes, a beleza oculta das coisas e dos seres humanos que nos rodeiam. Para ser feliz, há que amar a vida e preservar no íntimo de cada um o fresco pulsar da infância. Temos que estar atentos para evitar o veneno que degrada a alma, feito de amargura, de inveja, de ressentimento, de mesquinha ambição.


Exercício de nobre propósito de ampliar horizontes para o conhecimento do perfil dos heróis, dos povos de outros continentes, dos últimos inventos da civilização.


No delicado e cativante trabalho da vida a dimensão se revela, consciente da provável ingratidão dos homens. Não por isso as pessoas se entregam totalmente, em seus atos, à luta pela possível melhora de seus semelhantes.