jeudi 26 décembre 2013

Joyeuse Kwansaa !





Umoja (Unité)








Ce n'est pas une fête religieuse, mais une manifestation à caractère culturel que les Noirs américains célèbrent entre le 26 décembre et le 1er janvier. Kwanzaa n'existe que depuis trente-trois ans et pourtant elle a réussi à s'imposer dans le calendrier de plus en plus chargé des fêtes de l'hiver, reflet de la diversité culturelle croissante des Etats-Unis. 

Kwanzaa a été créée en 1966, à la suite des émeutes du quartier de Watts, à Los Angeles, par Maulana Karenga, qui dirige actuellement le département d'études noires à l'université d'Etat de Californie, à Long Beach. Elle est aujourd'hui célébrée par quelque 28 millions de personnes, essentiellement aux Etats-Unis, au Brésil, au Canada et dans les Caraïbes. Enfant du nationalisme noir des années 60 et inspirée du roman d'Alex Haley Racines, Kwanzaa a vu sa popularité augmenter ces dernières années,

Maulana Karenga avait décidé de faire débuter les festivités le lendemain de Noël, une façon de contester l'impérialisme culturel de cette fête, explique Chimbuko Tembo, directeur adjoint du Centre culturel afro-américain de Los Angeles. Karenga a également eu une pensée pour ceux qui souhaiteraient acheter des cadeaux, car cette date a l'immense avantage de coïncider avec la période des soldes. Mais, du coup, de nombreux Blancs américains prennent Kwanzaa pour une sorte de Noël alternatif. "Kwanzaa n'a pas été conçue pour concurrencer telle ou telle fête religieuse, se défend Chimbuko Tembo. Ce que nous célébrons, c'est notre culture africaine commune."


A l'occasion du Ramadan ou de Hanoukka, les musulmans et les juifs célèbrent à la fois leur identité religieuse et culturelle. Les Noirs américains, eux, n'ont pas de fête culturelle qui leur soit propre, ce que déplorent certains responsables religieux. "En raison de la présence envahissante de l'esclavage dans la culture noire américaine, la majorité des Afro-Américains sont chrétiens, comme l'étaient leurs anciens maîtres", souligne le révérend Peter Edwards Matthews, responsable de la jeunesse à l'Eglise méthodiste épiscopale africaine de Los Angeles."Nous avons le droit et le devoir d'affirmer nos vérités culturelles en tant qu'Afro-Américains", estime quant à lui Chimbuko Tembo. "C'est quand même incroyable que tout le monde ait droit à l'expression culturelle de son histoire, sauf les Afro-Américains, s'insurge le révérend Matthews. Il existe entre nous une synergie qui transcende les religions."


Kwanzaa, qui signifie "premiers fruits de la moisson" en swahili, s'inspire des fêtes de la moisson célébrées par certains peuples africains comme les Ashanti ou les Zoulous. Chaque jour est consacré à l'un des sept principes nguzo saba ­ auxquels doit adhérer la communauté noire : unité, autodétermination, travail collectif et responsabilité, coopération économique, volonté, créativité et foi. 
Chaque soir, on allume une nouvelle bougie du kinara, un chandelier à sept branches qui rappelle la menora des juifs. Sur une natte traditionnelle en paille, appelée mkeka, on dispose une corbeille de fruits et de légumes pour symboliser la moisson et des épis de maïs qui représentent chacun un enfant de la maison. Durant toute la semaine, on prépare des plats africains traditionnels. Dans certaines familles, on a pris l'habitude de s'offrir des cadeaux mais l'accent est mis sur l'héritage transmis par les ancêtres et sur le retour aux racines.


L'attrait exercé par cette fête dépasse désormais la communauté noire américaine, comme le souligne Willia Edmonds, la présidente du Conseil de la culture et des arts africains du comté d'Orange, qui dit même avoir été sollicitée par des retraités juifs pour faire un exposé sur le sujet. Mais les responsables religieux ne voient pas tous d'un bon d'oeil ce genre d'ouverture. "Quand on est une minorité, il faut toujours lutter pour conserver son identité, estime le révérend Matthews. 

Des manifestations comme Kwanzaa rappellent à nos jeunes que, même s'ils sont minoritaires dans le pays où ils vivent, dans le monde entier, ils sont majoritaires."











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