jeudi 13 décembre 2012

Ballaké Sissoko, un florilège de harpe mandingue, au côté du violoncelliste



Le virtuose malien présente un florilège de harpe mandingue, au côté du violoncelliste Vincent Segal.







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Son e images souterraine Parisienne "
Fime par Francisco Rivero
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En 2011, sa rencontre avec le violoncelliste français Vincent Segal donne Chamber Music, un disque majeur. Un an plus tard paraît At Peace, où Segal joue le rôle de producteur. Préparé à Bamako, le disque n’a pu y être enregistré en raison des troubles politiques (coup d’Etat et guerre dans le nord du pays). C’est finalement près d’Angoulême que ce At Peace a été concrétisé, cet été.

Ballaké Sissoko est un griot dans la tradition, issu d’une lignée de musiciens. Son père, Djelimady Sissoko, avait appris la kora en Gambie, et son grand-père maternel jouait du même instrument en Casamance, dans le sud du Sénégal.

«Nos ancêtres travaillaient trois mois, pendant la saison des pluies, et voyageaient avec leurs instruments le reste du temps. Un griot était respecté, on lui offrait de quoi subsister : un mouton, une chèvre, du mil, du riz… Aujourd’hui, les griots chanteurs ou conteurs arrivent à gagner leur vie au Mali, pas les musiciens comme nous.»

Dans At Peace, on découvre un extraordinaire musicien de la guitare 12 cordes : Aboubacar «Badian» Diabaté. Ballaké tenait à sa présence : «Au Mali, la plupart des guitaristes ont joué d’abord du n’goni [luth à trois cordes, ndlr], ce qui a façonné leur style. De la même façon, en Guinée, la référence des guitaristes est le balafon, ils jouent avec un feeling qu’on reconnaît très vite.» Badian teinte d’insolites tonalités flamenco le superbe et complexe N’Tomikorobougou. Ailleurs, on croit percevoir des réminiscences baroques, des échos de la Renaissance. «Vincent Segal m’a fait déjà la remarque, poursuit Ballaké. Mais c’est un répertoire que j’ai peu écouté. Au contraire du flamenco, que j’ai trouvé familier dès que je l’ai découvert. Avec la musique des Pouilles, en Italie, ou en Grèce, j’ai aussi senti des parentés, avec nos traditions d’Afrique de l’Ouest.»
La seule reprise du disque est un classique du Nordeste brésilien :Asa Branca, de Luiz Gonzaga, proposé par Vincent Segal. C’est le seul titre kora-violoncelle du disque, une sorte de rappel de Chamber Music, où la mélodie paysanne est esquissée, caressée avec une grâce infinie. «Vincent et moi nous sommes bien rencontrés, ajoute Ballaké, il me connaît par cœur.»
At Peace s’ouvre et se ferme sur deux exercices de kora solo.

















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