mardi 25 décembre 2012

Alors tout change, alors nos esprit se retournent,


Le tien vers la nuit, 
Les rires,
Et le mien vers le jour, sainte affirmation






Photos, Francisco Rivero














Chin,Chin.... à votre très bonne santé...










  Champagne : à votre très bonne santé...


Par Martine Betti-Cusso - le 24/12/2012
Seuls les initiés savent que le champagne, avant d'être un vin de fête, a été officiellement un vin thérapeutique ! Il n'était pas de meilleur remède pour bien digérer, éviter les humeurs et même prévenir le vieillissement..
Du champagne sur ordonnance! La thérapeutique peut sembler déroutante mais donnerait presque envie de tomber malade. Et pourtant, dès le Moyen Age, les vins d'Epernay et de Mailly, alors tranquilles - le champagne tel que nous le connaissons n'existait pas à l'époque - étaient recommandés par Hincmar, archevêque de Reims, à son ami Pardalus, évêque de Laon, comme une médecine naturelle. Peut-on rêver plus sainte prescription!

             Un remède contre les rhumatismes

Il est vrai qu'en ce temps-là, les vins paraissaient breuvages plus salutaires que les eaux impures des puits et des citernes. Mais ce n'est que vers la fin du XVIIe siècle, lorsque ce nectar élaboré par le moine Pierre Pérignon se met à mousser, qu'il prend ses lettres de noblesse et sera officiellement reconnu comme bienfaisant pour la santé. Le roi des vins et vin des rois est alors paré de mille vertus: auxiliaire de la digestion, remède contre les rhumatismes, puissant antiseptique, souverain contre les idées noires et la prévention du vieillissement et seul vin, selon Madame de Pompadour, «à laisser une femme belle après boire»... Sa légèreté et ses qualités furent tant célébrées que les Bourguignons en prirent ombrage et déclenchèrent une guerre de plus de cent ans, qui opposa médecins partisans des vins de Beaune à ceux adeptes des vins de Champagne, chacun vantant les mérites thérapeutiques de son nectar. Une concurrence commerciale d'avant-garde, sur fond de vertus médicinales.
Les bulles tourbillonnantes, voluptueuses du vin de Champagne ont leurs inconditionnels. Ainsi, Saint-Simon rapporte dans ses mémoires que Duchesne, médecin des fils de France, qui mourut à 91 ans (une belle performance pour l'époque), «conserva jusqu'au bout une santé parfaite et sa tête entière en soupant tous les soirs avec une salade et en ne buvant que du vin de Champagne». Jean Godinot, chanoine de Reims, dans son traité sur les vins de Champagne (1718), affirme que «de tous, il n'en est pas de meilleur pour la santé». Certes, l'homme prêche pour sa paroisse, mais il est soutenu dans sa foi par la faculté de médecine de Reims et par des savants étrangers. Car la réputation du champagne a franchi les frontières.

             Pour se remettre d'un accouchement

Citons parmi eux un lord anglais, sir Edward Barry, qui souligne en 1775, dans Observations, Historical, Critical and Medical on the Wines, qu'ils sont «légers et généreux, ne donnent ni la goutte, ni la maladie de la pierre» (pathologie plus connue aujourd'hui sous le nom de calculs rénaux)... Ou le docteur Loebenstein-Loebel, professeur à la faculté de médecine d'Iéna (Allemagne), qui note dans son Traité sur l'usage et les effets des vins dans les maladies dangereuses (1817), qu'«au moyen de sa matière sucrée et de son gaz acide carbonique, le vin de Champagne produit un excellent effet de digestion... Il ramène le calme et la gaîté chez les malades tristes et hypocondres». Même diagnostic pour le Dr Joseph Roques, en 1821, dans sa Phytographie médicale, qui vante les vertus du champagne effervescent et de tous les vins chargés d'acide carbonique pour «réveiller l'action de l'estomac, exciter les facultés mentales, inspirer l'allégresse et une douce gaîté». Mais tous de s'accorder sur la nécessité de faire usage des meilleurs crus et de les consommer avec modération, l'excès leur faisant perdre toutes les propriétés bienfaisantes.
À la fin du XIXe siècle, le vin aux bulles d'or a donc toute sa place dans la pharmacopée populaire. Au point d'être parfois étiqueté «Clos de jouvence», «Champagne hygiénique» voire «Tisane des convalescents». Et, consécration s'il en est, il entre dans les pharmacies des établissements de santé. «Lors de la Première Guerre mondiale, les grandes maisons tirent gloire et parti d'être les fournisseurs des hôpitaux civils et militaires», raconte le Dr Tran Ky, auteur d'un ouvrage sur Les Vertus thérapeutiques du champagne (éd. Artulen). Et il se dit que le breuvage a été de grand soutien pour maintenir le moral des troupes et réconforter les blessés. En effet, les vertus stimulantes et reconstituantes de ce remontant effervescent sont des plus reconnues. Le remède était régulièrement administré (à dose très modérée) aux opérés mais aussi aux femmes qui venaient d'accouche. Qui oserait prescrire pareil traitement aujourd'hui dans les cliniques et hôpitaux?

          Les bienfaits suractivés des polyphénols

De fait, la médecine ancienne était empirique et relevait de l'observation. Qu'en est-il aujourd'hui à l'aune d'une médecine moderne, plus pointilleuse et plus circonspecte? Le champagne est un alcool et contient par conséquent de l'éthanol, toxique à haute dose. Ce principe étant posé, plusieurs recherches, faisant suite à la fameuse étude sur le «French paradox» du Pr Serge Renaud en 1991, ont toutefois démontré les propriétés protectrices d'une consommation modérée de vin contre les maladies cardio-vasculaires, mais également contre certains cancers et les maladies neurodégénératives. Et la biologie moléculaire a percé les secrets du vin. Les vignes et raisins recèlent des polyphénols aux qualités antioxydantes et bénéfiques. «Or, explique le Dr Tran Ky, le champagne contient 440 variétés de polyphénols, dont le fameux resvératrol, qui permet à la vigne de résister aux parasites. Le champagne est issu de trois cépages, deux noirs, le pinot noir et pinot Meunier, et un blanc, le chardonnay. Si les polyphénols sont en moindre quantité que dans certains vins rouges, leur effet est suractivé par la double fermentation qui caractérise la fabrication du champagne.»
Récemment, en 2009, une étude menée par Jeremy Spencer, chef du département des Sciences de la nutrition et des aliments de l'Université de Reading (GB) et publié dans British Journal of Nutrition, affirme qu'un à deux verres de champagne par jour diminuent le risque de subir un accident vasculaire cérébral ou des problèmes cardiaques. Les polyphénols participent à l'amélioration du fonctionnement des vaisseaux sanguins en favorisant la circulation du sang, en diminuant la pression artérielle et la probabilité de formation de caillots. Pour ce scientifique, la consommation modérée de champagne a les mêmes effets bénéfiques que ceux observés avec le vin rouge. Une étude qui mériterait confirmation par les laboratoires français qui, pour le moment, s'intéressent plutôt à la dynamique de l'effervescence des vins champenois. Un phénomène qui a toutefois son importance, tant il participe à la magie de cet élixir si particulier. Les amateurs aiment à regarder les évanescentes bulles d'or jaillir par myriades des parois des coupes et flûtes, et à les entendre pétiller. Ce spectacle contribue aussi à son effet euphorisant en éveillant











Loin des objets réels, loin du monde rieur,





Photo, Francisco Rivero



Comme quelqu´un qui cherche en tenant une lampe,
Loin des objets réels, loin du monde rieur,
Elle arrive à pas lents par une obscure rampe
Jusqu´au fond désolé du gouffre intérieur ; [...]

" Tristesse d´Olympio ", Les Rayons et les Ombres, XXXIV


















" L'âge d'or des cartes marines...



- Quand l'Europe découvrait le monde "



Planche du Brésil, début XVIe siècle.
Planche du Brésil, début XVIe siècle. Crédits photo : BnFdépartement des Cartes et plans

Belles à défaut d'être justes, 80 cartes marines anciennes racontent la conquête du monde.

Pendant cinq siècles, des Européens ont conquis le monde et l'ont dessiné. Jusqu'à fin janvier, la BnF expose 80 cartes marines exceptionnelles, aussi appelées portulans (de l'italien portolano), montrant un art fascinant de la carte. Faux évidemment, mais somptueux: les portulans servirent tout autant d'aide à la navigation que de décoration. Joignant l'utile au prestigieux, elles furent images d'histoire autant qu'images scientifiques. À l'entrée de l'exposition, une bande-son invite au voyage: crissement des mâts, cri de mouettes et bruit de vagues. L'esprit flottant, on peut alors regarder les vieux parchemins, représentant des côtes marines, des noms de terres inconnues et une représentation de l'autre monde. Dont la plus ancienne carte occidentale, qui daterait du XIIIe siècle, dénommée carte pisane.

Au départ centré sur et autour de la Méditerranée, l'art de la carte s'envole avec les grandes découvertes et la conquête du Nouveau Monde. Les Portugais et les Espagnols ouvrent la voie, dépassés un jour par les Hollandais et les Anglais. La conquête du monde fut aussi une histoire de rivalités entre les puissances maritimes. Chacun contribue au savoir de l'autre monde, mais ne résiste pas à la tentation de se mettre au centre de tout. Pour la Hollande, le Sud est au Nord, et vice versa: difficile de lire aujourd'hui les documents qu'ils produisent! Mais leur force réside souvent ailleurs. Une partie de ces cartes sont de véritables œuvres d'art, enluminées d'or, décorées de peuples lointains et d'animaux féroces.

Les marins se servaient des cartes à bord, mais ils ne les dessinaient pas. La cartographie est un art maîtrisé sur la terre ferme, à Lisbonne, Gênes, ou Marseille. Au départ, les portulans servent à repérer les côtes et les dangers, et dessinent les contours de l'inconnu. On se sert de boussoles et de roses des vents: la longitude mettra longtemps à faire son apparition. Les cartes donnent une succession de ports, dont le nom est inscrit perpendiculairement, le long des côtes, tandis que les distances en mer sont indiquées grâce à des lignes, dites lignes de rhumb. La complexité viendra plus tard, au fil des découvertes. Les côtes américaines apparaissent petit à petit, ainsi que celles des Indes.

Mais les cartes ne sont pas que des aides à la navigation pour Magellan ou Christophe Colomb. Elles sont aussi une affaire d'État et de géopolitique. Miroirs de la conquête de l'ailleurs, les portulans servent à afficher son prestige. Certains parchemins, à la taille spectaculaire, servirent de décors dans les bureaux des grands de ce monde. Univers exotique, rehaussé de dessins de rois, d'indigènes ou de perroquets - comme cette carte issue de l'atlas Miller, réalisée pour le roi du Portugal au début du XVIe siècle -, elles permettaient de méditer sur les conquêtes, le monde et son infinité.

«L'âge d'or des cartes marines - Quand l'Europe découvrait le monde». BnF, site François-Mitterrand, jusqu'au 27 janvier














lundi 24 décembre 2012

Maison de Victor Hugo. Paris




Les aspects d´un mythe.






Maison de victor Hugo
6, place des Vosge - 75004 Paris 



Je ne veux habiter la cité des vivants
Que dans une maison qu´une rumeur d´enfants
Fasse toujours vivante et folle.
Les Feuilles d´automnes, XV















vendredi 21 décembre 2012

La lumière de la terre au Louvre



Il n' y a rien de mieux que de se plonger dans les dernier jour du monde ou commence le solstice de hiver. 
La lumière, La lumière de la terre.





















jeudi 20 décembre 2012

Le noir et la lumière...




de Pierre Soulages à Lyon











"Soulages XXIe siècle", le musée des Beaux-Arts de Lyon présente jusqu'au 28 janvier 2013 un ensemble d'œuvres récentes de Pierre Soulages. A presque 93 ans, ce géant de l'abstraction, continue de creuser le sillon du noir et de l'"outrenoir", et de ses multiples lumières. L'exposition révèle au public une série de 26 peintures réalisées entre 2000 et 2012. Avant l'ouverture d'un musée à son nom à Rodez en 2013, Pierre Soulages continue de tisser une saga picturale, nourrie du noir et de son histoire depuis la préhistoire.






Pierre Soulages dans son atelier à Sète © ADAGP V
Pierre Soulages, notre grand peintre du noir et de l'outrenoir, terme qu'il invente en 1979 pour évoquer ses recherches sur la couleur noire et sa lumière qui envahit ses toiles, s'apprête à fêter ses 93 ans, le 24 décembre prochain. Sa jeunesse mentale et sa créativité toujours à l'œuvre sont admirables. Le voici à Lyon au musée des Beaux-Arts ensuperstar du noir dans une déclinaison variée en 26 toiles récentes, celles réalisées depuis 12 ans dont quelques unes totalement inédites. Elles viennent s'ajouter aux sept toiles de 1991 visibles au 2e étage et prêtées par l'artiste et aux trois œuvres acquises début 2012. 40 000 personnes ont déjà visité l'exposition.
"La lumière vient du noirc'est la couleur d'origine de la peinture", aime à dire Pierre Soulages
Ce bel homme à la stature de rugbyman, est toujours en train de penser à la prochaine toile, quand il ne supervise pas ses expositions en France et à l'étranger. Alors que le Centre Pompidou lui a rendu un immense hommage dans une rétrospective généreuse et abondante en 2009, lemusée Soulages à Rodez qui sera consacré à son œuvre gravé  - une donation de 500 pièces - mais aussi à des artistes vivants, prépare son ouverture courant 2013.
Pierre Soulages, Peinture 181x405 cm, 12 avril 2012, Acrylique sur toile © Collection particulière. ADGP. V
Après un long compagnonnage avec la peinture à l'huile, Pierre Soulages peint aujourd'hui à l'acrylique, et le noir qu'il dépose en couches épaisses et triture avec de multiples outils sur ses toiles, est associé à d'autres couleurs. Sa couleur de prédilection "va à leur rencontre", souligne-t-il. Tableaux avec du blanc, avec des juxtapositions de surfaces lisses et en relief, tableaux marqués, striés, toiles avec collages, ou avec plusieurs variétés de noir. Ces nouvelles expériences picturales, que le visiteur découvre dans une scénographie éblouissante au service du noir, "la plus intense des couleurs" - notamment un mur impressionnant de quatre toiles noires sur un mur noir, sans éclairage, simplement illuminées par un mur blanc en face - conduisent le spectateur à faire l'expérience d'"une lumière qui émane du noir lui même". Les titres des œuvres, le terme Peinture suivi des dimensions et de la date de réalisation du tableau, témoignent de la même constance, de la même rigueur chez Pierre Soulages. C'est ce que je fais qui m'apprend ce que je cherche" répète souvent le grand peintre du noir.
Dès ses premières toiles en 1947, ce farouche indépendant des modes et des courants, décline sa vision nourrie des traumatismes de la guerre et de sa passion remontant à l'enfance pour des formes abstraites. A dix ans déjà, le lycéen de Rodez traçait à l'encre des traits noirs sur des feuilles de papier blanc en disant à ses amis qu'il faisait un paysage de neige...C'est dans l'abbatiale cistercienne de Conques que le jeune homme fasciné, décide de consacrer sa vie à créer des œuvres devant lesquelles, dit-il, "on se met à parler à voix basse". Influencé par le rythme et la lumière de deux dessins,  un paysage de la campagne romaine de Claude Lorrain et une femme à demi-couchée de Rembrandt,Soulages n'a jamais cessé depuis de faire la lumière par sa peinture. Depuis 20 ans son instrument n'est pas le noir, mais la lumière réfléchie par le noir, l'outrenoir, ce qui fait dire au romancier Joseph Delteil que " le peintre en ne se servant presque uniquement que du noir et du blanc, a pris la peinture par les cornes, c'est à dire par la magie"..."
Pierre Soulages, Peinture 130 x 130 cm, 6 mars 2012. Acrylique sur toile© Collection particulière, ADAGP.V. Cunillère
Découvrez la magie Soulages au musée des Beaux-Arts de Lyon jusqu'au 28 janvier 2013. L'exposition Soulages XXIe siècle réconcilie l'homme avec l'homme.