Regard livre dans la limite des emotions disponible...
Oeuvres de styles et de tecniques souvente divers. Ilustre les nombreuses possibilites offertes por lárt graphiques medium oú s´affirme mon imaginaire.
" Paysage de Santiago de Cuba " Sérigraphie 25 x 18 cm. Francisco Rivero
Autor: Michel Porcheron Fuente: CUBARTE 09 , Mars 2012
« Eblouissant ». Quel est ce livre « éblouissant » dont parle Charles Dinje, chargé de la Page Livres de l’Amateur de Cigare (mars-avril 2012, 6,50 euros), la bible du cigare ? Un roman inédit, un livre pratique sur le havane, un beau livre sur Cuba ? Non. D’une œuvre majeure du grand anthropologue cubain Fernando Ortiz, parue en 1940 et traduite pour la première fois en français !
Ce livre « éblouissant », s’il n’est pas un livre de plus sur le cigare ou le tabac, étudie de manière magistrale, comme personne ne l’a fait, le tabac (tabaco) à Cuba, en le considérant avec le sucre comme composantes de l’identité cubaine. Il est un livre fondamental pour comprendre le cigare cubain, dit-on chez les aficionados a los habanos. D’où la chronique de Charles Dinje. Controverse cubaine entre le tabac et le sucre de Fernando Ortiz (La Havane, 1881-1969) est la traduction de Contrapunteo cubano del tabaco y el azucar, paru pour la première fois à Cuba en 1940 et réédité (augmenté) par le Consejo nacional de Cultura en 1963 (La Habana, 540 p, avec une introduction de Bronislaw Malinowski, datée Yale University, julio 1940).
Traduit pour la première fois en français (par Jacques-François Bonaldi) et coordonné par Jérôme Poinsot, cet ouvrage est publié par les Editions Mémoire d´encrier (712 p., 30 euros, Montréal, Québec). Il avait été traduit en anglais en 1995.
Que dit Charles Dinje ? : « Il a fallu attendre près de cinquante ans pour que cet ouvrage fondamental soit enfin traduit en français. Ethnologue, anthropologue, homme de sciences universel et humaniste, le Cubain Fernando Ortiz a écrit cette Controverse en 1940 puis l´a augmentée de deux cents pages en 1963.
Il y analyse l´évolution historique du tabac et du sucre à Cuba en fonction des forces sociales en jeu — paysans libres pour le tabac, main-d’œuvre surexploitée pour le sucre — et en tire les conséquences, lumineuses, pour le devenir de son île. Éblouissant ».
Il conclut par un seul qualificatif. Mérité. Il fait ainsi le choix d’éviter quelques additifs comme « livre ardu », « à la lecture exigeante », « pour lecteurs motivés », etc. N’est-on pas en présence d’un travail d’anthropologue et de plus portant sur un pays dont la période historique étudiée n’est pas familière au lecteur francophone ? Ce qui n’enlève rien à l’appréciation de Charles Dinje.
Pour surmonter une lecture parfois escarpée, une recommandation serait, « oubliant» l’anthropologique, de considérer cette Controverse dès la première page, comme une formidable histoire totale, résultat puissamment synthétique de l’immense culture encyclopédique de l’auteur et de ses connaissances dans tous les domaines concernés. Ce choix pragmatique donne le la de la lecture, d’une lecture continue. Comme quand on parvient à lire aujourd’hui chaque livre – éblouissant- de Umberto Eco.
Enfin fallait-il choisir, pour une première traduction destinée aussi au marché français, cet ouvrage majeur dans l’œuvre de Fernando Ortiz ? Ou plutôt un livre plus facile d’accès ? D’autant plus qu’il existe à Cuba des éditions modernes de l’œuvre de F. Ortiz par thème, la musique, le peuple cubain, la « cubanidad », etc. Seul l’éditeur –canadien- a la réponse.
Quelle que soit l’intention de Mémoire d’encrier, Contrapunteo…en français constitue un évènement dans le monde éditorial.
A la sortie du livre, les Editions Mémoire d’encrier ont souligné que Controverse cubaine entre le tabac et le sucre représente une histoire du monde vue de Cuba. Une histoire du monde conçue à partir de l’histoire de deux produits : le tabac et le sucre. La route du tabac et du sucre serait également celle du monde.
« Avec Controverse cubaine entre le tabac et le sucre, Don Fernando Ortiz offre le grand livre de Cuba publié pour la première fois en français.
« Il a parfois été salué comme un pionnier des études africanistes, mais il a été plus que ça: il a été le Maître. Plus qu´un grand homme de science, il a été quelqu´un qui a mis la science au service de sa patrie, de l´humanité et des relations entre l´Afrique et l´Occident. La présence de Fernando Ortiz nous dominera toujours par sa volonté d´amour des hommes. Roger Bastide.
« Peu d’hommes ont consacré une aussi longue période de vie à un idéal de solidarité et de fraternité humaines que Fernando Ortiz ». Jean Price-Mars.
Vous avez entre vos mains un ouvrage monumental, dit encore l’éditeur. Fernando Ortiz est le premier à expliquer l’identité cubaine par la route du tabac et du sucre. Par le concept de transculturation, (1) Ortiz a pu confronter données historiques et démographiques à des considérations géographiques. Il les a intégrées dans un ouvrage qui, inspiré d’une forme dialogique issue de la musique cubaine, propose une expérience de la diversité et de la traversée des cultures ».
Par le concept de transculturation [processus par lequel une communauté emprunte certains matériaux à la culture majoritaire pour se les approprier et les refaçonner à son propre usage], Don Fernando Ortiz explique l’enchevêtrement des cultures européennes et africaines, en même temps que la nouveauté et l‘originalité du produit culturel qui en a découlé. Fernando Ortiz a été le premier à interroger l’identité cubaine et la part nègre qui la constitue. L’ouvrage offre aussi l’occasion de pénétrer dans les mentalités et les imaginaires de ces deux composantes de l’identité cubaine.
La biographie de l´auteur en neuf lignes
Fernando Ortiz Fernández, né le 16 juin 1881 et mort le 10 avril 1969 à La Havane, est le plus important ethnologue et anthropologue cubain. Il est souvent désigné comme le troisième « découvreur » de l’Amérique, après Christophe Colomb et Alexandre von Humboldt, en raison de l’abondance et de l’importance de ses recherches. Son œuvre est considérable.
Considéré comme le plus important de sa spécialité, il a appliqué son concept de transculturation (néologisme qu’on lui attribue et devenu cher aux Canadiens particulièrement) au contexte culturel de la société coloniale cubaine pour expliquer l´émergence et la constitution historique de la nationalité cubaine.
Le tabac, le sucre, le sucre, le tabac
On lit sur le site lettresdemontreal, quelques éléments résumant clairement la recherche de F. Ortiz : « La culture du tabac, plante originaire d’ailleurs des îles antillaises, était un produit authentiquement cubain, entouré d’un savoir-faire qui remontait aux communautés aborigènes. La canne à sucre par contre était le résultat de l’importation botanique d’autres continents, et de même pour la main d’œuvre qui fut d’abord les esclaves africains et après les braceros antillais. Fernando Ortiz considérait que la canne à sucre était également responsable du latifundium et de l’implantation du capitalisme sauvage à Cuba, donc élément gênant et perturbateur de l’identité cubaine à long terme.
Nous pouvons être ou pas être d’accord avec le critère d’Ortiz concernant la critique de la canne à sucre comme élément désintégrateur de l’identité cubaine, en tout cas, il tenait en compte l’identité cubaine de son époque, de l’époque à laquelle il avait écrit son livre, et je crois, comme historien, qu’il avait pas mal de raisons pour penser comme cela.
Il ne faut pas oublier qu’il écrit cet ouvrage à la fin des années 1930 et le publie en 1940. La situation de dépendance économique, politique et militaire de Cuba vis-à-vis des États-Unis pendant la première partie de ce siècle fût «légendaire».
Dans la Cuba de cette époque, les politiciens souvent au service de Washington et de leurs intérêts personnels répétaient comme un cliché : « sin azúcar no hay país » (« sans sucre il n’y a pas de pays »), donc on peut comprendre l’aversion que, pour des intellectuels nationalistes comme Ortiz, pouvait générer l’analyse de l’industrie sucrière dans le contexte de notre histoire identitaire.
Ce qui rend important l’analyse d’Ortiz, en dehors de ces circonstances, c’est le fait qu’il lie les questions identitaires cubaines et antillaises au monde du travail et des deux principaux produits d’exportation des îles : le tabac et le sucre. C’est dans l’échange culturel inhumain, cruel, contradictoire et néanmoins dialectique, que va se construire une identité locale d’abord, et peu à peu nationale dans chacune des îles de la Méditerranée américaine »
Note :
(1)- L’auteur français Jean Lamore a signé « FERNANDO ORTIZ AUX SOURCES DE LA TRANSCULTURATION, ET LA GÉNÉRATION DES ANNÉES TRENTE À CUBA », dans l’ouvrage collectif Elites et intelligentsias dans le monde caraïbe.
Os símbolos têm um papel importante na história, são uma expressão da poesia, e sem poesia não se pode explicar os mistérios. A virgem da Caridade do Cobre é como a plenitude: tem que haver justiça primeiro e caridade sempre.
Les symboles jouent un rôle important dans l' histoire ils sont une des expressions de la poésie, et sans poésie, les mystéres sont inexplicables. La Caridad c' est comme la plénitude. D' abord, il faut la justice, et la charité toujours.
Le cubains réservent un accuel trionphal à Benoît XVI
Lundi 26 mars, le pape abordera les rivages de Cuba. Dans l’avion, il a tenu à souligner " l’absolue continuité " qui le lie à Jean-Paul II, qui avait appelé, il y a quatorze ans, " Cuba à s’ouvrir au monde et le monde à s’ouvrir à Cuba ". Depuis, s’est ouvert " un long chemin de dialogue, constructif, qui demande de la patience ".
« Sacrificio en la encrucijada » (Sacrifice dans le croisement) est le titre de la plus récente exposition du plasticien Alexis Leyva Machado (Kcho), un des créateurs cubains les plus reconnus internationalement actuellement.
Lors d’une conférence de presse, l´artiste a déclaré comment, après avoir été lié à des projets d´ordre communautaire durant les dernières années – dans de nombreux cas éloignés de l´art –, il a senti la nécessité de présenter un rétrospective de ses œuvres les plus notables en recréant les origines de chacune des pièces. En outre, en se référant à cette nouvelle expo, il a exprimé : « L´exposition que je n´ai jamais faite ».
« Je n´avais pas pensé à la nécessité de faire une exposition comme Sacrificio en la encrucijada à Cuba. Kcho est un écho, les personnes ne connaissent pas vraiment mon travail. Jusqu´à ce moment, je n´avais pas eu l´occasion de pouvoir partager une expo de cette envergure avec les Cubaines et les Cubains. J’ai l´intention que cet écho se transforme une autre chose chez les personnes et qu’elles puissent voir d´où viennent mes idées, comment je les construis, quelle est leur origine. »
L´exposition est composée de dessins, de sculptures et d´installations ; un ensemble de douze créations réalisées en majorité de 2004 jusqu´à ce jour. Entre elles nous soulignons la pièce Memoria construida (Mémoire construite), comptant les cahiers utilisés par l´artiste pour concrétiser les idées qu´il transforme ensuite en pièces d´art.
« La forme la plus primaire de ma création est là, dans les cahiers. Il y a des cahiers de la période comprise entre 1989 et 2012, où les visiteurs pourront suivre l´origine de chaque œuvre, leur façonnement final et la relation existante entre toutes. »
On souligne aussi certaines œuvres très connues comme L’histoire comme un carrousel qui apparaît dans l´obscurité (de l´expo Point de Rencontre de la 10e Biennale de La Havane), Vit et laisse vivre (2006-2012), ainsi que les colossales pièces David et Phénix, les deux présentées pour la première fois en 2009.
Cette exposition est la consécration d´un nouvel espace de l´art, dans un des étages supérieurs du Grand Théâtre de La Havane, une des plus majestueuses constructions de La Havane.
« J’ai choisi ce lieu pour aider la culture cubaine, pour que cet espace commence à être identifié avec l´art. Les gens ne connaissent pas cet endroit comme un site pour une exposition. Il est central et il possède une grande énergie, bien que ce soit aussi un lieu très difficile à travailler, et j´ai aimé cette complexité. »
Kcho a commenté que, bien que l´exposition compte des pièces vues, celles-ci auront une nouvelle projection car elles font partie d´un discours spécial, adéquat à un espace très difficile par son imposante architecture, mais qui permet de penser et de sentir chaque œuvre, certaines avec une énorme force visuelle et énergétique.
« Sacrificio en la encrucijada » prédit un avant et un après dans la carrière du célèbre artiste : « Je pense que Sacrificio…, avec toute intention, marque un futur. À partir de cette exposition je suis convaincu que beaucoup de choses seront différentes ; ce qui reste est le futur. Il faut continuer à travailler, il faut continuer à croître ».
Alexis Leyva Machado (Île de la Jeunesse, 1970) a réalisé plus de 90 expositions personnelles et 200 collectives dans 35 pays. Son œuvre a été exhibée dans les principaux musées et les galeries du monde, et les plus importantes biennales ont choisi son travail. Ses œuvres intègrent d´importantes collections publiques et privées en Amérique du Nord, en Amérique Latine, en Europe, en Asie et en Afrique.
" Le français est une chance "
Le boulanger et le financier
Mon boulanger chantait du matin jusqu’au soir C’était merveille de l’entendre et de le voir, Son voisin au contraire, était tout cousu d’or, Chantait peu, dormait moins encor C’était un homme de finance Qui chaque jour entrait en transe Maudissant les ministres comme la Providence Qui lui volaient son or et l’accablaient d’ impôts.
Chez lui point de chanson mais une calculette. Plutôt que de chanter, sans cesse il programmait. Jamais il n’avait soupçonné que la vie put être autrement … Le pauvre financier pleurait devant ses pertes A la bourse, à la banque, il perdait tous ses gains. Un jour il fit venir en sa riche demeure Son boulanger rieur et chanteur de surcroit. " Or ça, mon cher ami, que gagnez-vous par an ? " lui demanda brutalement le financier rageur. " Par an ? Ma foi monsieur, s’étonna, naturel, le boulanger surpris, Ce n’est point ma manière de compter de la sorte. Je travaille et je vis, il suffit qu’à la fin J’attrape le bout de l’année. Chaque jour amène son pain ! " Le financier troublé s’en alla à la banque S’arrêta en chemin, - Ses malheurs aggravaient ses penchants pour le vin Et revint en sa demeure donner au boulanger Naïf et très heureux quelques pièces en or Qu’il lui confia, mutant son caractère De grippe-sous en dépensier. " Prenez ces cents écus : gardez-les avec soin Pour vous en servir au besoin. " L’histoire à cet endroit pourrait parvenir à sa fin Si l’homme du pétrin n’avait trouvé bientôt Bien trop lourd le fardeau. Il avait en effet avec tous les écus enterré son bonheur, son sommeil et la joie de chacun de ses jours. Plus de chants, il perdit sa voix Du moment qu’il gagna ce qui cause nos peines. Il eut pour hôte les soucis, les soupçons, les alarmes vaines ; Ses transports de gaieté et de joie d’autrefois Etaient mués en peine. Plus de songes, plus de rêves, plus d’utopies, plus de fiction Il perdait peu à peu la raison. Alors transi d’effroi par un soir de tristesse Il recouvra son âme et reprit les écus. En courant il alla chez l’homme de finance Et lui rendit son or. " Reprenez, lui dit-il, ce qui fait la richesse Je ne veux quant à moi que mes nobles chansons ! "