dimanche 4 août 2013

Mercado de Arte inusitada. Marche d' Art inattendu. Rio de Janeiro



Seu espaço de reinado está em contraposição ao vizinho Paço Imperial, nesse ângulo de ruas onde os destinos se cruzam ou se desencontram como o sal da vida.

Ali sentada em seu trono carioca, majestosa e elegante em sua nuvem de brancos encaixes e perfumada com fragrâncias do mar próximo e distante.

Em cada gesto seu toda a sabedoria de uma mulher plena que nos demonstra em apenas segundos a virtude de que seu acarajé é como o Brasil: um coração de açúcar e as vezes sem açúcar... delícia para os sentidos!

Obrigado Cida por sua presença neste lugar da Praça 15.

Bahia, terra da felicidade.
Noite de sexta-feira, 02 de agosto de 2013


www.acarajedacica.com.br
www.facebook.com/acarajedacica















Su espacio de reinado esta en contrapunto con el vecino Palacio Imperial en ese angulo de calles donde los destinos se cruzan o se desencuentran como la sal de vida.

Alli sentada en su trono carioca, majestuosa e elegante en su nube de blancos encajes y perfumada con las fragancias de la mar proxima y lejana.

En cada gesto suyo toda la sabiduria de una mujer plena nos demuestra en apenas segundos la virtud de que su acarajé es como Brasil : Un corazon de azucar e a veces sin azucar...
delicia para los sentidos ! 

Gracias Cida por su presencia en este lugar de la plaza 15.

Bahia tierra de la felicidades.
Noche del viernes 2 de agosto del 2013








Dialogar com a cidade. Dialogue avec la ville. Rio de Janeiro





Paço Imperial















Centro Cultural Paço Imperial

Espaço arquitetônico privilegiado, o Paço Imperial tornou-se, desde a sua restauração na década de 80, um Centro de Exposições e Eventos que preserva a memória histórica e incorpora as inovações de nossa cultura.
Construído em 1743, foi usado primeiramente como Casa dos Vice-Reis do Brasil. Com a chegada da corte de D. João VI ao Rio de Janeiro, e a elevação da colônia à condição de Reino Unido a Portugal e Algarves, o Paço se transformou em sede dos governos do Reinado e do Império.
Após a Proclamação da República, nele foram instalados os Correios e Telégrafos. Em 1938, foi tombado pelo Patrimônio Histórico e Artístico Nacional - IPHAN, e hoje é um dos marcos da história cultural do Rio de Janeiro.
Desde que o Paço Imperial se transformou em um lugar aberto a exposições e eventos culturais, a linha de atuação adotada encontra uma metáfora concreta na restauração feita entre 1982 e 1985, que mescla elementos originais do prédio com outros contemporâneos.
Convivem no Paço Imperial, em perfeita harmonia, Aleijadinho, Joseph Beuys, Maria Clara Machado, John Cage, os Rolling Stones, Helio Oiticica e Mestre Valentim.
No primeiro andar do prédio, está instalada a Biblioteca Paulo Santos. Formada por este historiador da arquitetura e do urbanismo, a Biblioteca reúne um acervo de 6 mil volumes e 200 títulos de periódicos, a maior parte deles especializados em arte e arquitetura luso-brasileiras.
As demais salas do prédio estão permanentemente abertas para exposições temporárias de artes plásticas, eventos teatrais, concertos musicais, clássicos e populares, assim como para palestras e seminários relacionados às temáticas das exposições realizadas.
No andar térreo, são oferecidos diversos serviços, com o mesmo rigor e qualidade de seus eventos culturais, que resgatam a tradição de trocas de serviços desse local.
Os livros registram que, no mesmo espaço atualmente ocupado pelas lojas, funcionava, no século XVII, o melhor ferreiro do Rio de Janeiro. A primeira planta em escala da cidade, feita em 1713, assim como os vestígios arqueológicos revelam que no Paço Imperial funcionaram ainda a Casa da Moeda e o Armazém del Rei.
Endereço: Praça XV de Novembro, nº 48 - Bairro Centro 
Cidade: Rio de Janeiro - RJ 
CEP: 20.010-010 
Telefone(s): (21) 2215-2622, 2533-4207 , 2533-7762 . 2533-0964 e 2533-440  Fax: (21) 2533-4359 e 2533-6613 
Email Geralpaco@pacoimperial.com.br 
Sitehttp://www.pacoimperial.com.br


 Le Palais impérial de Rio de Janeiro ( en portugais : Paço Imperial) est un palais de style colonial  situé sur l'actuelle Praça XV, dans le cœur historique de Rio de Janeiro, au Brésil.
Construit au XVIIIe siècle pour servir de résidence aux gouverneurs de la capitainerie de Rio de Janeiro, le palais devient ensuite la résidence des vice-rois du Brésil, puis du roi Jean VI de Portugal  et enfin des empereurs du Brésil . Aujourd'hui, le palais abrite un centre culturel.













Lire la ville. Ler a cidade. Rio de Janeiro



Anjos, Ícaros, Pégasos, Quetzalcoatl...
Entardecer imaginário e sustentável depois de terminada a jornada de trabalho




























L'"affiche en regard" présentée par Gérard Paris-Clavel








Penser un monde nouveau, Gérard Paris-Clavel l'a mis en oeuvre tout au long de ses travaux de graphiste social, d'abord avec le collectif Grapus, dont il fut l'un des membres de 1970 à 1989, avec Pierre Bernard, François Miehe, Jean-Paul Bachollet et Alex Jordan, puis actuellement au sein de l'association Ne Pas Plier. C'est dans ce cadre qu'il a travaillé avec l'Apeis (un aperçu ici).









Jean Jaurès et la modernité de sa pensée et de ses engagements.




Le café du Croissant, 146 rue Montmartre à Paris.





«Ils ont tué Jaurès ! » Ce cri, lancé le soir du 31 juillet 1914 à Paris, dans la salle du café du Croissant, sis au 146, rue Montmartre, ne cesse de répercuter son écho. Repris par la foule qui s’était amassée devant le lieu où était tombé, sous les balles d’un militant d’extrême droite, le fondateur et directeur de l’Humanité, il fera bientôt le tour du globe terrestre avec ce corollaire : « C’est la guerre. »

Déflagration guerrière
De Londres à Tokyo en passant par Bruxelles, Berlin et Saint-Pétersbourg, la mort du leader français de l’Internationale ouvrière, fondée sous l’égide de Friedrich Engels en 1889, marquait en effet la mise en berne du drapeau internationaliste que l’association avait jusque-là opposé à un conflit voulu depuis plusieurs années par les grandes nations capitalistes, opposées sur les terrains coloniaux européens, africains et asiatiques. Jaurès assassiné, le principal rempart militant et intellectuel de l’association à la montée du péril de la déflagration guerrière qui allait se déclencher dans les jours qui suivirent, mis à bas, la plupart des dirigeants socialistes, abandonnant la stratégie de grève générale défendue contre la guerre, rallient les unions sacrées.
Le chemin de la confrontation, qui devait être court, s’embourbera pendant quatre ans, faisant des millions de morts dont plus de la moitié civils. La comparaison de la Première Guerre mondiale avec la Peste noire du Moyen Âge est-elle exagérée? Le fait est qu’avec elle, l’humanité entrait en grand dans une modernité « suant le sang et la boue par tous les pores » et que le véritable signal du déclenchement de la « boucherie » fut lancé le soir du 31 juillet 1914. De sa « brutalisation » et de la mise en sommeil de sa raison surgiront de nouveaux « monstres » et « caprices ». Ses rescapés tentèrent d’oublier pour vivre. En 1944, en France, ils proclamèrent les « jours heureux », qui étaient appelés des vœux de Jaurès. Face à ceux qui entendent les « défaire méthodiquement », à pas feutrés ou avec fracas, l’Humanité appelle à se souvenir, pour l’année qui vient, et ceci « au-delà du souffle d’un soupir », de l’œuvre et de l’action de celui dont l’assassinat, il y a 99 ans, marquait la tentative d’emporter l’esprit de résistance, de tolérance, de socialisme, de démocratie et de progrès qu’il incarnait.
Aller à l'idéal
Dans son Histoire socialiste, Jaurès, qui entendait se placer « sous la triple inspiration de Marx, Michelet et Plutarque », paraphait : « Je suis avec Robespierre et c’est avec lui que je vais m’asseoir aux Jacobins. » Il écrivait sur la Révolution française et inscrivait, 114 ans après la prise de la Bastille, son combat dans la continuité de son action. Souci d’héritage? De fidélité, plutôt. La table est ouverte pour qui veut, ce mercredi 31 juillet, à 11 heures, avec Jaurès, s’asseoir au Croissant. Mais c’est pour parler de Jaurès au présent et en présence de Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité. Le café du Croissant, à deux pas des premiers locaux du journal, est un de ces lieux qui jouent un vilain tour aux bourreaux et aux assassins de ceux qui payèrent de leur vie leur soif d’« aller à l’idéal », mais aussi à ceux qui prétendent avoir oublié le « cap » fixé : c’est la force d’espérance qu’ils portent qui réalise l’humanité dans l’histoire et c’est elle seule qui résonne éternellement.


Il y a 99 ans, le 25 Juillet 1914, à Lyon Vaise, l'ultime discours de Jean Jaurès contre la guerre, cinq jours avant son assassinat



25 Juillet 1914 : à Vaise, l’ultime discours
de Jaurès contre la guerre, cinq jours
avant son assassinat


Cinq jours avant son assassinat, Jaurès vient à Lyon, le 25 Juillet 1914, aider Marius Moutet qui
sollicite les électeurs de Vaise pour un mandat de député. Il vient donc le soutenir mais, dans son
désarroi, notre tribun oublie cette tâche, pour crier le mélange de tristesse, d’angoisse et
d’espérance qui l’étreint à la veille de la guerre : cette guerre qui se profile, et qui, il le sait, va
écraser toute une jeunesse et avec elle une partie de l’espérance des peuples. Dans un souci
pédagogique, Jean Jaurès expose à son auditoire certaines des causes du conflit mondial qui
s’annonce, et l’engage à tout faire pour s’opposer à cette guerre. Cela va devenir un véritable
texte de référence à contre-courant.
« Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage ! »
Voici donc le dernier discours de Jean Jaurès, et celui-ci fut prononcé dans une salle de LyonVaise pleine à craquer, salle au 51 de la rue de Bourgogne qui n’existe plus aujourd’hui ; il n’y a
plus qu’une plaque pour le garder en mémoire.
Cinq jours après, Jaurès était assassiné au café du Croissant, à Paris. Trois jours plus tard, la
guerre était déclarée... et les socialistes faisaient tout le contraire des propos qu’avait prônés
Jaurès.
------------------------------------------------------------------------------------------------------------
« Citoyens,
Je veux vous dire ce soir que jamais nous n’avons été, que jamais depuis quarante ans l’Europe n’a
été dans une situation plus menaçante et plus tragique que celle où nous sommes à l’heure où j’ai la
responsabilité de vous adresser la parole.
Ah ! citoyens, je ne veux pas forcer les couleurs sombres du tableau, je ne veux pas dire que la rupture
diplomatique dont nous avons eu la nouvelle il y a une demi-heure, entre l’Autriche et la Serbie, signifie
nécessairement qu’une guerre entre l’Autriche et la Serbie va éclater et je ne dis pas que si la guerre éclate
entre la Serbie et l’Autriche le conflit s’étendra nécessairement au reste de l’Europe, mais je dis que nous
avons contre nous, contre la paix, contre la vie des hommes à l’heure actuelle, des chances terribles et
contre lesquelles il faudra que les prolétaires de l’Europe tentent les efforts de solidarité suprême
qu’ils pourront tenter.

Citoyens, la note que l’Autriche a adressée à la Serbie est pleine de menaces et si l’Autriche envahit le territoire slave, si les Germains, si la race germanique d’Autriche fait violence à ces Serbes qui sont une partie
du monde slave et pour lesquels les slaves de Russie éprouvent une sympathie profonde, il y a à craindre et à
prévoir que la Russie entrera dans le conflit, et si la Russie intervient pour défendre la Serbie, l’Autriche
ayant devant elle deux adversaires, la Serbie et la Russie, invoquera le traité d’alliance qui l’unit à
l’Allemagne et l’Allemagne fait savoir qu’elle se solidarisera avec l’Autriche. Et si le conflit ne restait pas
entre l’Autriche et la Serbie, si la Russie s’en mêlait, l’Autriche verrait l’Allemagne prendre place sur les
champs de bataille à ses côtés.
Mais alors, ce n’est plus seulement le traité d’alliance entre l’Autriche et l’Allemagne qui entre en jeu, c’est
le traité secret mais dont on connaît les clauses essentielles, qui lie la Russie et la France et la Russie dira à
la France : « J’ai contre moi deux adversaires, l’Allemagne et l’Autriche, j’ai le droit d’invoquer le traité
qui nous lie, il faut que la France vienne prendre place à mes côtés. » A l’heure actuelle, nous sommes peut-
être à la veille du jour où l’Autriche va se jeter sur les Serbes et alors l’Autriche et l’Allemagne se jetant sur
les Serbes et les Russes, c’est l’Europe en feu, c’est le monde en feu.
Dans une heure aussi grave, aussi pleine de périls pour nous tous, pour toutes les patries, je ne veux pas
m’attarder à chercher longuement les responsabilités. Nous avons les nôtres, Moutet l’a dit et j’atteste
devant l’Histoire que nous les avions prévues, que nous les avions annoncées ; lorsque nous avons dit que
pénétrer par la force, par les armes au Maroc, c’était ouvrir l’ère des ambitions, des convoitises et des
conflits, on nous a dénoncés comme de mauvais Français et c’est nous qui avions le souci de la France.
Voilà, hélas ! notre part de responsabilités. Et elle se précise, si vous voulez bien songer que c’est la question de la Bosnie-Herzégovine qui est l’occasion de la lutte entre l’Autriche et la Serbie et que nous,
Français, quand l’Autriche annexait la Bosnie-Herzégovine, nous n’avions pas le droit ni le moyen de lui
opposer la moindre remontrance, parce que nous étions engagés au Maroc et que nous avions besoin de nous
faire pardonner notre propre péché en pardonnant les péchés des autres.
Et alors notre ministre des Affaires étrangères disait à l’Autriche : « Nous vous passons la BosnieHerzégovine, a condition que vous nous passiez le Maroc » et nous promenions nos offres de pénitence de
puissance en puissance, de nation en nation, et nous disions à l’Italie : « Tu peux aller en Tripolitaine, puisque je suis au Maroc, tu peux voler à l’autre bout de la rue, puisque moi j’ai volé à l’extrémité. »
Chaque peuple paraît à travers les rues de l’Europe avec sa petite torche à la main et maintenant voilà
l’incendie. Eh bien ! citoyens, nous avons notre part de responsabilité, mais elle ne cache pas la responsabilité des autres et nous avons le droit et le devoir de dénoncer, d’une part, la sournoiserie et la brutalité de la
diplomatie allemande, et, d’autre part, la duplicité de la diplomatie russe. Les Russes qui vont peut-être
prendre parti pour les Serbes contre l’Autriche et qui vont dire : « Mon cœur de grand peuple slave ne supporte pas qu’on fasse violence au petit peuple slave de Serbie. » Oui, mais qui est-ce qui a frappé la Serbie
au cœur ? Quand la Russie est intervenue dans les Balkans, en 1877, et quand elle a créé une Bulgarie, soidisant indépendante, avec la pensée de mettre la main sur elle, elle a dit à l’Autriche : « Laisse-moi faire et
je te confierai l’administration de la Bosnie-Herzégovine. » L’administration, vous comprenez ce que cela
veut dire, entre diplomates, et du jour où l’Autriche-Hongrie a reçu l’ordre d’administrer la BosnieHerzégovine, elle n’a eu qu’une pensée, c’est de l’administrer au mieux de ses intérêts.
Dans l’entrevue que le ministre des Affaires étrangères russe a eu avec le ministre des Affaires étrangères de
l’Autriche, la Russie a dit à l’Autriche : « Je t’autoriserai à annexer la Bosnie-Herzégovine à condition que
tu me permettes d’établir un débouché sur la mer Noire, à proximité de Constantinople. » M. d’Ærenthal a
fait un signe que la Russie a interprété comme un oui, et elle a autorisé l’Autriche à prendre la BosnieHerzégovine, puis quand la Bosnie-Herzégovine est entrée dans les poches de l’Autriche, elle a dit à
l’Autriche : « C’est mon tour pour la mer Noire. » - « Quoi ? Qu’est-ce que je vous ai dit ? Rien du tout ! »,
et depuis c’est la brouille avec la Russie et l’Autriche, entre M. Iswolsky, ministre des Affaires étrangères de
la Russie, et M. d’Ærenthal, ministre des Affaires étrangères de l’Autriche ; mais la Russie avait été la complice de l’Autriche pour livrer les Slaves de Bosnie-Herzégovine à l’Autriche-Hongrie et pour blesser au
cœur les Slaves de Serbie. C’est ce qui l’engage dans les voies où elle est maintenant.
Si depuis trente ans, si depuis que l’Autriche a l’administration de la Bosnie-Herzégovine, elle avait fait du
bien à ces peuples, il n’y aurait pas aujourd’hui de difficultés en Europe ; mais la cléricale Autriche tyrannisait la Bosnie-Herzégovine ; elle a voulu la convertir par force au catholicisme ; en la persécutant dans ses
croyances, elle a soulevé le mécontentement de ces peuples.

La politique coloniale de la France, la politique sournoise de la Russie et la volonté brutale de
l’Autriche ont contribué à créer l’état de choses horrible où nous sommes. L’Europe se débat comme
dans un cauchemar.
Eh bien ! citoyens, dans l’obscurité qui nous environne, dans l’incertitude profonde où nous sommes de ce
que sera demain, je ne veux prononcer aucune parole téméraire, j’espère encore malgré tout qu’en raison
même de l’énormité du désastre dont nous sommes menacés, à la dernière minute, les gouvernements se ressaisiront et que nous n’aurons pas à frémir d’horreur à la pensée du cataclysme qu’entraînerait aujourd’hui
pour les hommes une guerre européenne.
Vous avez vu la guerre des Balkans ; une armée presque entière a succombé soit sur le champ de bataille,
soit dans les lits d’hôpitaux, une armée est partie à un chiffre de trois cent mille hommes, elle laisse dans la
terre des champs de bataille, dans les fossés des chemins ou dans les lits d’hôpitaux infectés par le typhus
cent mille hommes sur trois cent mille.
Songez à ce que serait le désastre pour l’Europe : ce ne serait plus, comme dans les Balkans, une
armée de trois cent mille hommes, mais quatre, cinq et six armées de deux millions d’hommes. Quel
massacre, quelles ruines, quelle barbarie ! Et voilà pourquoi, quand la nuée de l’orage est déjà sur
nous, voilà pourquoi je veux espérer encore que le crime ne sera pas consommé.
Citoyens, si la tempête éclatait, tous, nous socialistes, nous aurons le souci de nous sauver le plus tôt possible du crime que les dirigeants auront commis et en attendant, s’il nous reste quelque chose, s’il nous reste
quelques heures, nous redoublerons d’efforts pour prévenir la catastrophe. Déjà, dans le Vorwaerts, nos
camarades socialistes d’Allemagne s’élèvent avec indignation contre la note de l’Autriche et je crois que
notre bureau socialiste international est convoqué.
Quoi qu’il en soit, citoyens, et je dis ces choses avec une sorte de désespoir, il n’y a plus, au moment où
nous sommes menacés de meurtre et, de sauvagerie, qu’une chance pour le maintien de la paix et le
salut de la civilisation, c’est que le prolétariat rassemble toutes ses forces qui comptent un grand
nombre de frères, Français, Anglais, Allemands, Italiens, Russes et que nous demandions à ces milliers d’hommes de s’unir pour que le battement unanime de leurs cœurs écarte l’horrible cauchemar.
J’aurais honte de moi-même, citoyens, s’il y avait parmi vous un seul qui puisse croire que je cherche à tourner au profit d’une victoire électorale, si précieuse qu’elle puisse être, le drame des événements. Mais j’ai le
droit de vous dire que c’est notre devoir à nous, à vous tous, de ne pas négliger une seule occasion de montrer que vous êtes avec ce parti socialiste international qui représente à cette heure, sous l’orage, la seule promesse d’une possibilité de paix ou d’un rétablissement de la paix. »
Jean Jaurès discours prononcé à Lyon-Vaise le 25 Juillet 1914














vendredi 2 août 2013

CAI GUO-QIANG à Rio de Janeiro - VIDEO




















Né en 1957 en Chine, Cai Guo-Qiang a étudié les arts de la scène à l´école de théâtre de Shangaï avant de partir s´installer à Tokyo. C´est une série de peintures à la poudre à canon et d´explosions de grande envergure qui l´a consacré rapidement comme l´artiste contemporain le plus actif au Japon. 
Cai Guo-Qiang vit désormais à New York, où son œuvre propose une réflexion sur le brassage des cultures, la relation entre les États-Unis et le reste du monde, et notamment la Chine.


Souvent éphémère et monumentale, l’œuvre de Cai Guo-Qiang reflète une tradition religieuse, philosophique et esthétique millénaire. 
Que ce soit à travers ses travaux sur papier réalisés à la poudre explosive, ou par l’utilisation dans certaines de ses propositions de plantes médicinales chinoises, l’invitation d’un géomancien réputé en Chine, la collaboration avec un chaman taoïste du Sichuan ou encore la référence au feng shui, (une forme ancienne de géomancie fondée sur les forces cosmiques), Cai Guo-Qiang développe une œuvre à la fois polymorphe et d’une profonde cohérence, qui fait écho aux trois sphères de la pensée chinoise : le ciel, la terre et l’humain.













« Nostalgie / Effritement » Exposition de KIM Sun-tai






               Du 7 au 28 août 2013 au Centre Culturel

              VERNISSAGE - MERCREDI 7 AOÛT 2013 À 18H

L’effritement est un phénomène inhérent au temps. L’homme se délite en passant par la naissance, la vieillesse, la maladie et la mort, de même que la nature change en fonction du temps, de la pluie et du vent. Le temps influe de la même manière sur l’homme comme sur la nature. À partir de la question "Y a-t-il quelque chose qui dure éternellement dans le monde ?", le peintre Sun-Tai KIM peignait les personnages et les fleurs sauvages en s’inspirant des thèmes de la nostalgie et de l’effritement. Son oeuvre transmet l’idée que, pour célèbres qu’ils soient, tous les mannequins, les chanteurs, les acteurs et les hommes politiques sont des êtres éphémères voués à disparaître, tout comme une fresque finit par perdre ses couleurs, pourrir et s’effacer. Toutes les choses et toutes les êtres se transforment en souvenirs et produisent de la nostalgie.
Par certains aspects, les peintures de Sun-Tai KIM trahissent l’influence du Pop Art mais, contrairement à ce style, elles ne se contentent pas de dupliquer l’image des personnes célèbres. Cet écart apparaît clairement dans son processus de création : dans chaque oeuvre, il superpose personnages et papillons, silhouettes et illusions, conférant à ses peintures une ambiance surréelle.
À l’image du penseur chinois Zhuangzi, qui rêve qu’il est un papillon qui ignore qu’il est Zhuangzi lui-même, Sun-Tai KIM veut transmettre l’idée selon laquelle on expérimente en permanence la réalité et l’illusion selon le modèle du ruban de Möbius : l’un se nourrit de l’autre, et vice versa. Par ailleurs, il emploie la figure des fleurs sauvages qui, saison après saison, s’épanouissent, mûrissent et meurent, comme une variation sur son thème de l’effritement, imprimant dans ses oeuvres un symbole de vie et de mort via la méthode du contre-poinçon. Comme matériaux, il utilise surtout le papier de verre et la machine à aiguiser pour traduire la sensation d’effritement en cassant et en aplanissant ses plaques de plâtre, recréant la densité du cadre à partir de cette matière singulière. Il le couche d’abord sur un sac de toile, puis il le casse, l’excave, l’aiguise, l’empâte, le frotte et le colle. Par ce processus, il affine petit à petit son travail. A priori démodée au regard de l’ère numérique, cette technique analogique est néanmoins parfaitement assortie au style et au contenu de ses oeuvres. On ne peut pas vivre en conservant l’intégralité de sa mémoire, car elle s’érode, s’estompe avec le temps, de sorte que les angles aigus des mauvais souvenirs finissent par devenir plus doux.
En somme, le peintre Sun-Tai KIM nous rappelle cette vérité universelle : tout ce qui existe est amené à disparaître ; une idée s’effrite aussi sûrement qu’un rocher.

Sang-Chai KIM (critique d’art, professeur à l’Université de Hoseo)