lundi 29 juillet 2013

La mesure de la grandeur d'une société est donnée par la façon...










«Aucun effort de “pacification” ne sera durable, il n'y aura ni harmonie ni bonheur pour une société qui ignore, qui met en marge et abandonne dans la périphérie une partie d'elle-même. Une telle société s'appauvrit ainsi simplement et perd même quelque chose d'essentiel pour elle-même. Rappelons-nous-le toujours: c'est seulement quand nous sommes capables de partager que nous nous enrichissons vraiment ; tout ce qui se partage se multiplie! La mesure de la grandeur d'une société est donnée par la façon dont elle traite celui qui est le plus nécessiteux, qui n'a rien d'autre que sa pauvreté!»

Pape FRANCISCO
Quartier VARGINHA. Rio de Janeiro 
Journées mondiales de la jeunesse 

Photo, Francisco Rivero


MESSE AVEC LES ÉVÊQUES DE LA XXVIIIe JMJ
ET AVEC LES PRÊTRES, LES RELIGIEUX ET LES SÉMINARISTES
HOMÉLIE DU PAPE FRANÇOIS
 Cathédrale Saint-Sébastien, Rio de Janeiro
Samedi 27 juillet 2013



Bien-aimés frères dans le Christ !

En regardant cette cathédrale remplie d’Évêques, de prêtres, de séminaristes, de religieux et religieuses venus du monde entier, je pense aux paroles du Psaume de la messe d’aujourd’hui : « Que les peuples, Dieu, te rendent grâce » (Ps 66). Oui, nous sommes ici pour rendre grâce au Seigneur, et nous le faisons en réaffirmant notre volonté d’être ses instruments afin que non seulement quelques peuples rendent grâce à Dieu, mais tous. Avec la mêmeparresia de Paul et Barnabé, nous voulons annoncer l’Évangile à nos jeunes, pour qu’ils rencontrent le Christ et deviennent constructeurs d’un monde plus fraternel. En ce sens, je voudrais réfléchir avec vous sur trois aspects de notre vocation : appelés par Dieu ; appelés pour annoncer l’Évangile ; appelés pour promouvoir la culture de la rencontre.

1. Appelés par Dieu. Je crois qu’il est important de raviver toujours en nous cette réalité, que souvent nous tenons pour acquise au milieu de tant d’engagements quotidiens : « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis », nous dit Jésus (Jn 15, 16). C’est retourner à la source de notre appel. C’est pourquoi un évêque, un prêtre, un consacré, une consacrée, un séminariste, ne peut pas être « amnésique » : il perd la référence essentielle au moment initial de son cheminement. Demandez la grâce, demandez-la à la Vierge, elle qui avait une bonne mémoire ; demandez la grâce d’être des personne qui gardent la mémoire de ce premier appel. Nous avons été appelés par Dieu et appelés pour demeurer avec Jésus (cf. Mc 3, 14), unis à lui. En réalité, ce fait de vivre, ce fait de demeurer dans le Christ marque tout ce que nous sommes et faisons. C’est précisément cette « vie en Christ » qui garantit notre efficacité apostolique, la fécondité de notre service :  Je vous ai établis afin que vous partiez, que vous donniez du fruit, et que votre fruit soit authentique  (cf. Jn 15, 16). Ce n’est pas la créativité aussi pastorale qu’elle soit, ce ne sont pas les rencontres ou les planifications qui assurent les fruits, même si elles aident et beaucoup, mais ce qui assure le fruit, c’est le fait d’être fidèles à Jésus, qui nous dit avec insistance : « Demeurez en moi, comme moi en vous » (Jn 15, 4). Et nous savons bien ce que cela signifie : le contempler, l’adorer et l’embrasser dans notre rencontre quotidienne avec lui, dans l’Eucharistie, dans notre vie de prière, dans nos moments d’adoration ; et aussi le reconnaître présent et l’embrasser dans les personnes les plus nécessiteuses. Le fait de « demeurer » avec le Christ ne signifie pas s’isoler, mais c’est demeurer pour aller à la rencontre des autres. Je veux rappeler ici quelques paroles de la bienheureuse Mère Teresa de Calcutta. Elle disait ainsi : « Nous devons être très fiers de notre vocation qui nous donne l’opportunité de servir le Christ dans les pauvres. C’est dans les ‘favellas’, dans …, dans les ‘villas miseria’, que l’on doit aller chercher et servir le Christ. Nous devons aller chez eux comme le prêtre se rend à l’autel, avec joie » (Mother Instructions, I, p. 80). Jésus est le Bon Pasteur, est notre vrai trésor ; s’il vous plaît, ne l’effaçons pas de notre vie !  à Fixons toujours plus en lui notre cœur (cf. Lc 12, 34).

2. Appelés pour annoncer l’Évangile. Beaucoup d’entre vous, chers Évêques et prêtres, sinon tous, êtes venus pour accompagner vos jeunes à leurs Journées mondiales. Eux aussi ont entendu les paroles du mandat de Jésus : « Allez, de toutes les nations faites des disciples » (cf. Mt 28, 19). C’est notre engagement de pasteurs de les aider à faire brûler dans leur cœur le désir d’être des disciples missionnaires de Jésus. Certes, beaucoup pourraient se sentir un peu effrayés face à cette invitation, pensant qu’être missionnaire signifie laisser nécessairement son pays, sa famille et ses amis. Dieu demande que nous soyons missionnaires. Où sommes-nous ? Là où lui-même nous place, dans notre pays ou là où lui nous met. Aidons les jeunes ! Prêtons-leur une oreille attentive pour écouter leurs illusions – ils ont besoin d’être écoutés –, pour écouter leurs succès, pour écouter leurs difficultés. Il faut s’asseoir, écoutant, peut-être, le même livret, mais avec une musique différente, avec des identités différentes. La patience d’écouter ! C’est ce que je vous demande de tout mon cœur ! Au confessionnal, dans la direction spirituelle, dans l’accompagnement. Sachons perdre du temps avec eux. Semer coûte et fatigue, fatigue beaucoup ! Et c’est beaucoup plus gratifiant de jouir de la récolte ! Quelle fourberie ! Tous nous jouissons plus de la récolte ! Pourtant, Jésus nous demande de semer sérieusement.

N’économisons pas nos forces dans la formation des jeunes ! S’adressant à ses chrétiens, saint Paul utilise une expression, qu’il a fait devenir réalité dans sa vie: « Mes petits enfants, vous que j’enfante à nouveau dans la douleur jusqu’à ce que le Christ ait pris forme chez vous » (Ga 4, 19). Nous aussi faisons-la devenir réalité dans notre ministère ! Aider nos jeunes à redécouvrir le courage et la joie de la foi, la joie d’être aimés personnellement de Dieu, c’est très difficile, mais quand un jeune le comprend, quand un jeune le sent par l’onction que lui donne l’Esprit Saint, ce fait d’« être aimé personnellement de Dieu » l’accompagne ensuite toute sa vie ; redécouvrir la joie que Dieu a donné son Fils Jésus pour notre salut. Les éduquer, dans à la mission, à sortir, à partir, à être « callejeros de la fe » [nomades de la foi]. Jésus a fait ainsi avec ses disciples : il ne les a pas tenus attachés à lui comme une mère poule avec ses poussins ; il les a envoyés ! Nous ne pouvons pas rester enfermés dans la paroisse, dans nos communautés, dans notre institution paroissiale ou dans notre institution diocésaine, quand tant de personnes attendent l’Évangile ! Sortir, envoyés. Ce n’est pas simplement ouvrir la porte, pour qu’ils viennent, pour accueillir, mais c’est sortir par la porte pour chercher et rencontrer ! Poussons les jeunes pour qu’ils sortent ! C’est sûr qu’ils feront des stupidités. N’ayons pas peur ! Les Apôtres les ont faites avant nous. Poussons-les à sortir. Pensons avec décision à la pastorale en partant de la périphérie, en partant de ceux qui sont les plus loin, de ceux qui d’habitude ne fréquentent pas la paroisse. Ils sont les invités VIP. Allez les chercher aux carrefours des routes.

3. Etre appelés par Jésus, être appelés pour évangéliser, et troisièmement : être appelés à promouvoir la culture de la rencontre. Dans beaucoup de milieux, et en général dans cet humanisme économiste qui nous a été imposé dans le monde, s’est développée une culture de l’exclusion, une « culture du rebut ». Il n’y a de place ni pour l’ancien ni pour l’enfant non voulu ; il n’y a pas de temps pour s’arrêter avec ce pauvre dans la rue. Parfois il semble que pour certains, les relations humaines soient régulées par deux “dogmes” modernes : efficacité et pragmatisme. Chers Évêques, prêtres, religieux, religieuses et vous aussi séminaristes qui vous préparez au ministère, ayez le courage d’aller à contre-courant de cette culture Avoir le courage ! Rappelez-vous d’une chose, ça me fait beaucoup de bien et je le médite fréquemment : prenez le Premier Livre des Maccabées, rappelez-vous quand beaucoup [pas les Maccabées, NDR] voulurent se modeler sur la culture de l’époque : « Non… ! Laissons, non… ! Mangeons tout, comme tout le monde… Bien, la loi oui, mais pas trop… ». Et ils finirent par laisser la foi pour se mettre dans le courant de cette culture. Ayez le courage d’aller à contre-courant de cette culture maniaque de l’efficacité, de cette culture du rebut. La rencontre et l’accueil de tous, la solidarité – un mot qu’on cache dans cette culture, comme si c’était un gros mot –, la solidarité et la fraternité, sont les éléments qui rendent notre civilisation vraiment humaine.

Être serviteurs de la communion et de la culture de la rencontre ! Je veux que vous soyez comme obsédés en ce sens. Et soyez-le sans être présomptueux, en imposant “nos vérités”, mais au contraire guidés par l’humble et heureuse certitude de celui qui a été trouvé, rejoint et transformé par la Vérité qui est le Christ et qui ne peut pas ne pas l’annoncer (cf. Lc 24, 13-35).

Chers frères et sœurs, nous sommes appelés par Dieu, par notre prénom et notre nom, chacun de nous, appelés à annoncer l’Évangile et à promouvoir avec joie la culture de la rencontre. Que la Vierge Marie est notre modèle ! Dans sa vie elle a été « le modèle de cet amour maternel dont doivent être animés tous ceux qui, associés à la mission apostolique de l'Église, travaillent à la régénération des hommes » (Conc. oecum. Vat. II, Const. dogm.Lumen gentium, n. 65).  Nous lui demandons de nous enseigner à nous retrouver chaque jour avec Jésus. Et quand nous faisons semblant de rien, parce que nous avons beaucoup de choses à faire, et que le tabernacle est abandonné, qu’elle nous prenne par la main. Demandons-le-lui ! Regarde, Mère, quand je suis désorienté, prends-moi par la main. Qu’elle nous pousse à sortir à la rencontre de tants de frères et sœurs qui sont à la périphérie, qui ont soif de Dieu et n’ont personne pour le leur annoncer. 
Qu’elle ne nous jette pas hors de chez nous, mais qu’elle nous pousse à sortir de chez nous, et qu’ainsi nous soyons des disciples du Seigneur. 
Qu’elle nous accorde à tous cette grâce.




















dimanche 28 juillet 2013

François, va et répare ma maison




«Ne soyez pas des chrétiens à mi-temps, mouillez votre chemise»







DOCUMENT - Voici le texte de l'homélie prononcée par le pape François samedi lors de la veillée des JMJ de Rio sur la plage de Copacabana.
«Chers jeunes,
Nous venons de rappeler l'histoire de saint François d'Assise. Devant le Crucifix il entend la voix de Jésus qui lui dit: «François, va et répare ma maison». Et le jeune François répond avec rapidité et générosité à cet appel du Seigneur: réparer sa maison. Mais quelle maison? Peu à peu il s'est rendu compte qu'il ne s'agissait pas de faire le maçon et de réparer un édifice de pierres, mais de donner sa contribution à la vie de l'Église ; il s'agissait de se mettre au service de l'Église, en l'aimant et en travaillant, pour qu'en elle se reflète toujours davantage le Visage du Christ.
Aujourd'hui aussi, le Seigneur continue à avoir besoin de vous, les jeunes, pour son Église. Aujourd'hui aussi, il appelle chacun de vous à le suivre dans son Église et à être missionnaire. Comment? De quelle manière? En partant du nom du lieu dans lequel nous nous trouvons, Campus fidei, le Champ de la Foi, [ emplacement originel prévu en dehors de Rio, annulée pour raisons météorologique, le Pape devait corriger, au prononcé, ce changement de lieu, la veillée s'étant déroulé sur la baie de Copacabana) ndlr. ] j'ai pensé à trois images qui peuvent nous aider à mieux comprendre ce que signifie être disciple-missionnaire: la première, le champ qui est le lieu dans lequel on sème ; la seconde, le champ comme lieu d'entraînement ; et la troisième, le champ comme chantier.
Le champ comme lieu dans lequel on sème. Nous connaissons tous la parabole de Jésus qui parle d'un semeur parti jeter les semences dans son champ. Quelques unes d'entre elles tombent sur la route, au milieu des pierres, parmi les épines et ne parviennent pas à se développer. Mais d'autres tombent sur la bonne terre et produisent beaucoup de fruits (Cf. Mt 13, 1-9). Jésus lui-même explique le sens de la parabole: la semence est la Parole de Dieu qui est jetée dans les coeurs (Cf. Mt 13, 18-23).
Chers jeunes, cela signifie que le vrai Campus Fidei c'est le coeur de chacun de vous, c'est votre vie. Et c'est dans votre vie que Jésus demande d'entrer avec sa Parole, avec sa présence. S'il vous plaît, laissez le Christ et sa Parole entrer dans votre vie, germer et grandir! Jésus nous dit que les semences tombées au bord de la route, ou entre les pierres, ou au milieu des épines n'ont pas porté de fruit. Quel terrain sommes-nous ou voulons-nous être? Peut-être sommes nous parfois comme la route: nous écoutons le Seigneur, mais rien ne change dans la vie, parce que nous nous laissons étourdir par beaucoup d'attraits superficiels que nous écoutons ; ou comme le terrain pierreux: nous accueillons avec enthousiasme Jésus, mais nous sommes inconstants, et devant les difficultés nous n'avons pas le courage d'aller à contre courant ; ou nous sommes comme le terrain avec les épines: les choses, les passions négatives étouffent en nous les paroles du Seigneur (cf. Mt 13, 18-22).
Mais aujourd'hui, je suis certain que la semence tombe dans la bonne terre, que vous voulez être un bon terrain, non pas des chrétiens part-time, «empesés», de façade, mais des chrétiens authentiques. Je suis certain que vous ne voulez pas vivre dans l'illusion d'une liberté qui se laisse entraîner par les modes et les convenances du moment. Je sais que vous visez haut, vous voulez faire des choix définitifs qui donnent plein sens à la vie. Jésus est capable de vous offrir cela. Il est «la voie, la vérité et la vie» (Jn 14, 6). Ayons confiance en lui. Laissons-nous guider par lui!
2. Le champ comme lieu d'entraînement. Jésus nous demande de le suivre toute la vie, il nous demande d'être ses disciples, de «jouer dans son équipe». Je pense que la majorité d'entre vous aime le sport. Et ici, au Brésil, comme en d'autres pays, le football est une passion nationale. Et bien, que fait un joueur quand il est appelé à faire partie d'une équipe? Il doit s'entraîner, et s'entraîner beaucoup! Il en est ainsi dans notre vie de disciple du Seigneur. Saint Paul nous dit: «Tous les athlètes s'imposent une discipline sévère ; ils le font pour gagner une couronne qui va se faner, et nous pour une couronne qui ne se fane pas» (1 Co 9, 25). Jésus nous offre quelque chose de meilleur que la Coupe du monde! Il nous offre la possibilité d'une vie féconde et heureuse, il nous offre aussi un avenir avec lui qui n'aura pas de fin, la vie éternelle.
Mais il demande de nous entraîner pour «être en forme», pour affronter sans peur toutes les situations de la vie, en témoignant de notre foi. Comment? Par le dialogue avec lui: la prière, qui est le colloque quotidien avec Dieu qui toujours nous écoute. Par les sacrements, qui font grandir en nous sa présence et nous configurent au Christ. Par l'amour fraternel, par l'écoute, la compréhension, le pardon, l'accueil, l'aide de l'autre, de toute personne, sans exclure, sans mettre en marge.Chers jeunes, soyez de vrais «athlètes du Christ».
3. Le champ comme chantier. Quand notre coeur est une bonne terre qui accueille la Parole de Dieu, quand «on mouille sa chemise» en cherchant à vivre comme chrétiens, nous expérimentons quelque chose de grand: nous ne sommes jamais seuls, nous faisons partie d'une famille de frères qui parcourent le même chemin, nous faisons partie de l'Église ; ou plutôt nous devenons les constructeurs de l'Eglise et les protagonistes de l'histoire. Saint Pierre nous dit que nous sommes pierres vivantes qui forment un édifice spirituel (Cf. 1 P 2, 5). Et en regardant cette estrade, on voit qu'elle a la forme d'une église construite avec des pierres, avec des briques. Dans l'Église de Jésus nous sommes, nous, les pierres vivantes, et Jésus nous demande de construire son Église ; et non pas comme une petite chapelle qui ne peut contenir qu'un petit groupe de personnes. Il nous demande que son Église vivante soit grande au point de pouvoir accueillir l'humanité entière, qu'elle soit la maison de tous! Il dit à toi, à moi, à chacun: «allez, et de tous les peuples faites des disciples».
Ce soir, répondons-lui: Oui, moi aussi je veux être une pierre vivante ; ensemble, nous voulons édifier l'Église de Jésus! Disons ensemble: je veux aller et être constructeur de l'Église du Christ!
Dans votre jeune coeur, il y a le désir de construire un monde meilleur. J'ai suivi avec attention les nouvelles relatives à tant de jeunes qui, en tant de parties du monde sont sortis sur les routes pour exprimer le désir d'une civilisation plus juste et fraternelle. Demeure cependant la question: par où commencer? Quels critères pour la construction d'une société plus juste? Quand on demandait à Mère Theresa de Calcutta qu'est-ce qui devait changer dans l'Église, elle répondait: toi et moi!
Chers amis, n'oubliez pas: vous êtes le champ de la foi! Vous êtes les athlètes du Christ! Vous êtes les constructeurs d'une Église plus belle et d'un monde meilleur. Levons les yeux vers la Madone. Elle aide à suivre Jésus, elle nous donne l'exemple par son «oui»: «Voici la servante du Seigneur: que tout se passe pour moi selon ta parole» (Lc 1,38). Nous le disons nous aussi, ensemble avec Marie, à Dieu: Que tout se passe pour moi selon ta parole. Ainsi soit-il.»











Les «tentations» des acteurs de l'évangélisation





Les «tentations» de l'Eglise selon le Pape François










Avant de quitter le Brésil, le pape François a adressé un très long discours à tous les évêques d'Amérique Latine, réunis au sein du CELAM (Conférence des épiscopats latinos Américains et des Caraïbes), qui réunit les 22 conférences épiscopales nationales de ce continent. Il détaille sa politique pour l'Eglise et définit les «tentations» des acteurs de l'évangélisation. Un texte très significatif du pontificat. Extraits:

«L'option missionnaire du disciple sera soumise à des tentations. Il est important de savoir comprendre la stratégie de l'esprit mauvais pour nous aider dans le discernement. Il ne s'agit pas de sortir pour chasser les démons, mais seulement de lucidité et de ruse évangélique. Je mentionne seulement quelques attitudes qui configurent une Église «tentée». (…) Elles peuvent faire échouer, le processus de conversion pastorale.
1. L'idéologisation du message évangélique.
Il y a une tentation qui s'est rencontrée dans l'Église dès l'origine: chercher une herméneutique d'interprétation évangélique en dehors du message de l'Évangile lui-même et en dehors de l'Église. (…) A certain moment, a connu cette tentation sous forme d «asepsie». On a utilisé, et c'est bien, la méthode du «voir, juger, agir» (Cf. n. 19). La tentation résidait dans le fait de choisir un «voir» totalement aseptique, un «voir» neutre, lequel est irréalisable. Le voir est toujours influencé par le regard. Il n'y a pas d'herméneutique aseptisée. La demande était alors: avec quel regard voyons-nous la réalité? Il faut au contraire voir avec le regard du disciple (…). Il y a d'autres manières d'idéologiser le message et, actuellement, apparaissent en Amérique Latine et dans les Caraïbes des propositions de cette nature. J'en mentionne seulement quelques unes:
a) La réduction socialisante. C'est l'idéologisation la plus facile à découvrir. A certains moments elle a été très forte. Il s'agit d'une prétention interprétative sur la base d'une herméneutique selon les sciences sociales. Elle recouvre les champs les plus variés: du libéralisme de marché aux catégories marxistes.
b) L'idéologisation psychologique. Il s'agit d'une herméneutique élitiste qui, en définitive, réduit la «rencontre avec Jésus-Christ», et son développement ultérieur, à une dynamique d'introspection. On la rencontre habituellement dans les cours de spiritualité, les retraites spirituelles, etc. Il finit par en résulter un comportement immanent autoréférentiel. On ne sent pas de transcendance, ni par conséquent, de comportement missionnaire.
c) La proposition gnostique. Assez liée à la tentation précédente. On la rencontre habituellement dans des groupes d'élites faisant la proposition d'une spiritualité supérieure, assez désincarnée, et qui conduit à faire de «questions disputées» des attitudes pastorales. Ce fut la première déviation de la communauté primitive, et elle est réapparue au cours de l'histoire de l'Église, sous des versions revues et corrigées. On les appelle vulgairement «catholiques des Lumières» (parce qu'ils sont héritiers de la culture des Lumières).
d) La proposition pélagienne. Elle apparait fondamentalement sous la forme d'une restauration. Devant les maux de l'Église, on cherche une solution seulement disciplinaire, par la restauration de conduites et des formes dépassées qui n'ont pas même culturellement la capacité d'être significatives. En Amérique Latine, on la rencontre dans des petits groupes, dans quelques Congrégations religieuses nouvelles qui recherchent une «sécurité» doctrinale ou disciplinaire. Elle est fondamentalement statique, même si elle promet une dynamique ad intra, qui retourne en arrière. Elle cherche à «récupérer» le passé perdu.
2. Le fonctionnalisme.
Son action dans l'Église est paralysante. Il s'enthousiasme davantage pour la «feuille de route du chemin» que pour la réalité du chemin. La conception fonctionnaliste n'accepte pas le mystère, elle regarde à l'efficacité. Elle réduit la réalité de l'Église à la structure d'une ONG. Ce qui importe c'est le résultat constatable et les statistiques. De là on va à toutes les manières d'entrepreneurs de l'Église. Elle constitue une sorte de «théologie de la prospérité» dans l'organisation de la Pastorale.
3. Le cléricalisme
C'est aussi une tentation très actuelle en Amérique Latine. Curieusement, dans la majorité des cas, il s'il agit d'une complicité pécheresse: le curé cléricalise, et le laïc lui demande à être cléricalisé, parce que c'est finalement plus facile pour lui. Le phénomène du cléricalisme explique, en grande partie, le manque de maturité et de liberté chrétienne dans une bonne part du laïcat latino-américain. Ou bien il ne grandit pas (la majorité), ou bien il se blottit sous les couvertures des idéologies, dont nous avons parlé, ou dans des appartenances partielles et limitées. Il existe, dans nos régions une forme de liberté des laïcs à travers des expériences de peuple: le catholique comme peuple. Ici on voit une plus grande autonomie, saine en général, qui s'exprime fondamentalement dans la piété populaire(…). La proposition des groupes bibliques, des communautés ecclésiales de base et des conseils pastoraux vont dans le sens d'un dépassement du cléricalisme et d'une croissance de la responsabilité des laïcs.
Nous pourrions continuer en décrivant quelques autres tentations mais je crois que celles-ci sont les plus importantes et ont une grande force en ce moment en Amérique Latine et dans les Caraïbes.»
Traduction officielle du Vatican

Le véritable envol d'un pontificat





Les JMJ, deuxième naissance du Pape




Ce premier voyage du pape François à l'étranger marque un véritable tournant dans son pontificat, dont sept leçons au moins peuvent être tirées.




             La «naissance» et le véritable envol d'un pontificat


Le premier voyage à l'étranger du pape François est pour le Vatican un pari réussi au-delà des espérances. Vu le charisme de cet Argentin, il n'y avait pas beaucoup de risques, mais, à 76 ans, ce «jeune» pape - cinq mois le 13 août prochain - a passé brillamment cette épreuve qui n'est jamais gagnée d'avance pour un néophyte, comme on l'avait constaté avec le timide Benoît XVI aux JMJ de Cologne. Avec, qui plus est, ce double exercice: un premier voyage sur son continent d'origine mais aussi des turbulentes Journées mondiales de la jeunesse, qui exigent du Pape de tenir la route face à des jeunes dont il pourrait être le grand-père. Cette réussite propulse d'une certaine manière le pontificat sur une orbite très internationale qu'il avait acquise virtuellement, par médias interposés, mais qui n'avait pas encore été éprouvée par le feu de l'action. C'est chose faite. Ceux qui, en curie romaine, n'admettent pas les manières parfois rugueuses, voire têtues, de ce pape latino-américain vont devoir s'incliner devant le véritable envol de ce pontificat. Une sorte de naissance non plus sortie le 13 mars 2013 de l'urne de la chapelle Sixtine contenant 115 bulletins de votes cardinalices mais, symboliquement, de cette semaine ultra latino. Chaque heure a vibré comme une seconde élection: les catholiques d'Amérique du Sud - ils pèsent 40 % des catholiques du monde - sont vraiment derrière «leur» pape.

             Un programme et une vision enfin clairs pour l'Église catholique

Est-ce une ruse de jésuite? Il faut reconnaître que le pape François avait jusque-là enthousiasmé à l'extérieur de l'Église, rassuré la frange progressiste - aujourd'hui en extinction et présente dans la tranche 60-70 ans - et profondément inquiété les catholiques plus rangés, classiques, qui s'étaient sentis très à l'aise sous Benoît XVI mais qui n'appréciaient pas les railleries de François à propos des «chrétiens amidonnés». Or, les choses sont claires désormais dans deux grands discours fleuves adressés, samedi, à l'Église brésilienne et, dimanche, à l'Église latine (lire un extrait). Ces textes fondateurs valent une encyclique. Ceux qui se donneront la peine de les lire trouveront là un exposé enfin articulé de la «politique» ecclésiale du pape François. Elle n'était pas en effet «lisible» jusque-là. Sa vision paraissait confuse en raison de l'avalanche de petites phrases, souvent acides, sur l'état de l'Église et des chrétiens, extraites de ses homélies matinales et vaticanes. Les deux discours de Rio sont donc fondateurs. D'une dizaine de pages chacun, rédigés de sa main, ils démontrent, par exemple, que la volonté de «synodalité» du Pape - terme ecclésial désignant un gouvernement de l'Église moins centralisé, reposant sur un conseil d'évêques ou de cardinaux autour du Pape - n'est pas l'expression d'un progressisme rampant mais un rééquilibrage de l'excès de pouvoir cléricalisant de la curie romaine ces dix dernières années. Les catholiques pointilleux, s'ils doutaient, pourront être rassurés en les lisant de la pleine catholicité de ce religieux. C'est un jésuite à sensibilité sociale prononcée, mais de la vieille école.

              La confirmation de l'influence du Pape et du charisme de François

Une chose est de prêcher dans les bras rassurants du monde clos de la place Saint-Pierre de Rome, autre chose de prendre le micro en «live», devant trois millions de personnes à Rio, selon les estimations dimanche du maire de la ville pour la messe de clôture des JMJ. Et surtout de vraiment passer la rampe. Le pape François, pour novice qu'il soit, n'a démontré aucune appréhension particulière ni hésitation. Il s'est montré toujours à l'aise et heureux de ce contact direct avec la foule. Partout où il est passé, instance officielle, favela, église ou devant les milliers de jeunes, on a pu constater l'effet du charisme très particulier de ce pape. Sa simplicité et sa volonté de chercher absolument le contact avec tous gagnent à l'évidence les cœurs: homme ou femme de la rue ou, samedi matin, à la cathédrale de Rio, évêques bouleversés aux larmes… Avec lui, le Vatican qui cherchait à «gérer» ses problèmes de communication au début de cette année 2013 a trouvé un puissant vecteur médiatique. Ce charisme sans artifice objectivement confirmé par cette visite s'accompagne aussi d'une influence grandissante. Le cabinet Burson-Marsteller vient d'ailleurs de publier une étude réalisée à partir des comptes Twitter de 505 chefs d'État et de gouvernement et autres ministres dans 153 pays. Le président Obama reste le leader mondial le plus suivi sur Twitter avec plus de 33 millions d'abonnés (les «followers»). Mais le pape François, avec plus de 7 millions de followers, aurait davantage d'influence. Les messages de François sont en effet quatre fois plus «retweetés», donc rediffusés, que ceux d'Obama.

              Pas de fixation sur la sexualité mais la volonté d'une Église qui «réchauffe le cœur»

Ce voyage et ses publics très variés ont démontré le grand sens pastoral de cet archevêque devenu pape mais qui avait toujours voulu rester au plus près du terrain des paroisses. Beaucoup d'exemples concrets émaillent ses interventions. Il parle souvent comme un simple curé, évoque les fondamentaux d'un catholicisme populaire, prière de l'Angélus, confession, adoration eucharistique, aumône. Non pas en théorie mais comme des moyens concrets de nourrir une vie spirituelle. À la différence de Benoît XVI qui était un véritable maestro de la théologie, une sorte de polytechnicien du message catholique, incollable et une référence pour beaucoup d'intellectuels catholiques, François est un ingénieur chimiste, passé ensuite par le sévère crible de la formation jésuite. Il est beaucoup plus concret. Il veut rester dans l'atelier. Il a une âme d'ingénieur développeur doublée d'une compétence innée pour le «marketing». Il cherche toujours, baigné par sa culture très américaine, comment mieux présenter l'Église et le Christ. Sans concession sur le dogme mais sans mettre non plus la charrue avant les bœufs. Il est soucieux d'aller aux marges, aux «périphéries». Non «pour faire peuple» mais parce que cet homme de Dieu est persuadé que la mission de l'Église - il l'a dit avec une force inégalée samedi et dimanche - est d'abord pour ceux qui ont quitté l'Église ou qui n'y sont jamais entrés. D'où la priorité donnée samedi aux évêques brésiliens à une Église qui sache «réchauffer le cœur» de l'homme. Ainsi la question morale sexuelle, souvent décriée, n'a pas été une seule fois évoquée par le pape François pendant ces JMJ. Non qu'elle soit secondaire dans son esprit mais elle n'est pas pour lui une priorité dès lors qu'elle empêcherait l'accès à l'essentiel du message chrétien. Il y a là une inflexion significative.

              Un voyage hanté par la difficile gestion du changement dans l'Église

Ce premier voyage du pape François à l'étranger s'est inscrit dans un contexte assez tendu au Vatican. Il y a eu, avant de partir, l'explosion d'un scandale touchant Mgr Battista Ricca, l'un des hommes de confiance du Pape pour piloter la réforme de la banque du Vatican. Il a été rattrapé par un passé homosexuel. Curieusement, les informations concernant cet évêque n'auraient pas été portées à la connaissance du Pape. En attendant, ces informations, avérées, ne sont pas arrivées dans la presse par hasard. Elle visait à affaiblir l'élan de la réforme de la banque du Vatican voulue par le Pape mais aussi celle de la Curie romaine programmée pour cet hiver et qui s'annonce drastique. Ambiance… Il y a de fortes résistances internes au Vatican qui s'opposent de manière passive à l'action à l'évêque de Rome. Or, le pape François travaille abondamment à ce dossier. À Rio, il a consacré une partie de sa journée de mardi, théoriquement prévue pour son repos, à cette question en compagnie du cardinal Maradiaga du Honduras, chargé de coordonner la commission de huit cardinaux de différents points du monde qui préparent cette minirévolution. Tous les chefs d'entreprise savent que piloter le changement est sans doute l'une des tâches les plus délicates du management. A fortiori dans une institution comme le Vatican où le protocole et les usages ont bétonné une culture quasi «irréformable». François est confronté à cette problématique, mais les réticents du Vatican vont devoir compter avec le succès de ce déplacement qui va considérablement renforcer son autorité, comme s'il avait fait ses preuves.

             La formule JMJ est confirmée, mais le défi jeune n'est pas résolu pour l'Église

Il y avait un doute au début du pontificat de Benoît XVI sur la pérennité des JMJ, dont la formule show avait été taillée sur mesure par et pour Jean-Paul II. Le mystique Benoît XVI y a apporté sa touche personnelle en rendant par exemple beaucoup plus spirituelle la soirée du samedi soir, insistant sur l'adoration eucharistique. Mais certains se demandaient quel avenir pouvaient avoir, à terme, ces immenses rassemblements internationaux dont Rio est la 28e édition. La question ne se pose plus après cette édition 2013 et l'adéquation évidente du pape François avec ce type de rassemblement. Les prochaines JMJ auront lieu en 2016 à Cracovie en Pologne et il y en aura d'autres. Les JMJ ne résolvent pas pour autant la relation entre l'Église catholique et l'immense majorité des jeunes. L'exemple le plus criant est d'ailleurs au Brésil où les fidèles de l'Église catholique vieillissent, alors que les adeptes des Églises évangéliques sont beaucoup plus jeunes, ainsi que le démontre «la marche pour Jésus» qu'ils organisent chaque année à Rio. Pour autant, la qualité des témoignages totalement bouleversants des jeunes Brésiliens pendant la veillée de samedi soir démontre le potentiel considérable de l'Église catholique dès lors qu'un pape - comme Jean-Paul II de façon spectaculaire - sait lever l'enthousiasme des jeunes. Cela dit, le chantier est considérable, l'ex-cardinal Bergoglio, pour bien connaître la réalité concrète du terrain d'une Église locale aux prises avec le monde actuel, le sait mieux qu'aucun de ses prédécesseurs. D'où l'énergie qu'il déploie pour toucher les cœurs.

             Une énergie personnelle incroyable et le mépris de sa sécurité

À 76 ans, le pape François a fait preuve d'une énergie hors norme pendant tout ce déplacement. Très présent intellectuellement, très mobile physiquement, d'une humeur plutôt excellente, sérieux quand il le faut mais plaisantant à tout bout de champ, il a surpris son entourage par sa force et son «énergie inépuisable». Tout le monde se demande en vérité s'il réussira à tenir un tel rythme… Sachant qu'il a annoncé qu'il ne prendrait pas de vacances et travaillerait tout l'été au Vatican. Aucun de ses prédécesseurs ne l'a fait. Au sanctuaire d'Aparecida, il a même donné rendez-vous à la foule en 2017. Ce sera l'année de ses 80 ans. D'aucuns se demandent si François, à la suite de Benoît XVI, n'aurait pas en tête de remettre lui aussi sa charge, dès lors qu'il n'en aurait plus les forces. Ce qui expliquerait par conséquent que cet homme élu par ses pairs cardinaux pour, il faut le dire, faire le «sale boulot» de réforme de la curie n'ait rien à perdre ni à prouver. Il ne compte donc pas son énergie sachant, à son âge, que son temps est compté. Cette attitude de don total de soi, sans mesure et ni précaution, s'est vérifiée pendant ce voyage sur la question de sa sécurité. À son arrivée, lundi soir, une erreur d'aiguillage dans une rue de Rio encombrée aurait pu très mal tourner pour lui. D'autant qu'il tient à se déplacer dans une papamobile légère ou dans une petite Fiat Idea de série, fabriquée au Brésil. Le Vatican n'a pas voulu mettre dans l'embarras le gouvernement brésilien responsable de cette inédite et incroyable et bévue, mais la question de la sécurité passive du Pape a été posée car cette voiture banale et basse ne comportait aucune sécurité. Pour la suite de la semaine, il a refusé l'usage d'une voiture sécurisée. Lundi, au pire moment de l'assaut de la foule, François a exigé que les vitres ne soient pas remontées pour mieux saluer les gens…





dimanche 21 juillet 2013

Chagall et moi au Jardin de Luxembourg. Paris





















ChagallEntre guerre
et paix

21 Février 2013 / 21 Juillet 2013




PRESENTATION DE L’EXPOSITION
Chagall meurt en 1985, presque centenaire. Il a traversé le XXe siècle, connu une révolution, deux guerres et l’exil. Autant d’expériences qui sont venues renouveler son approche artistique, se conjuguant aux grands thèmes fondateurs qu’il revisite inlassablement : sa ville natale de Vitebsk, la tradition juive, la Bible, le couple, la famille et le cirque.

Le XXe siècle a, pour une large part, refoulé l’allégorie et le narratif dans les œuvres d’art. Et c’est parce que Chagall a su s’affranchir des règles et des codes – voire des diktats – de la pensée moderniste tout en s’en nourrissant, qu’il a pu rester figuratif et témoigner de son temps. Il emprunte aux mouvements d’avant-garde (cubisme, suprématisme, surréalisme) quelques-unes de leurs formes, semble parfois s’en rapprocher, mais demeure toujours indépendant.

Réunissant une centaine d’œuvres, l’exposition met en lumière la singularité avec laquelle Chagall aborde les représentations de guerre et celles de paix.
Commençant avec la déclaration de la Première Guerre mondiale, elle s’attache à illustrer les moments-clés de la vie et de l’œuvre de Chagall, de la Russie en temps de guerre à l’après-guerre dans le sud de la France.
A Vitebsk, pendant la première guerre, Chagall rend compte d’une réalité brute, les mouvements de troupes, les soldats blessés, les populations juives chassées de leurs villages ; il s’attache aussi à représenter l’environnement de son enfance, dont il semble pressentir la disparition, et son bonheur conjugal.
En 1922, Chagall quitte définitivement la Russie et s’installe à Paris l’année suivante. Il se consacre à l’illustration de différents livres, dont la Bible. Son séjour est également marqué par des peintures oniriques où figurent des personnages hybrides caractéristiques de l’imaginaire chagallien, et par de nombreuses images du couple, motif central dans son œuvre.
Devant la montée du nazisme, Chagall est contraint de quitter la France. Exilé aux Etats-Unis, il continue de témoigner des ravages de la guerre. Les actes de barbarie qui dévastent l’Europe et sa patrie se mélangent aux souvenirs des pogroms et le thème de la Crucifixion, symbole universel de la souffrance humaine, s’impose à lui. Son œuvre reflète également sa volonté de retrouver l’essentiel, ses racines et son bonheur familial, endeuillé par la disparition de Bella en 1944.
L’installation de Chagall à Vence après la guerre entraîne une modification notable de sa façon de peindre, comme des thèmes abordés. Si certaines peintures restent empreintes d’une tonalité sombre, il s’efforce de sublimer le passé et parvient peu à peu à une plus grande liberté. Avec le temps qui passe, les couleurs des paysages méditerranéens envahissent progressivement ses œuvres. Cette sérénité est à son apogée dans La Danse, véritable hymne à la joie qui reprend une nouvelle fois les principales figures de l’univers chagallien.
La curiosité de Chagall pour l’art de son temps et la liberté qu’il s’est toujours donnée lui ont permis de construire un univers pictural profondément singulier - reflet autant du monde contemporain que de ses propres émotions.
Cette exposition est organisée par la Réunion des musées nationaux - Grand Palais











Ce Souffle Créateur. Nouvelle création.











Francisco Rivero




Par le mains passaient les rêves et les cauchemar.
Une main qui travaillait.  

















Génération WESTINGHOUSE. La Mémoire Virtuel











Le déluge numérique dans la mémoire virtuel