vendredi 14 juin 2013

Bâle a besoin de Venise ?









Les figures de la Biennale Lagune et les stars du marché ont assuré le succès d'Art Basel.

Les deux événements vont de pair. Bâle a besoin de Venise et Venise a besoin de Bâle. La démonstration est là, sous nos yeux, dix jours seulement après l'inauguration de la manifestation dans la cité des Doges qui clôt un marathon épuisant, après Art Basel Hongkong et la Frieze de New York où les ventes d'art contemporain ont battu tous les records. Les stars du marché vues sur la Lagune ont assuré le succès médiatique et financier d'Art Basel 2013. L'art d'un côté, l'argent de l'autre? Impossible, tant l'engagement et l'investissement des artistes et de leurs galeries est lourd, notamment dans le coût de production des pièces.

Le nouveau hall d'art Unlimited, qui comprend 79 installations sélectionnées par le commissaire Gianni Jetzer, directeur du Swiss Institute de New York, montre à quel point les collectionneurs sont avides de voir des pièces monumentales, même si elles sont parfois difficiles à vendre. C'est pourtant un collectionneur du Nord qui a acquis pour plus de 300 000 euros l'énorme pièce en Plexiglas à effet de miroir, The Orbit (2012), de David Altmejd, jeune artiste de Montréal travaillant à New York que défend le Bruxellois Xavier Hufkens.

Est-ce l'effet Venise avec ses énormes installations campées dans l'Arsenal et les Giardini? Dans son «palais encyclopédique», le commissaire Massimiliano Gioni a plutôt plongé le spectateur dans l'intime et le mental.

Ce jeune directeur associé du New Museum de New York a contrecarré ses prédécesseurs qui avaient donné dans le spectaculaire avec les noms adulés du marché de l'art. Mais la réalité a prouvé le contraire, puisque nombre d'œuvres sont en passe de se vendre dans les pavillons, à commencer par celui de l'Angola étonnamment récompensé par le lion d'or. Dans les allées de Bâle circulait le bruit que le «curator» de la fondation de l'Allemand Jochen Zeit, 53 ans, ex-directeur du pôle sport et lifestyle de PPR, avait acheté la série de photographiesFound Not Taken du jeune Brésilien Edson Chagas.

Le passage par Venise est un gage d'Olympe. Après sa dernière performance sur 5 000 m2 au Palazzo Grassi, tapissé du sol au plafond de tapis persans, l'Italien de New York Rudolf Stingel n'a pas démenti son succès à Art Basel. Il est au top du marché. Toutes ses œuvres ayant franchi la barre du million de dollars s'étaient déjà envolées chez Massimo De Carlo, chez Sadie Coles (un grand autoportrait très similaire à celui de Venise) et chez Larry Gagosian, avant même le démarrage du vernissage qui a réuni les «ultra-VIP» dès 11 h le mardi et, même avant, pour une coupe de champagne matinale sur la pelouse centrale.

             Foires parallèles


Ceux qui n'ont pu avoir les pièces maîtresses des pavillons à Venise - des transactions sur lesquelles les galeristes préfèrent rester discrets -, ont dû compter sur de plus petits formats à Bâle. La Parisienne Chantal Crousel a fait un heureux avec son fragment en cuivre, We the People (2012 -2013), une version des panneaux originaux de la statue de la Liberté par Danh Vo. Deux cents kilos de cuivre pour 65 000 euros.

Âgé de 38 ans, l'artiste vietnamien a, conjointement, un grand espace à l'Arsenal et une rétrospective au Palais de Tokyo.

Le galeriste parisien Kamel Mennour a eu raison de mettre à l'entrée de son stand, deux sculptures en bronze, plâtre et bois, créées entre 2011 et 2012 par Camille Henrot, lauréate d'un lion d'argent à Venise, avec sa vidéo sur l'histoire du monde et l'évolution des espèces racontées en 13 minutes. Proposée à 18 000 euros pièce, la paire a été acquise par un jeune Parisien qui ne connaissait pourtant pas l'artiste, sur les conseils de Laurence Dreyfus. Un souffle de Venise règne également sur le stand de Victoria Miro, de Londres, où une pièce en béton de Sarah Sze, s'est vendue pour 32 000 dollars. L'œuvre rappelle les sculptures du pavillon américain. Il en est de même chez Zeno X d'Anvers où une sculpture figurative du Néerlandais Mark Manders s'est vendue pour 140 000 euros.

Il y avait tant à voir et à prendre dans cette 44e édition d'Art Basel que les collectionneurs venus du monde entier, à l'exception de la Chine, très discrète cette année comme à la Tefaf de Maastricht, n'ont guère eu le temps de faire les foires parallèles. «C'est comme si cette foire absorbait tout, commentait Martin Bethenod, directeur du Palazzo Grassi et globe-trotteur infatigable, à l'image de l'énorme cône renversé d'Herzog et de Meuron, les architectes bâlois qui ont remodelé le plan d'ensemble.» De quoi avoir le vertige…

Art Basel, jusqu'au 16 juin. www.artbasel.com
















mardi 11 juin 2013

Art Basel, trop d'art.



Alors que la manifestation ouvre ses portes en Suisse jusqu'à dimanche, enquête sur la prolifération des foires sur tous les continents.









Sil devait n'en rester qu'une, ce serait celle-là! À quelques heures de l'inauguration de sa 44e édition, l'institution bâloise semble indétrônable. Celle-ci a déjà étendu son empire à Miami pour drainer les riches collectionneurs d'Amérique du Nord et du Sud, avant de s'attaquer à Hongkong, bastion déjà important des enchères, pour conquérir le marché asiatique en plein boom. Depuis son rachat par Art Basel, la foire de Hongkong a largement évincé ses concurrentes Art Stage Singapore ou Shanghai Contemporary Art Fair dont le champ de tir reste surtout l'Asie-Pacifique. Pour son offre de premier choix, Bâle est donc la seule foire au monde à faire le trait d'union entre les trois continents. «Par sa force de frappe médiatique, c'est une vraie machine de guerre», affirme le conseiller et courtier Jean-Marc Decrop, spécialiste en art chinois, qui a ses bureaux à Hongkong.
En couvrant tous les domaines de l'art moderne et contemporain, cette gigantesque Bourse de l'art ne laisse aucune brèche. Dirigée par Jennifer Flay, la Fiac, qui a fait une incroyable remontée, n'a pas encore tenté d'exploiter son label malgré ses nombreux atouts. Elle symbolise pourtant une certaine passion française pour la culture, si prisée à l'étranger. Et en mettant certains de ses exposants en ballottage, sur une liste d'attente, elle entretient sa réputation. Seul Paris Photo, qui est dans une niche plus étroite, vient de monter une antenne à Los Angeles, sous la houlette de Julien Frydman, ancien directeur de l'agence Magnun
Dans les concurrents potentiels de Bâle, il y a l'enseigne Frieze, que le duo Amanda Sharp et Matthew Slotover a exporté outre-Atlantique. Sous sa grande tente blanche, à Randall's Island Park, au nord de Manhattan, la deuxième édition est un succès. Son atout? «Avoir lieu au même moment que les grandes ventes d'art contemporain de mai, chez Sotheby's, Christie's et Phillip's, et conjointement à de nombreuses expositions au MoMA, à PS1 et au New Museum ainsi que dans les meilleures galeries de Chelsea, ce qui donne une vision globale du marché, observe le jeune conseiller franco-belge Patrick Letovsky. À l'avenir, une foire toute seule ne pourra suffire.».
En quelques années, le marché de l'art a complètement changé de physionomie. De la mondialisation est né le système des foires, dont l'expansion semble irréversible. Et avec elle l'inflation des art advisors qui viennent de divers mondes, notamment celui de la finance, et se prennent au jeu de la collection. «À mon époque, on essayait, en tant que galeriste, de faire connaître ses artistes contemporains, observe Anne Lahumière, qui fut une pionnière à Bâle, il y a plus de quarante ans. On avait des ramifications jusqu'à Singapour. Il y avait beaucoup de passages dans les galeries, mais on ne voyait pas grand monde dans les allées d'Art Basel. Maintenant, c'est l'inverse. Tout le monde va dans les foires, plus personne dans les galeries.»
Les habitudes ont changé. Les réseaux aussi. «Si les marchands veulent avoir une visibilité, ils n'ont plus d'autres choix que d'investir en masse dans les foires», observe Étienne Hellman, ex de Christie's devenu directeur international en charge de la clientèle chez Sotheby's. Un engrenage qui pousse le niveau toujours plus haut, sans demi-mesure, laissant peu, ou pas, de survie aux galeries intermédiaires, comme celle de Jérôme et Emmanuelle de Noirmont. Forts de ce constat et du climat économique peu encourageant, ils ont décidé de mettre la clé sous la porte. D'autres, comme la galerie Di Meo, rue des Beaux-Arts, vont bientôt leur emboîter le pas.
«Trop de foires, trop d'art. Il faudrait tout arrêter pendant deux ans et remettre les compteurs à zéro», lance Jean-Jacques Aillagon, ancien ministre de la Culture nommé à la tête du Musée des arts décoratifs. C'est le même son de cloche pour Jacques Toubon, qui, las de cette course effrénée à l'argent, n'ira pas à Bâle cette année. Mais pour rien au monde, il n'aurait manqué la Biennale de Venise ou la Documenta de Kassel, où l'on prend une grande bouffée d'art. «Bâle, comme les autres foires, est un complément pour suivre la trajectoire des artistes, une opportunité pour découvrir de nouveaux mondes qui sont étrangers à nos habitudes visuelles, garder son esprit curieux en éveil», explique Suzanne Pagé, ancienne directrice du Musée d'art moderne de la Ville de Paris, qui préside aux achats de la Fondation Louis Vuitton.
Comment choisir dans cet immense échiquier de foires internationales qui pousse le collectionneur à faire le marathon de l'impossible? «Je reçois 300 invitations par an et plus de 35 cartes VIP, cela devient ridicule», lance la courtière parisienne Laurence Dreyfus. Outre les incontournables comme Bâle et Frieze, cette dernière a choisi de découvrir, cette année, la Foire de Sao Paulo, qui, face aux droits de douane exorbitants, a réussi à négocier des taxes d'importation de 15 à 20 % sur les œuvres d'art pour permettre aux galeries étrangères d'y participer. Pour sa collectionneuse Cristina Bicahlo et son mari, qui ont fait fortune dans les organisations de voyage, elle a réussi à acheter pour 65.000 dollars une œuvre de Jacob Kassey qu'ils n'auraient jamais pu acquérir à Frieze ou à Bâle.
Il faut donc observer les marchés et jouer avec les contextes socio-économiques et politiques. En déclin, la foire d'Istanbul a changé ses dates, mais l'actualité n'est pas à la stabilité. Berlin a périclité en cinq ans parce que les galeristes allemands n'ont pas joué le jeu. Marrakech a disparu aussi vite qu'elle fut créée. Jolie initiative, Beyrouth tente de percer sur le marché du Moyen-Orient, dans un climat d'insécurité, à quelques kilomètres de la Syrie. Mexico n'est pas le pays qui rassure les collectionneurs. «Il faut aller là où l'on a des affinités culturelles, explique Nathalie Obadia. Il ne faut pas arriver en terrain conquis.» L'année dernière, cette Parisienne est allée à une triennale de l'art en Australie. Cela lui a assuré un socle de collectionneurs, philippins, coréens, australiens, qui n'ont pas le temps d'aller à Bâle. Grâce à cela, à la foire de Dubaï, elle a mis dans son fichier une des plus grosses fortunes des Philippines. Les foires sont bien une géographie de la nouvelle richesse mondialisée.
Du 15 au 19 juin, à Bâle. Suisse www.artbasel.com





samedi 8 juin 2013

Génération WESTINGHOUSE. Sunlights



















Mode et bouquin redent hommage à six secondes de Gloire.














Un musée cubain augmentera ses fonds d’art populaire africain



Avec l´arrivée imminente de plus d´une centaine de pièces, le Musée d´art de la ville de Matanzas augmentera sa collection dédiée à l´Afrique, l´une des plus importante et complète de Cuba.



" Baptême de patienta dans l'Art Africain " Lorenzo Padilla artiste peintre


Matanzas, Cuba (PL) - Le spécialiste de l´institution Yoan Álvarez a expliqué à l’agence Prensa Latina : « La salle dédiée à la région subsaharienne disposera de 240 œuvres appartenant à 110 ethnies et 16 pays. Elle comprend des sculptures, des statuettes, des masques, des textiles et des objets utilitaires faits avec différents matériaux tels que le bois, le métal, la céramique et l´utilisation des pigments, des perles, du cuir et des fibres ».

Yoan Álvarez a souligné la notable contribution d’œuvres africaines de la part du peintre, graveur et collectionneur Lorenzo Padilla originaire de cette ville et résidant à Paris depuis 1961. « Padilla a également fait don d’estampes, de peintures, de dessins et d’affiches du cinéma européen ».

Le Musée dispose de plus de deux mille pièces, entre gravures, photographies, meubles et objets décoratifs, parmi d’autres, acquis par le biais de transferts, d’achats et de dons. Il compte trois salles dédiées à l´art universel et cubain du XVIe au XXe siècle ; une représentant une salle à manger des familles de la classe moyenne cubaine du début du XXe siècle dernier, et celle de l´art africain traditionnel. Il possède aussi un salon pour les expositions temporaires, un patio orné de sculptures et une terrasse d’où l’on apprécier une partie du patrimoine naturel et architectural de la ville, connue depuis le XIXe siècle comme l´Athènes de Cuba.

L´institution a fêté son 15e anniversaire avec des projets infantiles, la conférence « Les origines de la culture Nok », la présentation du recueil de poèmes Umbral de transmutaciones et le panel « Empreinte de la culture africaine dans le contexte cubain ».

PL



Photo, Francisco Rivero

















Vicente Escobar ce Mulâtre qui a fait irruption dans la peinture de façon autodidacte




« Vicente Escobar, légalement, est né noir et meurt blanc ».





"Poutre Justa de Allo y Bermúdez"


Ainsi l’affirme le spécialiste Jorge Rigol, car dans cette société coloniale on vendait non seulement des titres nobiliaires mais aussi le titre de blanc, ce qui a permis au peintre né à La Havane en 1762, d’abandonner sa condition de « personne de couleur » et de passer à celle de blanc, même s’il avait été inscrit à sa naissance dans le Libro Registro de Nacimientos de Pardos y Morenos (Registre de Naissance des Noirs et des Mulâtres) de la Paroisse Majeure.
Cet insolite prodige mimétique était possible grâce à la Real Cédula de Gracias al Sacar, promulguée par le roi d'Espagne à Aranjuez, en 1795, qui exemptait les Métis de la qualité raciale en payant une somme d'argent selon le tarif dans la concession royale.
Cette circonstance a été exploitée par l'artiste dans son effort tragique pour échapper à une position d'infériorité sociale dans laquelle le plaçait les préjugés raciaux et qu'il a pris soin de sécuriser par son mariage avec une jeune femme blanche, Josefa de Estrada y Pimienta, native de Bejucal.





"Poutre do musicien Jacques Quiroga"


Il n’est donc pas surprenant que lorsque Vicente Escobar y Flores décède dans la ville qui l'a vu naître, en 1834, son nom apparaisse dans le Libro Registro de Defunciones de Españoles (Registre de Décès des Espagnols), de la Paroisse del Espíritu Santo, comme s’il ne descendait pas, maternellement et paternellement, de Mulâtres libres, ni que ses prédécesseurs masculins aient appartenu à la Milice de Noirs et des Mulâtres.
La vérité est que ce Mulâtre qui a fait irruption dans la peinture de façon autodidacte et dont la vie a été « une lutte tenace pour traverser les frontières raciales », a été le portraitiste le plus célèbre de son temps et pas seulement pour « la dispensation de sa qualité de mulâtre », bien que cela l’ait certainement beaucoup aidé.
S’élevant rapidement sur l'échelle sociale pour ses remarquables dons de portraitiste, il était ami et peintre des capitaines généraux, il avait une clientèle d’aristocrates et il a été nommé, vers 1827, « Peintre de Chambre de sa Majesté », grâce au capitaine général Francisco Dionisio Vives, qui l’a recommandé en rétribution de commencer la Galerie des Capitaines Généraux dans la Maison du Gouvernement.
Mais tout n'était pas rose pour ce précurseur des arts plastiques à Cuba. Malgré sa renommée et « ses papiers de blanc » il n’a pas pu faire partie des professeurs de l'École de Peinture et de Sculpture de San Alejandro, fondée en 1818. L'explication est évidente. Si l'admission des étudiants noirs n'était pas autorisée dans l'Académie, comment allait-on accepter un métis dans le corps enseignant, pour aussi blanc que ses documents négociés l’accréditaient ? Avide des honneurs et des considérations officielles, de combien de mépris a-t-il dû souffrir.
Ses tableaux ont été fait suite à des commandes pour satisfaire le client. En ceux-ci la hiérarchie de ses portraits se soulignait plus que leurs défauts, lui proportionnant sans aucun doute de nombreuses commandes jusqu’à dominer un émergent marché d’art. Cela nous permet d'avoir une précieuse galerie de l'aristocratie havanaise du début du XIXe siècle, où abondent les capitaines généraux et les dames circonspectes et où, bien sûr, il n’y a pas d'espace pour « les visages les plus obscurs des humbles », à l'exception, apparemment, du musicien mulâtre Jackes Quiroga. 





"Poutre de Fernando VII"


Au début, ce créateur n'avait aucun maître et ses modèles étaient des images religieuses de sa grand-mère maternelle, mais il entre rapidement dans l’Académie des Beaux-arts de San Fernando, de Madrid, même si à cette époque un certificat de pureté de sang était nécessaire pour s'inscrire dans les instituts du royaume. De retour dans l'île il a organisé un atelier qui, dit-on, était situé dans la rue très havanaise de Compostela.
Son œuvre résume les oscillations d’une époque de transit entre le goût prédominant dans la Cuba du XVIIIe siècle, spécialement dans les thèmes religieux, et les nouveaux airs du XIXe, marqués par la splendeur d'une bourgeoisie créole qui commençait à payer de grandes sommes pour être représentée sur un tableau afin de laisser des empreintes de son pouvoir.
Dans un sens général – comme l’affirme le spécialiste Fernando Gonzalez Padilla - son style se trouve entre l’académisme d’une intentionnalité descriptive et un certain primitivisme, sensiblement dans ses limitations techniques quant à la représentation des proportions, des volumes et des mains, ainsi que dans les solutions ingénues auxquelles il fait appel pour obtenir des effets de profondeur. Cependant, il a eu du succès en son temps comme en témoigne l'écrivain Cirilo Villaverde qui, dans son célèbre roman Cecilia Valdés, situe deux portraits de l’artiste dans un endroit préférentiel du salon de l’opulente maison des Gamboa.
Vicente Escobar est mort victime d'une épidémie de choléra. Le Musée National des Beaux-arts de Cuba conserve plusieurs de ses tableaux, dont La Benefactora,Aquilina Bermúdez et le Portrait de Justa de Allo y Bermúdez. Malheureusement, un bon nombre des portraits de Vicente Escobar, en particulier ceux des capitaines généraux, ont été emportés en Espagne à la fin de leur mandat sur l'île.
D’autre part, certains disent que Vicente Escobar a atteint une grande popularité pour un tableau intitulé De los feos, où apparaissent deux guitaristes et deux chanteurs, tous horriblement laids et, à La Havane, on a commencé à se référer à ce tableau chaque fois que l’on parlait de quelqu’un de très laid, disant : « Celui-ci s’est échappé du tableau de Vicente Escobar ».








Des virtuoses du piano de la Manhattan School à Cuba







Douze virtuoses du piano qui sont passés ces dernières années par la Manhattan School of Music (MSM) de New York offrent des concerts à La Havane, réalisant ainsi le rêve de leur professeur cubain, Salomon Mikowsky, de montrer sur l’île son « œuvre » de cinq décennies.

La liste comprend des noms tels que l’Étasunienne Simonne Dinnerstein, l´Espagnol Gustavo Díaz-Jerez, la Biélorussiene Alexandra Beliakovich ou la Chinoise Wenqiao Jiang, qui a eu à sa charge l’ouverture de la 1ère Rencontre des Jeunes Pianistes, ayant lieu du 25 mai au 9 juin à La Havane.
Salomon Mikowsky, reconnu comme l´un des plus importants pédagogues du piano au monde, a réuni certains des étudiants qui ont suivi ses cours pour réaliser ce projet artistique qui a beaucoup à voir avec une rencontre personnelle avec le pays où il est né en 1936 et qui est parti aux Etats-Unis en 1955 avec une bourse de la Juilliard School de New York, où il vit depuis lors.

« J´ai eu des élèves pendant plus de 50 ans, beaucoup d´entre eux se sont distingués, mais je ressens que je n’ai pas partagé le produit de mon travail avec ma patrie », a affirmé Mikowsky, professeur de la MSM depuis 1969.
En marge des appelés « échanges culturels » qui ont eu lieu entre les États-Unis et Cuba ces derniers mois, l´événement a été impulsé avec les efforts personnels de Mikowsky à côté du Bureau de l´Historien de La Havane que dirige Eusebio Leal, et on espère qu’un nouvel espace de « rencontre fraternelle » s’ouvrira entre les pianistes.
« À la fin de ma vie professionnelle c’était une illusion de venir avec eux à Cuba, qu’ils se mélangent avec l´école cubaine de piano, qu’ils s´écoutent et apprennent les uns des autres », a déclaré Mikowsky.

Ses classes dans le MSM incluent un répertoire de l´île et ses étudiants ont joué en Corée, Russie, Ukraine ou au Japon des classiques cubains comme Ignacio Cervantes et Ernesto Lecuona.
En effet, la Chinoise Wenqiao Jiang, âgée seulement de 15 ans, a surpris le public havanais cette semaine avec l´interprétation des Quarante danses de Cervantes, considéré comme l´auteur le plus influent du 19e siècle à Cuba et pour beaucoup la quintessence de la pianistique du pays.

Comme signe de ce carrefour musical et des nationalités, Jiang a joué quelques pièces à quatre mains avec Willanny Darias, âgé de 20 ans et le seul cubain étudiant actuellement dans la MSM après avoir gagné une bourse à La Havane.
« C´est une opportunité unique pour moi et mon professeur, dont l’un de ses plus grands rêves était d´avoir un festival ici », a souligné Darias.

Le Canarien Gustavo Díaz-Jerez, devenu cette semaine le premier pianiste à interpréter la suite complète Iberia, d’Isaac Albéniz à Cuba, a souligné qu’il s’agit d’une rencontre d’un très haut niveau et de conditions imbattables.
L´historien de La Havane, Eusebio Leal, a déclaré que son bureau ne ménagera aucun effort afin que le festival se répète et qu’il célèbre Mikowsky comme un « symbole » de la devise : « l´art n´a pas de patrie, mais les artistes si ».
« Cuba doit être l´île géographiquement, mais jamais dans le culturel, » a ajouté Eusebio Leal.

Mikowsky, qui voyage tous les ans à La Havane bien qu’il ne lui reste aucune famille dans l´île, a souligné que l´école cubaine de piano est très semblable à la sienne, car il provient de Russie et il a avoué que lui et ses étudiants seront heureux de donner et de recevoir des « conseils » dans une atmosphère de « camaraderie » à Cuba.

Les Chinois Sheng Yuan et Ruiqi Fang, les Sud-coréens Kim Khowoon et Youngho Kim, les Russe Alexandre Moutoukine et Tatiana Tessman et l´Égyptien Wael Farouk, sont les autres invités de la MSM participant à cette première réunion.

Par Cuba, en plus de Darias, sont présents certains des jeunes pianistes les plus importantes de l´île tels que Aldo López-Gavilán, Harold López-Nussa, Daniel Rodríguez et Liana Fernandez.












Les biens de Servando Cabrera déclarés patrimoine national










Les biens du peintre cubain Servando Cabrera Moreno (1923-1981) ont été déclarés Patrimoine Culturel de la Nation, selon une annonce du Ministère de la Culture de Cuba.
Cette collection comprend l’œuvre plastique de celui qui est considéré comme le symbole de la peinture et du dessin du XXe siècle ; la collection d´art populaire qu’il a thésaurisée durant sa vie, l´une des meilleurs de son genre dans l´île, et les prix, reconnaissances, documents, photographies, livres et effets personnels du créateur, qui vient de fêter  son 90e anniversaire cette année.
Gladys Collazo, présidente du Conseil National du Patrimoine Culturel, a déclaré que la résolution est déjà entrée en vigueur et confirme le Musée Bibliothèque « Villa Lita » dédié à l’artiste comme coordonnateur de toutes les actions.
Lourdes Alvarez, directrice de l´institution, a reconnu la grande responsabilité quant à la sauvegarde, l´authentification, la diffusion et la promotion de cet héritage.
Cabrera Moreno a été un des artistes les plus polyvalents de l´art cubain et il est devenu un grand collecteur, accumulant plus de 3 000 pièces provenant de différentes parties du monde. Son œuvre compte plusieurs périodes et parmi ses plus célèbres pièces se trouvent Habaneras et Rostros guerrilleros.